Le Ski-Joëring, qu’est-ce que c’est ?


Sensations, glisse, neige, cheval… Cherchez l’intrus. Il n’y en a pas. Il s’agit de Ski-Joëring. Traduit du scandinave dont on vous évitera l’orthographe, qui veut dire ski tracté. Il existe plusieurs sujets de traction entre autre le chien, divers engins à moteur. Nous allons nous pencher sur le cheval. Historiquement c’est en Suède et en Norvège que le Ski-Joëring est utilisé comme moyen de locomotion et de travail par les paysans, c’est aujourd’hui devenu un sport.

Tout commence en 2500 avant Jésus-Christ, pratiqué avec différents animaux et les ancêtres de nos chevaux actuels. Cette activité a peu à peu évolué pour devenir un loisir. Sur le principe du skieur tiré, on peut trouver des variantes avec un ou plusieurs chevaux, avec un cheval lui-même monté. Présenté en sport de démonstration aux Jeux Olympiques de 1928, le Ski-Joëring est aujourd’hui une véritable discipline : il y a même des compétitions avec des épreuves différentes (vitesse, slalom géant et spécial, maniabilité).

Au début du 20ème siècle, les Suisses ont trouvé un intérêt ludique et touristique dans cette pratique. Nul besoin d’être expert pour se balader, les codes de direction de base sont simples. Si vous voulez en faire en compétition par contre, il vous faudra une véritable maîtrise de la conduite du cheval attelé et du ski alpin. En France, la pratique équestre disparaît presque complètement en hiver au milieu du 20ème siècle. C’est donc dans les années 90 qu’elles réapparaissent dans certaines régions enneigées où des particuliers ont pour loisir d’atteler leur cheval pour le balader à ski. Des centres équestres cherchent des idées pour développer une activité en basse saison pour l’équitation mais haute pour le ski. Les sports équestres sont alors en plein développement, le nombre de licenciés ne cesse d’augmenter et de nouvelles disciplines apparaissent, d’anciennes refont surface et les plus discrètes se développent, s’organisent et se codifient.

En compétition, une grande dextérité dans la direction du cheval attelé et une bonne capacité de skieur sont exigées. Pas besoin d’être cavalier pour débuter le Ski-Joëring ou pour faire ponctuellement une promenade touristique. Par contre il faut tenir un minimum à ski et maîtriser un peu son équilibre pour se faire plaisir et profiter des paysages enneigés. L’équipement pour le skieur, c’est la combinaison de ski traditionnelle qui est la plus adaptée et un casque aux « normes ski » ou équitation. La taille des skis ne doit pas être dangereuse pour le cheval, donc pas plus d’1,50m. Pour le cheval, l’équipement est proche du matériel d’attelage, brancards latéraux rigides fixés à une bricole ou à une sellette et des longues rênes. Sans oublier des fers spéciaux pour non seulement éviter au cheval de glisser, mais également pour éviter que la neige ne vienne former une boule en s’entassant sous les sabots.

Si vous comptez tester, quelques trucs anti-pièges à touristes :

  • Si vous n’avez pas votre casque personnel, assurez-vous que le centre pourra vous en procurer un ainsi qu’un bonnet de protection à usage unique pour raison d’hygiène.
  • Choisissez un centre qui travaille avec des chevaux en excellent état (si vous avez la possibilité de visiter avant de réserver c’est mieux). Jetez un œil sur l’état général des chevaux mis à disposition pour détecter d’éventuelles blessures (garrot, sur les côtés aux passages des brancards…). Demandez l’âge des équidés, l’âge raisonnable est 6 ans. C’est quand même une discipline physique éprouvante. Bien que la pratique courante consiste à travailler avec des chevaux de 4 ans, cela implique donc de les débourrer (habituer, dresser) à cette discipline vers 3 ans, un âge où la musculature et le squelette ne devraient pas subir cela. Alors même si l’on peut vous répondre que c’est courant, et même si l’on reste flou sur l’âge ou si vous sentez que l’on vous dit ce que vous voulez entendre, vous aurez au moins soulevé la question et montré que votre plaisir n’est pas au détriment du bien-être animal. Parce que c’est le cas n’est-ce pas ? Alors amusez-vous !

Géraldine Bonnand

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