Jean Olharan, devenir le meilleur à mon poste


Nous avons rencontré Jean Olharan, champion français de Cesta Punta, qui vient de remporter la Coupe du Monde à Pau fin octobre aux dépens de l’Espagne.

Jean, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis joueur de Cesta Punta professionnel depuis 2011. J’ai remporté la Coupe du Monde 2009 à Palencia en Espagne et les Championnats du Monde à Pau en 2010. Ces deux compétitions étaient alors réservées aux amateurs. Depuis 2015 les compétitions internationales étant désormais ouvertes aux professionnels, j’ai pu participer à la Coupe du Monde 2017. Après avoir joué deux saisons d’hiver en Floride, je joue désormais pour le Fronton Mexico de février à juin. Quand je suis en Europe je joue pour l’empresa espagnole Jai Alive en Espagne et en tant qu’indépendant du côté français.

Comment et où as-tu commencé la pelote basque ?

J’ai commencé la pelote à 4 ans chez moi, à côté de Pau, car j’ai le privilège d’avoir un fronton dans mon jardin. J’ai eu envie de jouer pour faire comme mon père qui était un joueur de Cesta Punta. Il a notamment participé aux Championnats du Monde 1994. A 6 ans, j’ai pris ma première licence à la Section Paloise Pelote. Je suis d’ailleurs toujours licencié au même club.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien la pelote basque, peux-tu nous expliquer succinctement les bases ?

La Pelote Basque comporte trois familles de spécialités. La Main nue, la pala et le Chistera. A l’intérieur de chaque famille, il y a plusieurs spécialités. Pour ma part je joue avec un Chistera et ma spécialité s’appelle la Cesta Punta. On pourrait décrire ça comme un squash géant. L’aire de jeu fait environ 54m de long bien que chaque fronton a ses caractéristiques et des longueurs différentes.

Quelle est la particularité de la Cesta Punta, une des spécialités de la pelote basque ?

La Cesta Punta est tout simplement le jeu de balle le plus rapide au monde. Le record du monde a été validé par le Guiness Book. La pelote a été mesurée à la vitesse de 308km/h dans les années 80 à Newport aux USA. Il faut savoir que le record n’a pas été pris lors d’une partie. Quand nous jouons, la pelote sort du chistera entre 200 et 250km/h. C’est pour cela que nous jouons tous avec des casques, du fait de la dangerosité. Car la pelote est dure comme un caillou.

Tu viens d’être sacré champion du monde, raconte nous un peu la finale et les émotions suite à ce titre ?

Très exactement, nous avons remporté avec mon coéquipier la Coupe du Monde qui était qualificative pour les Championnats du Monde de Barcelone qui auront lieu du 15 au 20 Octobre 2018. On s’attendait à une partie extrêmement difficile car on avait rencontré la même équipe en phase de poules et on avait gagné en 3 manches mais dans la douleur. On avait face à nous l’Espagne avec Iñaki Goikoetxea, qui a été pendant 15 ans incontestablement le meilleur joueur du monde. Depuis qu’il a quitté le fronton de Miami, son niveau a un peu baissé mais ça reste quand même dans le top 3 des meilleurs joueurs du monde. Pour la finale, on avait un tactique simpliste et peu spectaculaire qui consistait à lui enlever la pelote. On l’a exécuté à la perfection et nous avons gagné en deux manches sèches 15 – 7 / 15 – 5.

Jean Olharan en compétition en 2014 !
Est-ce la plus belle victoire de ta carrière de sportif ?

Ma plus belle victoire est plus générale. C’est d’être considéré comme un des meilleurs à mon poste. L’apprentissage a été long depuis 2011 mais ça fait depuis 2-3 ans que je sens plus de crainte chez mes adversaires directs. Maintenant à moi de continuer pour être tout simplement le meilleur.

Quels sont tes prochains objectifs ?

Le prochain objectif à court terme est de remporté la Cesta de Nadau qui est un tournoi qui se joue à Pau, dans ma ville, et qui est organisé par mon club. Ensuite viendra la saison au Mexique du 15 Février au 15 Juin. Puis la saison estivale en France et Espagne avec comme apothéose le Championnat du Monde à Barcelone.

Sport phare au Pays Basque mais qui a du mal à se développer dans le reste du pays, comment l’expliques-tu ?

J’ai la chance de pratiquer un sport qui lui s’est développé internationalement. Dans les années 80, il y avait plus de 800 professionnels avec des frontons ouverts aux USA, Mexique, Philippines, Italie, Chine… Le soufflet est retombé et désormais il y a seulement des frontons ouverts aux USA en Floride, Mexique et Philippines. Cependant je crois qu’en France nous sommes actuellement en phase de développement grâce notamment aux multiples diffusions de parties sur la chaine Canal plus Sport. Il reste quand même des freins au développement, comme le coût d’un jai alai, des chisteras et des pelotes.

As-tu des idées pour aider au développement de ton sport ?

Pour développer la pelote, il faut et peu importe la spécialité choisie, qu’elle soit intégrée dans les milieux scolaires. Afin de toucher le plus de jeunes possibles et ainsi développer des vocations et des envies de continuer et découvrir ce sport. Dans notre région, cela ce fait et beaucoup de jeunes viennent dans les clubs grâce à ce moyen.

Si tu n’avais pas joué à la pelote basque, qu’aurais-tu aimé faire dans la vie ?

J’ai joué au rugby de 6 ans à 17 ans. Je pense que sans la pelote je m’y serais investi beaucoup plus. Après de là à arriver jusqu’au plus haut niveau, ça on ne pourra jamais savoir.

Nicolas Jacquemard

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