John Boudebza, jouer un quart de finale et ne rien regretter


Nous avons rencontré John Boudebza, international français de rugby à XIII, qui espère voir son sport continuer à se développer et trouver sa place sur la scène médiatique française.

John, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle John Boudebza, j’ai 27 ans et je suis un joueur international français de rugby à 13. Je joue au poste de talonneur, j’ai commencé à St Estève, puis j’ai rejoint le XIII catalan, l’UTC en junior et à 18 ans j’ai fait ma première saison en élite avec l’UTC. J’ai enchaîné trois saisons à Pia et deux à Lézignan. J’ai ensuite décidé de partir à l’étranger, dans le club de Super League d’Hull KR durant deux saisons. Suite à une blessure, je suis rentré en France et j’ai fini la saison avec Lézignan. En juillet dernier, j ai eu la possibilité de signer avec les London Broncos pour finir la saison de deuxième division anglaise. Je suis rentré en France seulement la semaine dernière.

Comment as-tu commencé le rugby ? Et plus particulièrement le XIII ?

J’ai commencé le rugby à l âge de 4 ans, à l école de rugby de St Esteve 13. Mon papa y jouait c’est donc tout naturellement que j’ai suivi ses pas et me suis tourné vers ce sport qui est rapidement devenu une passion.

Quelle relation entretiens-tu avec Aurélien Cologni, ton entraîneur à Lézignan et en équipe de France ?

Nous entretenons tous les deux de très bonnes relations. C’est lui qui m’avait d’ailleurs poussé à partir en Super League. Il est aussi venu, accompagné des présidents du FCL13, nous soutenir lors de la finale de la Cup à Wembley.
C’est quelqu’un d’entier et de très professionnel. Il est très compétent et aurait naturellement sa place dans un club de Super League. C’est en venant à Lézignan, après mon passage a Pia, que j’ai le plus progressé…

Qu’as tu appris lors de ton indisponibilité suite à ta longue blessure ?

J’ai appris que dans le monde du travail, et encore plus dans le sport, on est considéré comme de simples machines. Après une sub-luxation de ma hanche, je rejouais sous injection quinze jours après. J’ai abîmé toute mon articulation coxo-femorale. J’avais bien endommagé mon cartilage et j’ai donc du me faire opérer. Après mon opération, presque personne au club n’a pris de mes nouvelles alors que je n’étais même pas sur de pouvoir rejouer un jour. J’ai compris, à ce moment là, que le sport de haut niveau était un monde impitoyable.
Mais j’ai surtout appris a être patient lors de ma rééducation et ainsi mieux préparer mon retour à la compétition.
Ce qui ne tue pas, rend plus fort !
Finalement, ce que je prenais au départ pour un passage à vide dans ma carrière m’a permis de me concentrer sur mes priorités et de gagner en maturité.

Tu alternes entre la France et l’Angleterre chaque saison, pourquoi ce choix ?

Je suis revenu après deux ans pour faire ma rééducation en France. Après neuf mois de rééducation, j’ai fini la saison avec Lézignan, puis j’ai eu l’opportunité de repartir au Royaume-Uni pour finir la saison avec les Broncos de Londres. C’était pour moi l’opportunité de m’entraîner dans un cadre professionnel et de tout donner pour essayer de faire partie du squad tricolore pour la Coupe du monde. De plus, c’était une expérience extraordinaire sur le plan humain.

Où seras-tu la saison prochaine ?

Normalement à Lézignan, mon club de cœur, sauf si je reçois une bonne opportunité d’évoluer dans un club du championnat anglais, alors, ils me laisseront partir. Le club et les dirigents sont très compréhensifs.

Quels sont les objectifs pour l’équipe de France à la Coupe du Monde ?

L’objectif est de sortir de la poule en deuxième ou troisième position et ainsi d’atteindre les quarts de finale. C’est l’objectif minimum.

Plus personnellement, quels seront tes objectifs lors de cette compétition ?

Mes objectifs seront de jouer un maximum, même si la concurrence est rude, de m’entraîner dur pour créer des automatismes avec mes coéquipiers.

Que manque-t-il à la France pour combler son retard sur les nations majeures ?

La médiatisation est un gros problème. Même si des efforts sont faits, on est loin de la médiatisation australienne. Ce qui en découle, c’est un manque de club. On a très peu de club dans le Nord de la France par exemple! Plus de visibilité veut dire plus gros engouement, plus de club, plus grand vivier de joueurs…
Un autre club français en Super League serait bénéfique ou alors carrément un championnat français professionnel…

Quel adversaire t’a le plus impressionné ?

Il y en a quelques uns comme Kevin Sinfield que j’admirais lorsque j’étais petit. Il y a aussi Gareth Ellis ou James Graham. Jouer contre certains joueurs mythiques, c’est un rêve de gosse, c’est toujours une grosse émotion. Mais une fois sur le terrain, on met l’affect de côté et on donne tout. Le seul objectif est de gagner !

Nicolas Jacquemard

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