Héloïse Pégourié, championne de kitesurf en devenir


Nous avons rencontré Héloïse Pégourié, jeune championne de kitesurf, qui rêve de devenir une référence de son sport pour Paris 2024.

Héloïse, peux-tu te présenter en quelques mots ?

je m’appelle Héloïse et j’ai 13 ans. Auparavant championne de patinage artistique, en moins de deux ans, j’ai dû arrêter pour cause de fermeture de patinoire et trouver un autre sport.

Comment as-tu commencé le kitesurf ?

J’ai fait un stage d’une semaine en automne 2016 et puis j’ai continué de temps en temps. L’hiver c’était cool car moins de monde et du bon vent. J’ai voulu savoir s’il existait des compétitions dans ma région. Mes parents ont téléphoné à la fédération qui, de son côté, a donné les coordonnées de Seb Garrat. A l’époque je ne savais pas qui c’était (double champion du monde). Il a demandé à me voir pour un stage de détection, puis il a souhaité que j’aille au WKL Junior (World kitboarding league) à San Pere Pescador en juillet. Je n’y connaissais rien, ni personne, j’ai compris que j’étais grande et musclée et qu’en moins de 6 mois je faisais des tricks que certaines mettent des années à savoir faire.

Quel est ton meilleur souvenir comme sportive ?

Le meilleur souvenir est San Pere car c’est ma première coupe du monde et ma première compétition avec 6 mois de kite dans les jambes avec des kiteurs super forts. En une semaine j’ai progressé très vite au milieu de tous car on ridait ensemble alors c’était super motivant pour faire pareil.

Heloise Pegourie 2

Quels sont tes prochains objectifs ?

Mon prochain objectif est toujours San Pere car en France la FFV interdit aux enfants de moins de 14 ans révolus de faire de la competition. Il n’est donc pas possible pour moi jusqu’en avril mais je ne connais pas le format de compétition et puis il n’y a pas de catégories. Pour San Pere si j’arrive avec les 2000 euros du crowfunding je pourrai partir en stage d’un mois de perfectionnement et faire des trix (sauts) pour être sur le podium. Puis ce podium me permettrait de participer aux sélections JO Paris 2024, j’ai donc 7 ans pour me préparer. L’idée est de faire le chemin tranquille sans aller trop vite pour éviter les blessures et de savoir tout faire dans le kite (surf, foil, vitesse, freestyle). C’est ce que je fais actuellement, je participe aux compétitions FFVL qui ne sont pas officielle pour le WKL mais qui me permettent de connaître plein de rideurs qui après me donnent des conseils pour réussir. Je suis la mascotte des compétitions car toujours la plus jeune !!!
Pour me donner toutes mes chances, le rectorat de Nice a donné son accord pour que j’entre au Cned, je suis en 4ème. De ce fait je peux rider sur toute la méditerranée, ma maman très malade (une chimio par semaine) me conduit là où il y a du vent pendant que mon papa travaille. Je suis inscrite dans le pôle espoir d’Ariane Imbert sur Hyères et le pôle France sur Montpellier avec Seb Garrat. Je suis la seule française dans ce cas de figure à mon âge. Donc tout est possible. Un champion ne se fabrique pas comme une machine, il faut du temps, du vent, de la technique et beaucoup de plaisir avec les autres rideurs sinon tu n’y arrives pas. Ce sont les autres rideurs qui te poussent involontairement vers le haut.

As-tu un/une idole ?

Je n’ai pas d’idole car il y a moins d’un an je ne savais même pas que le kite existait !!

Pourquoi avoir lancé cette campagne de crowdfunding ?

Le crownfunding est pour partir en stage 1 mois dans un vent régulier pour apprendre plus vite quelques sauts être sûre d’être sur le podium à San Pere et de participer aux selections JO. Le kite est quand même un sport qui coûte cher et quand t’es comme moi, tu dois trouver des solutions partout. Il y a Takoon sponsor pour le matériel et j’ai eu quelques mécénats pour acheter les néoprènes. Une voile en fonction de sa taille coûte entre 600 et 1800 euros, j’en ai 4 mais il faudrait que j’en ai une pour chaque discipline. Chaque voile ne donne pas le même résultat, ainsi que pour les planches. En plus je ne peux pas toujours demander puisque je ne fais pas de competition. Si j’arrive sur le podium à San Pere, se sont les sponsors qui prendront en charge beaucoup de choses et je n’aurais plus besoin de crownfunding.

Pour soutenir Héloïse et lui permettre de faire son stage, c’est par ici

Nicolas Jacquemard

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