Face à face : Bruno Génésio mérite-t-il d’être autant critiqué ?


Chaque mercredi, les rédacteurs de Dicodusport entrent sur le ring et s’affrontent dans un Face à Face autour d’un sujet d’actualité. Dans ce un-contre-un engagé, chaque rédacteur ou rédactrice tentera de convaincre son adversaire ainsi que vous, cher lecteur, qu’il mérite de remporter ce Face à Face. Un arbitre sera alors chargé de les départager et de désigner un vainqueur. Cette semaine, le débat porte sur la crédibilité de l’entraîneur de l’Olympique Lyonnais, Bruno Génésio.


👍 Florent pense que Génésio a su faire taire les critiques.

Non, Bruno Génésio ne mérite pas d’être autant critiqué.

Et pour cause, le technicien lyonnais a des faits qui parlent pour lui. Depuis le 17 septembre dernier et un dernier revers contre le PSG (2-0), Les Lyonnais ne cessent d’impressionner et sont deuxièmes au classement de la Ligue 1, à 9 points des Parisiens. Fortement remis en cause il y a encore quelques mois, il a réussi à mettre en place un système de jeu des plus efficaces, tout en manageant à la perfection des joueurs en difficulté à un moment donné, comme Memphis et Fekir, intenables depuis fin septembre. Avec une série de 12 matchs sans défaite entre le 17 septembre et fin novembre et une défaite contre Lille, Lyon et Génésio ont clairement remis les pendules à l’heure.

Et puis, lorsqu’on lui pose la question sur les nombreuses critiques qu’il a essuyées en conférence de presse, Bruno Génésio dit n’avoir « aucune amertume envers qui que ce soit ». Signe d’un entraîneur d’une grande intelligence, il admet que « chacun a le droit de s’exprimer ». Accepter la critique, se remettre en question et avoir des résultats, tout en gardant l’ensemble du groupe rhodanien concerné, comment peut-on encore tirer sur Bruno Génésio. J’attends tes arguments Monsieur Grincheux !


👎 Pour Mathieu, pas l’ombre d’un doute, Génésio n’a pas les épaules.

Tout d’abord dans ce débat, anticipons deux arguments adverses : le bilan comptable de l’OL en Ligue 1 est certes bon (2ème) mais ce qui compte ici n’est pas le résultat mais la manière dont Bruno Génésio coache l’effectif, on y viendra. Ensuite oui il est beaucoup critiqué, trop selon Flo, mais en Ligue 1 aujourd’hui l’exigence est primordiale envers les coachs, surtout quand ils disposent d’un tel effectif.

Justement cet effectif est, après le pillage de Monaco cet été, le 2ème meilleur de Ligue 1, avec des joueurs de ballons à gogo. Comment expliquer alors le faible niveau tactique et technique produit par le collectif ? Sans les talentueuses individualités lyonnaises comme Fekir, Mariano ou Cornet, cela serait plus compliqué.

Concrètement, l’OL dispose d’un effectif qui aime prendre les espaces et jouer sur la vitesse individuelle de ses joueurs. Le coach a ici un rôle beaucoup plus mineur dans les résultats de son équipe car ils sont dus aux bonnes performances ou pas de ses individualités offensives. C’est l’inverse des tacticiens comme Guardiola, Bielsa, ou au niveau français Christian Gourcuff qui travaillent d’abord sur le collectif.

C’est finalement là où le bat blesse : « Pep » Genesio est sans doute un bon entraîneur pour une équipe moyenne de Ligue 1, mais il n’est pas à la hauteur de l’effectif lyonnais et surtout de ce qu’il en fait (seulement 2ème du groupe en Ligue Europa également). Alors s’il mérite d’être critiqué autant, et c’est le cas selon moi, Jean-Michel Aulas devrait lui alléger ce poids et trouver un entraîneur de renom pour lui succéder.


Verdict de l’arbitre :

Et il sera sans appel.

Mathieu pense que l’effectif de Lyon est le deuxième de Ligue 1, ce qui est juste. Pour une quasi-totalité des observateurs, l’effectif lyonnais se situe qualitativement entre la 2nde et la 4ème place, au duel avec Monaco et Marseille. Pourquoi alors s’acharner sur le « niveau tactique » de l’équipe alors qu’elle est peut-être la plus belle à voir jouer dans notre championnat ? Et qu’elle se situe justement à la deuxième place du classement actuel ? Il soulève aussi la chance des Lyonnais de pouvoir compter sur certaines individualités (en évoquant Maxwell Cornet, bon depuis seulement quelques matches) ce qui est le cas de tous les grands clubs d’Europe.

De l’autre côté du ring, Florent soulève des points intéressants. Il évoque le cas Fékir, revenu à son meilleur niveau depuis l’intersaison. Nul doute que le brassard de capitaine et les mots de Génésio ont pesé dans la balance. Que dire alors du cas Depay. Médiocre en début de saison, l’entraîneur des Gones n’a pas hésité à mettre en tribune son élément le plus coûteux de l’effectif. Résultat, Memphis montre de semaine en semaine l’étendue de son talent, individuel et collectif.
Autre point très important, Florent a parlé de l’attitude de Bruno Génésio vis-à-vis des critiques qu’il a subies, principalement l’an dernier. Il est possible de retrouver son entretien avec Daniel Riolo, l’un des premiers à avoir demandé un entraîneur de renom à sa place, comme le souhaite Mathieu. Dans cette interview, Génésio reprend les points évoqués par Florent, il se livre et nous montre un comportement exemplaire (contrairement à Dupraz).

Si Bruno Génésio n’est peut-être pas le fin tacticien attendu par ses détracteurs, il ne faut pas oublier que son véritable métier est celui d’entraîneur-adjoint, à qui on livre les séances de travail en semaine et auprès des joueurs toute l’année. Un exemple frappant est l’arrivée des joueurs lyonnais après la pause. Génésio insiste pour que les Gones reviennent 5 minutes plus tôt et s’échauffent tous ensemble, afin de pas être froids au coup de sifflet de l’arbitre.
C’est peut-être ça la touche Génésio. Un entraîneur aux côtés de ses joueurs, affectif et droit. La méthode ne marchait peut-être pas l’an dernier, elle fonctionne à merveille cette année avec en plus, un effectif remanié, nouveau.

La victoire revient logiquement à Florent.

Benjamin Douarre

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