Euro 2017 de football féminin : présentation des groupes C et D


Présentation des poules C et D de l’Euro 2017 de football féminin où les Françaises et les Anglaises devront se méfier des petites nouvelles.

Groupe C : entre derby et vieilles retrouvailles

Nos filles ont un tirage prétendument facile. Les Bleues, 3ème nation mondiale au classement FIFA, ont le meilleur classement de ce groupe C, composé de l’Islande (19ème), l’Autriche (24ème), et la Suisse (17ème). Le chemin de la qualification pour les phases finales de la compétition ne fut pas une sinécure pour tout le monde. Si la France et la Suisse ont remporté haut la main chacun de leurs matchs, l’Islande a été accrochée par l’Ecosse, et l’Autriche dut passer par les barrages après une défaite face à la Norvège, et deux matchs nuls face aux mêmes Norvégiennes et aux Galloises.

Claire Lavogez et Jessica Houara D’hommeau (crédit : www.fff.fr)

Ce groupe est celui d’un derby et des vieilles retrouvailles.

Derby entre la Suisse et l’Autriche, en ouverture de ce groupe C le mardi 18 juillet. Deux nations limitrophes, deux nations qui vivront chacune leur premier Euro. Dans la dimension psychologique qui doit nécessairement être prise en compte, l’avantage pourrait être donné à la Suisse. Les Helvètes ont déjà participé à la Coupe du Monde 2015, là où leurs voisines, de l’autre côté des Alpes, jouent leur première grande compétition. En termes de confrontations, la balance penche également du côté des Suissesses. Si l’on prend en compte les matches amicaux, en huit rencontres, elles se sont imposées six fois, avec un notable différentiel de buts : 27 inscrits, 11 encaissés.

Ces équipes se connaissent d’autant mieux que certaines joueuses se côtoient dans le championnat allemand. Les Autrichiennes Manuela Zinsberger (gardienne), Carina Wenninger et Viktoria Schnaderbeck (défenseuses toutes deux) sont coéquipières au Bayern avec la Suissesse Vanessa Bürki (attaquante). Les Autrichiennes Virginia Kirchberger et Lisa Makas et les Suissesses Rahel Kiwic et Sandra Betschart évoluent ensemble à Fribourg. Enfin, l’Autrichienne Marina Georgiva et les Suissesses Rahel Kiwic Mandy Aigbogun et Lia Wälti jouent ensemble pour le club allemand du Turbine Potsdam. L’attaquante autrichienne Nina Burger serait, selon l’UEFA, la joueuse à surveiller.

Le match entre la France et l’Islande, seconde affiche de ce groupe C le mardi 18 juillet, respire le parfum des retrouvailles d’antan. Les deux équipes sont abonnées aux rendez-vous en phase finale de compétitions internationales. On peut même remonter jusqu’au Championnat d’Europe de 1996, où la France l’avait emporté 3 buts à 0 grâce notamment à un doublé de notre légendaire Marinette Pichon. Au total, en 9 confrontations, la France a obtenu 7 victoires, 1 nul et 1 défaite contre l’Islande. Le match qui doit trotter dans la tête de chaque Islandaise en ces jours précédant leur entrée en compétition, doit sans doute être celui de l’Euro 2009 où la France l’avait emporté 3 buts à 1, avec notamment un but de Camille Abily, déjà de la partie.

Côté effectifs, nos Bleues ont déjà une certaine renommée, notamment grâce à la retransmission du duel au sommet entre Lyon et Paris en finale de la Ligue des Champions (remportée par Lyon aux tirs au but 7 à 6, 0-0 au terme du temps règlementaire). Des joueuses lyonnaises et parisiennes fournissent le gros des troupes. Wendie Renard, Sarah Bouhaddi, Jessica Houara-D’Hommeaux, Camille Abily, Eugénie Le Sommer, Claire Lavogez pour ne citer que les plus emblématiques lyonnaises. Marie-Laure Délie, Laura Georges pour Paris. Notons l’importance de joueuses comme Gaëtane Thiney, devenue une des taulières de l’équipe, et Camille Catala, représentantes du club historique de Juvisy.

Côté islandais, si les joueuses nous semblent plus confidentielles, nous retrouverons néanmoins cette année comme l’année dernière pour l’édition masculine, l’exotisme de ces noms à rallonge, aux sonorités vikings, exercice de virtuosité dans la prononciation : Katrin Ásbjörnsdóttir, Dagný Brynjarsdóttir, Anna Bjork Kristjansdóttir.

Ce groupe C se partage entre les coutumières des grands rendez-vous, la France, l’Islande, et les petites nouvelles, l’Autriche, la Suisse, qui participent à leur première phase finale de la compétition. Avantage aux anciennes, sans doute, même si aucune de ces équipes n’a encore gravé son nom au palmarès des vainqueurs. La France, meilleure équipe sur le papier est en recherche de chance, de confiance, la capitaine Wendie Renard le répétait encore hier à l’Equipe Magazine. Avoir gagné la She believes cup en mars donne le ton des ambitions françaises. Les Bleues ne sont qu’au début de leur histoire.


Groupe D : lignes de faille européennes

Ce groupe D n’est dénué ni de charme ni d’intérêt. Dominé par l’Angleterre et sa belle 5ème place au classement FIFA, l’Espagne (13ème), l’Ecosse (21ème) et le Portugal (38ème) ont leur carte à jouer. Le tirage au sort semble avoir privilégié les clins d’œil historiques.

Le 19 juillet, avec Espagne – Portugal puis Angleterre – Ecosse, ce sont les frontières européennes qui semblent se défier, avec des troupes d’envergures différentes. Le Portugal fera figure de Petit Poucet, fêtant sa première participation à la phase finale d’un Euro, toute comme l’Ecosse, là où l’Espagne s’est hissée jusqu’aux demi-finales lors de l’édition 1997 et l’Angleterre en finale à deux reprises en 1984 et 2009, toujours malheureuse.

Ces deux premiers matchs pourront faire figure de mise en jambes pour l’Angleterre et l’Espagne, tant l’historique des confrontations parle en leur faveur. Lors des phases de qualifications à l’Euro 2017, l’Espagne l’a emporté 2-0 à domicile et 4-1 à l’extérieur face au Portugal. Les Anglaises ont enregistré 21 victoires, 2 nuls et 1 défaite contre l’Écosse.

Côté effectifs, l’Espagne aligne des joueuses issues de clubs aux noms prestigieux : l’écrasante majorité évolue à Barcelone et à l’Athletico Madrid. Pour les supporters du Paris Saint-Germain, vous retrouverez Jenni Hermoso, Irene Paredes et non Vero Boquete non sélectionnée par l’entraîneur, ce qui fut une surprise. L’ossature de l’équipe anglaise repose quant à elle sur des joueuses de Manchester City, Chelsea, Arsenal. Un œil sera fixé sur Steph Houghton, la défenseure de Manchester City, capitaine de cette équipe d’Angleterre, qu’elle compte bien mener jusqu’au triomphe.

Les équipes écossaises et portugaises comportent des joueuses issues de clubs plus confidentiels sur la scène européenne. Néanmoins, la milieue de terrain portugaise, pilier de sa sélection, Cláudia Neto évoluant au club suédois de Linköping, compte bien jouer l’esprit libéré. Elle répète à l’envi que ses coéquipières n’ont rien à perdre, la pression se posera sur les épaules des grosses écuries que sont l’Allemagne, la France ou l’Angleterre.

Même écho du côté de l’Ecosse, qui pourra compter sur la forme actuelle de son attaquante Jane Ross (Manchester City) auteur de belles performances à Manchester City, et de ses milieues Caroline Weir (Liverpool) et Erin Cuthberg (Chelsea) qui, ont marqué respectivement 5 et 4 buts dans la Women First League édition 2017-2018.

Duel hispano-lusitanien, esprit d’indépendance post Brexit, le groupe D marque aussi la ligne entre football du Sud et football du Nord. Le ton sera donné d’entrée, entre des équipes expérimentées au palmarès vierge qui auront à cœur de montrer de quoi elles sont capables, et des équipes « novices » qui veulent être prises au sérieux.

Camille Cordouan

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