Marie Sempéré, le rugby dans la peau


Nous avons rencontré Marie Sempéré, ancienne internationale française de rugby, qui s’est reconvertie dans un rôle de consultante pour Eurosport.

Marie, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie Sempéré, j’ai 35 ans, je suis d’origine catalane et je vis à Paris depuis 10 ans. J’ai arrêté le rugby en 2009 suite à une grave blessure. Ensuite j’ai travaillé au marketing à la ligue nationale de rugby avant de devenir consultante rugby pour Eurosport.

Tu as été joueuse de rugby à XV et à 7, quel rugby préférais-tu et pourquoi ?

En toute sincérité j’ai vraiment aimé les deux ! J’ai commencé par le XV et j’ai vécu de très bons moments dont 4 titres de championne de France avec mon club. Grâce à mes performances en club j’ai pu jouer avec le XV de France à plusieurs reprises. Sur ma dernière année j’ai participé à la première coupe du monde à 7 à Dubai. Le rugby à 7 c’est vraiment un truc qu’il faut vivre, avec une superbe ambiance et une solidarité à tout épreuve entre les filles car nous avons besoin de tout le monde. C’est deux styles différents mais j’ai apprécié l’un autant que l’autre !

Quel est ton meilleur souvenir sur un terrain de rugby ?

Il y en a plusieurs ! 🙂 Déjà mon premier titre de championne de France avec Toulouse, c’était énorme. Il y a eu aussi la première fois où j’ai joué en sélection devant mes parents, le jour de mes 26 ans pour un France/Irlande. Enfin je dirais le match de poule de la Coupe du Monde de rugby à 7 où on bat l’Australie, les futures vainqueurs. Nous étions tellement contentes sur le moment que nous avions l’impression d’être championnes du monde.

Tu es maintenant consultante chez Eurosport, tu as aussi travaillé à la ligue de rugby, une volonté de ta part de rester dans le monde du rugby ?

Je ne sais pas si on peut parler d’une volonté mais les choses se sont faites naturellement. Je voulais rester dans le milieu du sport et le hasard a fait que j’ai pu rester dans le monde du rugby. Je suis très contente d’avoir pu rester dans mon sport car je suis dans une famille de rugbyman. Ce sport fait vraiment partie de moi. Ces deux expériences après ma carrière de joueuse me permettent de vivre d’autres superbes moments grâce au rugby.

Marie Sempere joueuse

Comme juges-tu les trois premiers matchs des bleues dans cette coupe du monde ?

Les bleues sont impressionnantes de maîtrise et très en forme physiquement. L’équipe enchaîne les temps de jeu, tient le ballon, le libère rapidement, ce qui leur permet d’avoir beaucoup de vitesse et de mouvements. Ces trois matchs de poule ont été vraiment réussis. Si on doit trouver un point noir je dirais l’indiscipline qui a entaché la fin du match contre l’Australie et un peu la deuxième mi-temps face à l’Irlande. Dans ce match on a pu voir à quel point elles étaient aussi en place défensivement, en défendant pendant 40 minutes pour n’encaisser qu’un seul essai. Elles ont vraiment franchi un cap depuis le dernier tournoi des 6 nations et le travail de ces derniers mois payent vraiment.

Selon toi, quelle sera la clé du match contre l’Angleterre ?

Les anglaises ont une équipe très en place qui n’a pas forcément l’habitude qu’on leur rentre dedans. La clé va être à la fois de leur proposer du combat mais aussi de déplacer le jeu. Pendant les 6 nations les filles avaient fait une très bonne première mi-temps avant d’avoir un gros temps faible en seconde mi-temps, dû à la fraîcheur physique. Sur ce que l’on a vu en poule, les bleues ne devraient pas avoir de baisse de régime pour ce match. Cela va être un gros combat psychologique et il faudra essayer de les faire douter pour qu’elles perdent un peu leur rugby.

Dans l’autre demi-finale, les Néo-Zélandaises sont favorites, penses-tu que les américaines peuvent déjouer les pronostics ?

Les américaines ont les moyens de résister mais elles ne battront pas la Nouvelle-Zélande qui est vraiment au-dessus. On les a vu monter en puissance dans le dernier match face au Canada. Les américaines vont proposer du jeu car elles n’ont rien à perdre mais l’expérience et le talent des black ferns fera la différence.

Que penses-tu de l’évolution du rugby féminin et plus largement du sport féminin en France ?

Le sport féminin est enfin reconnu pour ce qu’il est ! Les gens aiment de plus en plus regarder le sport féminin et c’est une très bonne chose. Beaucoup de femmes dans le sport sont encore amateurs et pour arriver au plus haut niveau c’est beaucoup de sacrifices personnels et professionnels. Elles ont enfin la reconnaissance qu’elles méritent et cela fait forcément plaisir. Il y a beaucoup de positif et c’est très bien que les médias s’intéressent au rugby féminin car s’ils le font c’est que c’est passionnant à regarder !

Nicolas Jacquemard

Laisser un commentaire