Hélène Lefebvre, progresser pour battre les meilleures à Tokyo !

Rencontre avec Hélène Lefebvre, rameuse française de 26 ans, qui vise une médaille aux championnats du monde d’aviron en Floride en septembre.

Hélène, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Hélène Lefebvre, j’ai 26 ans et je suis licenciée à la société d’encouragement du Sport Nautique à Nogent-sur-Marne. Je pratique l’aviron depuis 13 ans, dont 8 au haut niveau.

Comment as-tu commencé l’aviron ?

J’ai commencé l’aviron au collège, mon professeur de 6ème était une ancienne athlète de haut niveau et c’est elle qui m’a initié à l’aviron. J’ai donc commencé par la pratique à l’école, à l’UNSS. J’ai très vite accroché avec cette discipline, même si au début j’aimais surtout aller retrouver les copines. J’ai ensuite décidé de me consacrer un peu plus à ce sport. Mes objectifs ont évolué avec le temps, jusqu’au point où j’en suis maintenant.

Tu finissais 5ème avec Elodie à Rio en août dernier. Avec du recul, comment juges-tu votre performance ?

On est très contente, on en a tiré beaucoup de positif. L’objectif principal était de rentrer en finale, ensuite c’était que du bonus pour nous, il n’y avait aucune pression sur nos épaules. On a évidemment tenté d’aller chercher une médaille car ça aurait été un peu la cerise sur le gâteau mais il y avait de gros bateaux devant nous.

On est ressorti de cette compétition plus grandes, plus sereines et rempli d’ambitions pour la suite. Certains regrettent qu’on ait un peu considéré la demi-finale comme une étape ultime alors que ça aurait du être la finale mais on n’a aucun regret, c’était une super expérience avec ma coéquipière et ma coach.

Au-delà du sport qu’as-tu retenu de ces Jeux Olympiques ?

C’était juste énorme, avec une organisation de folie. On était avec toute l’équipe de France olympique, pas seulement entre rameurs comme aux championnats du monde. C’était quelque chose qu’on avait jamais connu, on était comme une grande famille. On a pu croiser ou manger a coté de grands champions que j’avais pour habitude de regarder à la télévision. L’ambiance était incroyable, mais avec un cran de pression supplémentaire par rapport aux championnats du monde. Tout était démultiplié et la difficulté a été de garder la tête froide.

Récemment, tu finis encore 5ème aux championnats d’Europe dans une autre embarcation, à 4. Quel est ton ressenti après cette compétition ?

Je suis assez déçue et frustrée parce qu’on a certes fait la meilleure course que l’on pouvait, mais dans cette embarcation la, on n’avait pas suffisamment de technique ni même le rythme nécessaire. La déception est là de ne pas avoir pu jouer la médaille car l’objectif, à chaque fois que l’on s’aligne en course, est de gagner ou, du moins, de ramener une médaille. On a eu une préparation très courte, avec peu de temps pour se préparer mais on sait ce que l’on doit faire pour progresser.

Plus globalement, vous êtes souvent placées et proches du podium. Qu’est-ce qu’il vous manque pour passer ce cap ?

Il nous manque pas grand chose, on s’en rapproche petit à petit. Il y a encore quelques années lorsqu’on entrait en finale A, nous étions contentes, mais aujourd’hui on a progressé et l’objectif c’est les médailles. Je pense qu’il nous manque un petit peu de temps mais ça va arriver, on n’a pas vraiment de déficit physique ou technique par rapport aux autres.

Quels sont tes prochains objectifs ?

A moyen terme ça va être de performer et d’avoir une médaille aux championnats du monde, fin septembre, en Floride. Je ne sais pas encore sur quelle embarcation je serai aligné. Les Europe étaient un premier test en 4. On a vu ce que ça donnait sur le moment. Maintenant la stratégie est de tester les doubles en Coupe du Monde à Lucerne et si il y en a un qui se détache, il sera aligné aux Mondiaux. Et les deux autres retourneront au 4 avec deux autres filles derrière.

Tokyo 2020 est déjà dans un coin de ta tête ?

Oui tout le temps. Quand on a passé la ligne d’arrivée à Rio, avec Elodie, on était tout de suite tourné vers Tokyo. Rio a été un énorme tremplin pour nous et Tokyo j’y pense tous les jours du coup. L’objectif à long terme c’est vraiment Tokyo !

Est-ce que le manque de médiatisation de l’aviron est un problème pour toi ?

Non le fait de ne pas être médiatisé ne va pas m’enlever la passion pour ce sport. C’est juste dommage car c’est un sport qui mérite à être connu et qui développe pas mal de valeurs. On aimerait que les gens s’intéressent plus à l’aviron mais pour moi ce n’est pas un frein et ce n’est pas ça qui m’empêche de me lever le matin pour aller m’entraîner.

Si tu avais la chance de pouvoir passer 30 minutes avec un sportif de ton choix, qui choisirais-tu ?

Roger Federer. Je suis vraiment fan de cet athlète. Il a l’air d’être quelqu’un de très humble et très apprécié des autres joueurs sur le circuit ou même dans le monde du sport. Malgré ses échecs il a su se relever, se remettre en questions et on a vu cette année qu’il marchait à nouveau très bien. C’est quelqu’un dont on peut vraiment s’inspirer.

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