Sandrine Gruda, l’ambition comme moteur


Nous avons rencontré Sandrine Gruda, internationale française de basket, qui vit une très belle année à Istanbul après neuf ans passés en Russie.

Sandrine, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Comment avez-vous commencé le basket ?

Sandrine Gruda, j’ai 29 ans et je viens de l’île de la Martinique. Je suis tombée amoureuse du basket grâce à mon père qui m’a initié. C’est un ancien joueur professionnel qui était coach quand je suis venue au monde. J’ai suivi un cursus fédéral pour devenir une joueuse professionnelle, j’ai tout de suite été ambitieuse avec la volonté de jouer au plus haut niveau, c’est pourquoi je suis parti en Europe et aux Etats Unis.

Après 9 années à Ekaterinbourg en Russie, vous avez fait le choix de rejoindre Fenerbahce, est-ce que ce fut une décision difficile à prendre ?

Non cela n’a pas été difficile car il était temps que je prenne un nouvel envol, c’était la fin d’un cycle et j’étais déterminée à découvrir une nouvelle aventure.

Comment s’est passée votre acclimatation en Turquie ? Quelles sont les différences entre le championnat turc et russe ?

Les différences sont énormes car le championnat turc est beaucoup plus relevé, avec un plus grand nombre de joueuses américaines (venant du championnat WNBA). Il y a aussi plus d’équipes donc le championnat est plus long. En plus d’être difficile, la victoire n’est jamais acquise même si l’on joue dans un club phare comme Fenerbache. J’aime cette adversité, qui nous permet de jouer des « gros » matchs pour ensuite être prêt à jouer l’Euroligue. En Russie, il y avait une vraie différence entre le niveau du championnat et la coupe d’Europe, nous n’étions pas assez préparés à jouer des matchs de ce niveau.

Vous êtes en finale des playoffs, malgré la défaite lors du premier match, l’objectif c’est le titre ?

Le deuxième match va être important. On veut vraiment gagner ce titre car nous avons assez perdu de finales pour cette année… (après celle vécue en Euroleague).

Quel bilan personnel tirez-vous pour votre première saison en Turquie ?

C’est une très belle expérience humaine qui m’a permis de me confronter à un nouvel environnement. J’ai également d’avantage de responsabilités par rapport à ce que je pouvais avoir en Russie. Je retrouve une certaine indépendance. J’ai découvert une ville extraordinaire, malgré une arrivée dans des circonstances tendues, j’ai passé une superbe saison et c’est vraiment un endroit que je recommande. Le climat aussi est très appréciable car à Ekaterinbourg, il faisait souvent gris et les températures étaient basses. A Istanbul, c’est très souvent ensoleillé et cela influe beaucoup sur le moral !

D’un point de vue basket, je suis un peu déçue car nous n’avons encore rien gagné. Nous avons participé à de nombreuses finales que nous avons laissées échapper. Ce titre de champion national est donc vraiment important à nos yeux.

Qu’est-ce que vous retenez de vos différentes expériences en WNBA ?

Pas mal de chose. C’est un pays qui m’a toujours attiré et j’ai toujours eu envie de le découvrir. J’y suis allé la première fois à 20 ans et cela a été une vraie révélation sur le sport que je pratique. Les États-Unis sont le berceau du basket et cela m’a permis de découvrir une nouvelle méthode de travail, une autre mentalité et une autre approche du jeu. Ces expériences m’ont vraiment aidé à passer des étapes et j’ai compris que le championnat américain était le meilleur au monde, j’étais donc dans les conditions optimales pour progresser.
Plus globalement, l’opportunité d’avoir pu me confronter aux deux styles, européens et américains, à contribuer à faire de moi une joueuse plus complète.

Si vous deviez ressortir le meilleur moment de votre carrière, lequel serait-il ?

Le titre de championne d’Europe en 2009, la première et la seule médaille d’or que j’ai gagné avec l’équipe de France. Sur cette compétition j’ai su porter l’équipe jusqu’à la médaille d’or, malgré mon jeune âge. C’était la première fois que j’avais les reines d’une équipe que je venais à peine d’intégrer. D’avoir réussi à assumer ce rôle jusqu’à la finale a été aussi bien un accomplissement personnel que collectif.

Quelle place ont les réseaux sociaux dans votre carrière de sportive ?

Une place relativement importante car c’est un outil qui nous permet de pouvoir communiquer de manière instantanée avec nos fans en révélant un peu de nous. Je trouve ça super ! Par exemple, je n’évolue pas en France et les réseaux sociaux me permettent de rester en contact avec les gens qui me suivent depuis l’hexagone notamment. J’espère d’ailleurs retrouver vos lecteurs sur mes réseaux sociaux !

Est-ce que le manque de médiatisation du basket féminin par rapport aux hommes est un problème pour vous ?

Oui c’est un problème et cela va plus loin que le basket, c’est un problème sociétal. Les problèmes d’égalité entre hommes et femmes ne datent pas d’aujourd’hui et le basket est un reflet de la société. Nous représentons la France aussi, nous gagnons des titres aussi donc nous méritons d’être reconnues autant que les hommes.

Vous avez seulement 29 ans mais est-ce que vous pensez déjà à l’après-carrière ?

Non je n’ai pas d’idée précise mais je suis actuellement des études de journalisme et ça me plait vraiment. J’aime beaucoup écrire, j’ai d’ailleurs un blog, que je vous recommande et dans lequel j’évoque mes souvenirs ou mes expériences à Istanbul.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

J’aimerais avant tout qu’on me souhaite d’être heureuse en tant que femme 🙂

Et la saison prochaine vous serez toujours en Turquie ?

Je ne sais pas encore, j’ai vraiment passé une saison incroyable donc pourquoi pas continuer. On verra bien.

 

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