Virginie Dedieu, la danseuse synchronisée


Née le 25 février 1979, Virginie Dedieu est une nageuse française, pratiquant la natation synchronisée. Amoureuse de la danse classique depuis sa petite enfance, elle touche à la gymnastique et au judo avant de découvrir ce sport aquatique et la piscine qui deviendra son terrain d’expression. Dès l’âge de 10 ans, la petite artiste devient championne de France de sa catégorie. A 14 ans, elle intègre les équipes de France espoirs et l’aventure s’emballe. Vice-championne du monde junior en 1995, elle rapporte la première médaille à la France dans l’histoire de cette compétition, puis intègre l’INSEP et côtoie des filles plus âgées qu’elle, l’adolescente. Un an plus tard, c’est le grand choc pour la jeune fille de 17 ans. Elle participe aux Jeux Olympiques d’Atlanta, se retrouve au milieu de toutes ces superstars du sport. L’équipe de France se classe cinquième de la compétition par équipes. Tout va très vite pour celle qui réalise des figures sous l’eau, sans dispositif pour se boucher le nez. En 1997, elle est championne de France en solo et en duo, vice-championne d’Europe en solo, en duo et par équipes. Les compétitions s’enchaînent et elle devient également vice-championne du monde en solo et médaillé de bronze en duo, l’année suivante. L’objectif est clair dans son esprit : elle est tournée vers les JO de Sydney.

La paire qu’elle forme avec Myriam Lignot est prometteuse. La dernière année avant le rendez-vous de l’an 2000, elle décroche trois médailles d’argent aux championnats d’Europe. L’année olympique, elle est de nouveau vice-championne d’Europe seule, mais elle remporte le titre avec sa camarade et monte sur le podium avec toute l’équipe française. A Sydney, c’est finalement le bronze que les deux jeunes femmes décrochent. C’est une satisfaction, mais pas une énorme joie car elles visaient l’or. La quatrième place par équipes va renforcer d’autant plus ce sentiment de déception. Dès lors, sa partenaire Myriam Lignot choisit de se retirer des bassins. C’est désormais une nouvelle orientation pour Virginie qui espérait aller plus loin en duo et décrocher un titre mondial. Cette quête la pousse à poursuivre son rêve, mais elle termine une nouvelle fois à la deuxième place des mondiaux de 2001, en solo. Elle s’accroche et ne renonce pas. Elle va enfin être récompensée de ce potentiel qui sommeille. Elle entend retentir La Marseillaise pour la première fois lors d’une compétition où elle est seule sous l’eau. Championne d’Europe en 2002 et troisième en duo avec Myriam Glez, sa nouvelle partenaire, elle devient enfin championne du monde en 2003, à Barcelone. Elle est sur le toit du monde.

L’année 2004 est une nouvelle année olympique. Virginie est de nouveau championne d’Europe pour la deuxième fois consécutivement et médaillée de bronze pour son duo avec Laure Thibaud. Malheureusement, à Athènes, elles échouent à la quatrième place et Virginie Dedieu ne parvient pas à obtenir une seconde médaille olympique. L’épreuve en solo n’étant pas au programme olympique, elle ne peut mettre en valeur son immense talent. A Montréal, au Canada, elle se présente aux championnats du monde avec une idée précise : être la première nageuse double championne du monde, pour après arrêter sa carrière. Forte d’un programme innovant, elle réalise l’exploit et remporte l’or. La voilà reconnue, à juste titre, comme la plus grande de son sport. Elle s’absente des bassins pendant plus d’un an, mais décide de faire un come-back improbable pour les mondiaux de 2007. Alors que sa vie a pris une trajectoire différente de sa carrière de sportive, elle se prépare en quelques mois, loin des compétitions, avec pour seule certitude, sa classe. Et quelle classe, elle remporte son troisième titre mondial consécutif. C’est désormais officiel, elle peut passer à autre chose, se tourner vers d’autres horizons. En 2015, elle accepte de relever un dernier défi. Pour la première fois, une épreuve en duo mixte est mise au programme des championnats du monde. Elle se jette à l’eau avec Benoit Beaufils, dans des conditions difficiles car, lui, vit aux Etats-Unis. Ils n’ont que peu de temps pour s’entraîner ensemble. Ils frôlent l’exploit en terminant au pied du podium. C’est malgré tout une superbe performance et une très belle expérience pour eux. Virginie repart de cette dernière aventure avec le sentiment du devoir bien accompli.

Vidéo : Légendes du sport

Alexandre Toussaint

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