Mathieu Peisson, 20 ans de plaisir dans les bassins


On a rencontré Mathieu Peisson, joueur français de water-polo, qui continue à prendre du plaisir dans les bassins tout en pensant à sa reconversion.

Mathieu, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Mathieu Peisson, joueur professionnel de water-polo au Sète natation. Je suis professionnel depuis 20 ans et j’ai plus de 400 sélections en équipe de France.

Comment as-tu commencé le water-polo ?

J’ai commencé la natation à l’âge de 2 ans. Vers 7/8 ans, comme j’avais de bonne aptitude en natation , on m’a proposé de nager avec des plus grands mais je n’ai pas du tout aimé ça. J’ai alors essayé le tennis, le foot, le basket mais sans succès et finalement à l’âge de 9 ans j’ai repris la natation et j’ai commencé à jouer au water-polo.

Une année difficile avec Sète, l’objectif est-il de se maintenir ?

Se maintenir est un bien grand mot car aujourd’hui aucune équipe ne peut descendre ou monter de Pro A. Aucun autre club n’a une piscine homologuée pour évoluer dans la ligue. Une année certes difficile avec des problèmes économiques au sein du club l’année dernière qui ont fait que nous avons dû diminuer la masse salariale et se séparer de 4 de nos meilleurs joueurs, ainsi que l’entraîneur. On a donc essayé de repartir du bon pied avec une équipe rajeunie et en privilégiant la formation.

Cette année on est passé à travers pas mal de match car on n’est pas suffisamment préparé et que notre tactique n’est pas en place. On est actuellement huitième mais on peut viser la septième place en cas de victoire ce week-end. Même si le contexte est difficile, on essaye de voir le côté positif en se disant que l’on pratique le sport que l’on aime entre potes.

Tu seras toujours à Sète l’année prochaine ?

Pour l’année prochaine je n’ai aucune idée de ce que je vais faire pour l’instant, on verra bien. Je vais devoir discuter avec les dirigeants mais aussi voir les opportunités que je peux avoir. Cette année, j’ai aussi repris la fac en Licence pro communication, marketing et gestion du sport. Et je travaille à côté pour une entreprise qui s’appelle Comiti, un logiciel de gestion et de développement pour associations et clubs de sport.

Tout ça pour dire que je prépare ma reconversion, mais je n’ai pas encore pris la décision d’arrêter donc je verrais ça en fin de saison.

Quelques mots sur les JO, une expérience unique ?

Les JO, une expérience extraordinaire, c’est comme arriver sur une autre planète. C’est très difficile d’en parler et d’en discuter car c’est quelque chose d’unique, d’incroyable et à part. Chaque athlète vit les Jeux d’une façon différente, il faut le vivre pour comprendre ce que s’est .

Chaque match que l’on a joué se déroulait dans une ambiance incroyable et je suis très fier et très content d’avoir fait partie de cette aventure.

Tu n’es plus appelé en équipe de France, une situation compliquée pour toi ?

Oui je ne suis plus appelé en équipe de France actuellement, je pense que j’ai été un peu poussé vers la sortie par le nouveau projet de l’équipe de France et de son nouvel entraîneur. Il veut partir sur un projet de 4 ans avec des nouveaux joueurs. On m’a clairement fait comprendre que je n’avais plus ma place dans cette équipe car j’étais apparemment trop vieux. Cela me fait mal car je voulais au moins continuer 1 an pour aller aux mondiaux avec cette équipe.

J’ai émis ce souhait à l’entraîneur et je pense que c’était le minimum de respect que l’on pouvait avoir envers moi au vue de ma carrière. Il n’en a rien été mais je ne pense pas que ce soit le seul coupable. Je pense que des personnes derrière lui agissent dans l’ombre et que ce n’est pas toujours dans l’intérêt du water-polo et de l’équipe de France. C’est très dur à accepter car je pense que je pouvais encore donner à cette équipe de France. C’est toujours mieux d’avoir le choix d’arrêter que de se voir imposer la chose. Je suis encore performant en club et dans les dix meilleurs buteurs de la Pro A.

Même si c’est une situation difficile, il ne faut pas faire le « rageux ». Les résultats de l’équipe de France sont encourageants et j’espère qu’ils vont réussir un bon championnat du monde.

Quel est joueur de water-polo français qui t’a le plus impressionné ? Pourquoi ?

Je ne sais pas, je peux dire moi ? (rires)

Je dirais Romain Blary qui a un physique, une technique et une puissance peu commune sans compter sa qualité de natation exceptionnelle. J’aime aussi beaucoup la technique de tir d’Ugo Crousillat, la puissance du tir de Mehdi Marzouki et le mental et la volonté d’Alexandre Camarasa.

Quel sportif français t’impressionne le plus ?

Sans hésiter mon ami Nikola Karabatic. Il a une carrière incroyable et il n’est pas loin d’avoir le plus gros palmarès au niveau des sports collectifs. C’est quelqu’un de vraiment extraordinaire, on apprend beaucoup à son contact et il se donne toujours à fond dans ce qu’il fait. J’ai encore eu la chance de le voir ce week-end à Reims où il gagne la coupe de la ligue avec le PSG. Sur un terrain de handball, il sait attaquer et défendre, il sait tout faire.

J’aurais pu aussi citer Martin Fourcade et Sébastien Loeb qui sont excellents dans leur discipline respective.

Tu as 34 ans, tu penses à l’après-carrière ?

Oui mon après-carrière je la prépare, j’ai la chance d’avoir mon brevet d’état. Comme je le disais tout à l’heure j’ai repris une Licence pro dans le sport. C’est une formation très complète pour laquelle il faut effectuer un stage de 400 heures. C’est pour cela que j’ai rejoins l’équipe de Comiti avec le projet d’implanter l’entreprise dans le monde du water-polo. Je pense que c’est une solution très intéressante pour la gestion et le développement d’un club sportif.

Après ma carrière de joueur de water-polo, j’aimerais, pourquoi pas, devenir directeur sportif ou manager général du club de Sète. Je pense que ce club a vraiment un très gros potentiel et il faut travailler à l’élaboration d’un nouveau projet. Je vais soumettre un projet au club d’ici début août.

 

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