Pierre Houin, difficile de rêver faire mieux


Champion Olympique en 2016 et récemment champion du monde, rien n’arrête Pierre Houin ! Associé à Jérémie Azou depuis deux ans, ils sont toujours invaincus sur la scène internationale. 

Pierre, quels sentiments dominent quelques jours après ce premier titre mondial obtenu avec Jérémie Azou ?

J’avais déjà été champion du monde chez les espoirs et en élite dans une catégorie non olympique. Ce titre est encore un cran au dessus des autres mais comme je suis débordé de boulots depuis mon retour, je n’ai même pas vraiment pris le temps de le savourer, et c’est un peu dommage.

Pour comparer avec le titre olympique de l’an dernier, où se situe cette médaille d’or ?

Elle n’est pas au même niveau car déjà elle n’a pas la même répercussion, ni la même « valeur ». Elle se situe juste en dessous des Jeux Olympiques, les championnats du monde étant la deuxième compétition la plus importante pour nous. Mais ça reste quelque chose d’énorme, avant 2020, nous ne pouvons pas faire mieux que champion du monde.

Qu’est ce qu’il t’es arrivé au départ ? Un manque de concentration ?

Je ne sais pas si on peut parler d’un manque de concentration. Ma pelle tribord n’était pas calée dans l’eau donc j’ai commencé à pousser et cela nous a un peu déséquilibré. J’ai senti que j’avais remis ma palette de travers après avoir réglé la direction, mais comme la course pouvait démarrer à tout moment, je n’ai pas voulu tenter de la remettre car cela aurait pu être pire. J’ai senti très vite qu’un truc n’allait pas, du coup je n’ai pas donné toutes mes forces sur mon premier coup. Nous avons rectifié le tir rapidement et cela ne nous a pas gêné pour la suite de la course.

Vous êtes toujours invaincus en compétition avec Jérémie (mis à part Henley, contre des poids lourds), quel est le secret pour vous battre ?

Je ne voudrais pas tout dévoiler à la concurrence. (rires) Il n’y a pas vraiment de secrets, les clés de la réussite sont connues par tout le monde. Je pense que pour aller plus vite aujourd’hui, il faut arriver dans un meilleur état de forme et maîtriser la glisse pour réussir une plus grande performance que nous.

Quel bilan fais-tu de ta saison ?

Il serait difficile de dire que ce n’est pas un bon bilan, dans le sens où nous avons gagné tout ce qu’il était possible de gagner dans notre catégorie. C’est une saison que nous pouvons souhaiter à tous les sportifs qui se donnent du mal. Nous n’aurions pas pu faire mieux, si ce n’est gagner Henley mais cela n’aurait pas changé grand chose. J’ajouterais que nous n’avons pas fait que gagner, nous l’avons fait avec aisance en confirmant notre domination. C’est assez dingue et j’en viens à me dire que cela va être difficile de faire encore mieux. Cela fait 2 saisons que nous remportons tout, il va falloir repartir avec en tête l’idée de maintenir ce niveau.

Quels sont tes objectifs pour 2018 ? Battre Jérémie aux championnats de France ?

Je pense que 2018 va être différent. Je n’en dis pas plus pour le moment mais il y aura de nouveaux challenges à relever car nous allons les provoquer. Mon objectif restera de gagner les sélections nationales et de continuer à assouvir la domination du double poids léger à l’international.

Tu es encore jeune, Paris 2024 est quelque chose auquel tu dois déjà penser ?

Si j’y pense, c’est parce que tout le monde m’en parle☺. J’y pense aussi de moi-même parce que j’atteindrai un âge qui me permettra encore de produire mon maximum en aviron, en 2024. Après, il y a énormément de choses qui vont se passer d’ici là, comme l’évolution de notre discipline aux Jeux Olympiques. On sait que le double poids léger sera toujours à Tokyo, mais c’est moins sûr pour Paris. Donc je pense que c’est vraiment trop tôt pour vraiment y songer.

Si tu devais me donner un sportif français que je dois absolument interviewer ?

Martin Fourcade car, même si j’en ai déjà lu plusieurs, elles sont toutes différentes. C’est un sportif qui m’intéresse beaucoup.

Nicolas Jacquemard

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