Stany Delayre, passer l’épreuve


Non retenu pour la campagne olympique, Stany Delayre, l’ex lieutenant de Jérémie Azou a accepté de revenir pour nous sur cette difficile épreuve. Tourné vers d’autres objectifs, il vise désormais les championnats du monde.

Stany, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Stany Delayre, j’ai 29 ans, j’ai commencé l’aviron en cadets 1 à Bergerac, club dans lequel je suis toujours et je suis en équipe de France depuis 2005.

Comment as-tu commencé l’aviron ?

J’ai commencé par hasard, un été, dans un centre de loisirs où il y avait aviron comme activité. Je ne connaissais pas du tout ce sport mais j’ai essayé et j’ai accroché tout de suite. Plus jeune, j’étais plein d’énergie et ce sport me permettait de me défouler tout en étant dans la nature. Un ami de classe en faisait dans le club donc je me suis inscrit avec lui.

Quel est ton plus beau souvenir comme rameur ?

J’en ai deux. La finale des championnats du monde, à Aiguebelette, qu’on gagne avec Jérémie Azou. On était devant tous nos proches et on a pu partager ce moment avec eux, c’était fabuleux. L’autre ce serait la finale de 2012 des bateaux courts où je termine deuxième derrière Jérémie et qui me permet de monter dans le bateau avec lui. Sans cette course la suite n’aurait pas été la même et cette belle aventure n’aurait pas vu le jour…
Tu termines troisième des derniers championnats de France de skiff, comment analyses-tu ta performance ?

Je ne suis pas déçu de ma performance, je suis frustré du résultat car cela veut dire que je ne remonte pas dans le double poids légers. J’ai fais une course pleine, j’ai tenté et je pense que j’ai réussi à mettre un petit peu le doute à Pierre Houin. Il a plus fait sa course en fonction de moi que de Jérémie. Je n’ai aucun regret que ce soit cette année ou l’année dernière, je fais des courses pleines.

Qu’est-ce qu’il te manque pour passer devant Jérémie et Pierre ?

Je pense qu’il me manque du physique. Jérémie est sur une autre planète. Physiologiquement, il est extraordinaire et techniquement, il est très fort. Pierre est très fort physiquement et je pense que ce sont deux garçons qui arrivent à s’employer à 200% dans leur skiff. Moi j’ai plus de difficulté en skiff, je pense que je suis plus à l’aise dans un double, je peux plus m’employer.

Quels sont tes prochains objectifs sportifs ? As-tu envie de te battre pour essayer d’être à Tokyo en 2020 ?

Les championnats du monde à la fin de l’année. Je ne suis plus le plus jeune du circuit donc parler en Olympiades commence à être compliqué. Je prends les années les unes après les autres. L’envie est toujours là pour le moment et on verra jusqu’où cela nous mène.

Neuf mois après, as-tu pu effacer la déception de ta non-participation aux JO ?

Non, pas vraiment, c’est quelque chose qui va prendre du temps pour être digéré. C’était le projet d’une carrière, de plusieurs années et tout s’est effondré à quelques mois de l’échéance. C’est très difficile pour moi à vivre, maintenant ça va mieux mais par moment j’ai du mal à accepter tout ça même si, sportivement parlant, les autres ont été plus fort que moi. Ce qui me dérange c’est la manière dont cela a été fait, la gestion humaine de cette décision a été très mauvaise. On n’est pas des pions, on est des êtres humains et il y a des manières de faire qui ne sont pas acceptables à ce niveau-là.

Jérémie nous avait dit qu’un bout de la médaille te revenait, arrives-tu à te dire ça aussi ?

Non je ne peux pas me dire ça. Jérémie a la médaille autour du coup, c’est plus simple pour lui de dire cela, même s’il est vrai que le deux de couple poids légers n’est pas la par hasard et que j’y ai grandement contribué avec Jérémie. On a construit cet équipage, on a construit ce bateau-là tous les trois avec Alexis au fur et à mesure des années donc pour lui je fais partie du titre olympique. J’en ai une partie car j’ai contribué à cette performance mais je ne suis pas sur le podium, je n’ai pas la médaille ou ce qui va avec et je ne l’aurai jamais. Pour le moment, je peux pas dire que je suis un peu champion olympique.

Est-ce que tu as le temps de t’intéresser à d’autres sports ?

J’aime bien regarder le tour de France ou les équipes de France de rugby et de handball. Il m’arrive aussi de regarder de la gymnastique, de la natation ou de l’athlétisme. Et puis grâce a l’aviron, on pratique pas mal de sports comme le vélo ou la natation.

 

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