Nous suivre

Football américain

Alain Mattei – TD Actu : « La NFL a réussi à être une ligue qui fonctionne quasiment toute l’année »

Idriss Ahamada

Publié

le

Alain Mattei - TD Actu - La NFL a réussi à être une ligue qui fonctionne quasiment toute l'année
Visuel Dicodusport - Getty Images

Nouveauté chez Dicoduport, une rubrique qui part à la découverte de médias sportifs indépendants, souvent spécialisés, et tous avec leur propre identité. Pour le deuxième numéro, nous avons rencontré Alain Mattei, fondateur de Touchdown Actu.

Présentez-vous et votre média en quelques mots.

Je m’appelle Alain Mattei. Je suis journaliste de formation. J’ai travaillé en radio, mais aussi sur le web pour L’Équipe, Sports.fr et Basketusa.com. J’ai également travaillé en télé pour RMC Sport. Et aujourd’hui, sur Touchdown Actu, qui est mon activité principale.

Le développement a été assez constant et linéaire pendant les premières années. Même aujourd’hui, ça continue à progresser. On est accrédité pour aller au Super Bowl depuis 2014, et on suit les matchs à Londres sur le terrain depuis 2012. Nous sommes aujourd’hui une équipe de 40 bénévoles qui participe à la vie du site.

Depuis quand le site web existe-t-il ?

Le site existe depuis 2007. À l’époque c’était un petit blog, que j’ai transformé en site au bout de 6 mois.

Quel est votre trafic aujourd’hui ?

En janvier, on a battu notre record sur 1 mois, avec 1,8 millions de pages vues. Et au niveau de l’émission, on est autour de 70 à 100 000 écoutes par mois, tout dépend de la période et du nombre d’émissions. Le trafic se situe à peu près la. Ça fait autour de 115 000 visiteurs uniques par mois.

Et votre communauté sur les réseaux sociaux ?

On a 18 800 followers sur Twitter. 6500 sur Instagram et 21 000 sur Facebook. On n’a pas de Snapchat et pas de TikTok parce que je suis une vieille personne ! Nous avons également 7800 abonnés sur YouTube.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce site ?

Outre la passion pour le foot US, c’est assez simple. Je sortais d’école de journalisme, et je voulais faire quelque chose que je pouvais présenter avec mon CV. Je n’avais pas envie de présenter des papiers que j’avais fait à l’école. J’avais envie de montrer quelque chose de vivant et d’actuel. Bien sûr, il y avait aussi de la passion, car je n’ai pas choisi le thème au hasard. Ça m’a suivi au fil de mes expériences. Jusqu’à ce que j’arrive à en faire mon activité principale.

Vous traitez l’actualité d’un sport dit de « niche ». Comment avez-vous fait pour réussir à toucher du public en dehors du cercle habituel de passionnés ?

C’est une bonne question. On ne va pas consciemment chercher des gens qui ne s’y intéressent pas. On fait un peu ça, soit en début de saison, soit pendant la période du Super Bowl. Avec des tutoriels tous les jours pendant la semaine du Super Bowl. On fait ça aussi en début d’année, avec des petites présentations simplifiées, comment choisir son équipe, et les choses à savoir si on veut suivre la NFL.

En plus de ça, on a des pratiques d’écriture sur le site, que j’essaie de conserver et d’inculquer aux rédacteurs. Il faut se dire qu’on parle à des passionnés, mais qu’il faut aussi que celui qui découvre le site ne soit pas totalement perdu. On essaie de limiter les anglicismes. Tout ce qui est action de jeu et poste (par exemple, touchdown et linebacker) on garde en anglais. Mais on essaie de ne pas tomber dans les anglicismes pour tout le reste. Même un receveur et un coureur, on essaie de dire un receveur ou un coureur, et pas un running-back ou un wide reciever.

Évidemment, le lecteur qui débarque sur le site avec zéro connaissance de la NFL, il ne sera pas tout de suite à l’aise. Mais au moins, il ne sera pas totalement perdu. Je me bats contre ces trucs. Les gens qui disent : « il a catché le ballon ». Il ne l’a pas catché, il l’a attrapé, il l’a reçu. Il y a des tonnes de mots en français pour le dire. Je le vois beaucoup sur les réseaux sociaux, et même dans mon équipe. Il l’a catché, il l’a dropé, mais non, il l’a relâché ! Pour des trucs un peu évident, on essaie de le dire en français le plus possible. Bien sûr, on ne va pas aussi loin que nos amis québécois, mais on essaie.

La saison NFL est assez courte (moins de 6 mois entre le 1er match et le Super Bowl). Comment faites-vous pour meubler durant la longue intersaison ?

Ce n’est pas très difficile. Dans une moindre mesure, c’est comme la NBA. La NFL a réussi à être une ligue qui fonctionne quasiment toute l’année. Les seuls mois vraiment morts entre guillemets, c’est mai-juin-juillet. En février, on sort du Super Bowl. Il y a d’abord une semaine un peu calme. Derrière, on va amorcer doucement tout ce qui est rumeurs de transferts, mercato, etc. Ça va monter doucement en température jusqu’à l’ouverture officielle du mercato le 17 mars.

Donc en mars, il y aura une tonne de signatures. Ensuite, la préparation de la draft, et la draft fin avril. Tout ça occupe beaucoup de temps. Sachant que la draft est beaucoup plus importante qu’au basket. Rien qu’en volume, il y a 7 tours au lieu de 2, soit 250 joueurs sélectionnés. Et contrairement au basket, il y a beaucoup plus de joueurs qui sont opérationnels le premier jour, et qui vont avoir de l’impact immédiatement dans la ligue. C’est une plus grosse affaire, qui nous occupe pas mal. Évidemment, le trafic du site sera plus bas entre mi-février et août. On ne se fait pas d’illusions et c’est normal.

Ce sont les matchs qui génèrent le plus d’excitation et de visites. On sait qu’entre février et août, on parle plus à une base de passionnés, mais il y a de l’actualité. C’était moins le cas les premières années, mais le site développe encore plus son activité pendant l’intersaison.

L’intersaison est-elle une période propice pour tester d’autres choses ?

Oui complètement. J’essaie de tout bloquer et acter avant le début de saison, pour être le plus tranquille possible. En effet, on peut tester et rajouter des trucs pendant l’intersaison. Par exemple, il y a 2 ans, on faisait 4 émissions preview draft, la draft en direct et deux émissions pour débriefer. Cette année, les émissions preview commencent cette semaine. Et il y en aura toutes les semaines, jusqu’à début avril, où on passera à une pastille quotidienne, jusqu’à la draft.

Ça fait partie du développement et des choses qu’on peut tester. Ça permet aussi d’impliquer plus de monde. Avant, j’animais toutes les émissions pré-draft. Aujourd’hui, on a une équipe dédiée, qui connait bien le sujet et va bien le faire.

Le foot US français n’est que très peu traité sur TD Actu. Comptez-vous lui accorder une plus grande place à terme ?

Ce n’est pas prévu. Parce que ce n’est pas évident pour nous en termes humain. Paradoxalement, c’est plus simple de voir tout ce qui se passe aux USA grâce au NFL Game Pass et beIN SPORTS, que d’avoir assez de monde pour aller sur les terrains français pour faire des résumés. Ce n’est pas au programme et on a tellement de choses à faire sur la NFL. Je ne suis pas sûr qu’on soit au bout. Mais après, on ne se l’interdit pas. Une année, on avait fait à la fois les demies et la finale du casque de diamant. On a aussi fait des matchs de l’équipe de France. Mais on n’est pas encore fixé pour rendre ça régulier.



L’intérêt pour le foot US est croissant en France, avec notamment un gros succès d’audience pour le Super Bowl. Comment accueillez-vous ce regain d’intérêt pour la discipline ?

Je me permets de modérer ça. Ça fait un peu plus de 10 ans que le site existe, et 10 ans qu’on me pose cette question. Dans les faits, oui elle augmente. Parce que depuis qu’ils ont les droits, beIN SPORTS proposent une très bonne couverture, où on peut voir le Redzone et pas mal de bonnes choses. Avec internet et les réseaux sociaux, on peut également suivre comme jamais. Donc oui, elle augmente, mais je ne dirais pas non plus qu’elle explose. La Chaîne L’Équipe a sorti ses chiffres et a annoncé 400 000 téléspectateurs devant le Super Bowl. Il y a 10 ans, W9 avait fait 350 000. Donc on n’a pas non plus explosé le truc. Il y a 2 ou 3 ans, TF1 avait fait quasiment 500 000.

C’était TF1, mais ces gens ne sont pas forcément restés. Ça augmente, ça progresse et on le voit. On en est les premiers bénéficiaires, et je pense que l’exposition donnée par La Chaîne L’Équipe sur les finales de conférence et le Super Bowl a bien aidé aussi. Il y a un regain de popularité, mais aussi une base de personnes qui apprécie déjà ça, mais qui a un peu lâché car c’était compliqué de suivre. Ils reviennent, car il y a plus de moyens sur le web.


On a reçu bien plus de messages que d’habitude qui nous disaient que ça fait du bien que l’émission soit là.


Quel bilan faites-vous de cette saison ?

Elle est terminée et c’est déjà une bonne nouvelle ! Il y a 6 ou 7 mois, on n’était pas sereins. On se demandait si elle aurait lieu, s’il y allait avoir des matchs qui sauteraient. Et si je mets ma casquette de directeur de la publication de TDA, je me demandais si on allait avoir des revenus. C’était un peu stressant. Donc c’est égoïste, mais le premier sentiment était personnel, de se dire « bon bah au moins elle a eu lieu ». Je suis soulagé, jusqu’à la veille du Super Bowl, j’étais stressé ! Pour parler sport, ça n’a pas été une mauvaise saison. Covid ou pas, on a eu une plutôt belle saison. Avec des histoires folles comme le nouveau sacre de Tom Brady qui fait un truc incroyable en l’emportant dans une nouvelle équipe, à 43 ans. On a vu de belles choses sur plein d’aspects. Sur le sportif, il y a eu la renaissance des Browns, les Bills qui ont monté une belle équipe, les anciens qui sont toujours là.

Pour faire aussi un lien entre la Covid et le sportif, je pense qu’on a eu de la chance quand même. Cela nous a changé les idées pendant 7 mois. Ça s’est bien passé, et ça nous ramenait un peu de normalité bienvenue, au moins tous les dimanches. On l’a ressenti aussi chez les visiteurs. On a reçu bien plus de messages que d’habitude qui nous disaient que ça fait du bien que l’émission soit là. Et qu’on leur changeait les idées, que ça faisait du bien. Et ça fait plaisir aussi. Parce qu’on est comme tout le monde, on subit le truc. Ce n’est jamais agréable d’être confiné. Donc ça fait du bien de savoir que ça fait du bien aux visiteurs !

Avez-vous été déçu par le Super Bowl ?

Oui et non. Évidemment, on aurait préféré avoir un match un peu plus serré et un peu plus fun. Après, je dis non dans le sens où ça arrive. On a été très gâtés depuis le début des années 2000. Mais ça arrive que le Super Bowl ne soit pas très bon et franchement, on en a eu des pires. Je pense notamment aux deux des Broncos, celui qu’ils perdent contre les Seahawks (2013) et celui qu’ils gagnent contre les Panthers (2015), qui étaient quand même assez affreux. Mais je veux retenir les bonnes histoires. Ça aurait pu être mieux, mais ça n’a pas été si affreux que ça.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Je n’en sais rien. Car s’il y a un an on m’avait dit que j’aurai peur de ne plus avoir de boulot en septembre à cause d’un virus, je n’y aurais pas cru. Donc 10 ans, ça me paraît tellement loin. Je ne suis pas accroché à l’idée de faire la même chose toute ma vie. Je peux me voir à plein d’endroits. J’aime bien aussi l’idée de transmettre, donc peut-être que je serais toujours sur TDA, je ne sais pas. Peut-être aussi que j’aurai transmis le bébé et que quelqu’un s’en occupera bien.

Peut-être un peu des deux, je commence aussi à avoir d’autres projets qui commencent à se former pour les mois à venir. C’est très dur à dire. Je gère ma petite entreprise qui est TDA média. Avec TDA, mais avec aussi d’autres choses à venir. Je prends un peu au jour le jour, surtout avec tout ce qui s’est passé ces derniers mois. En tout cas, j’espère que TDA sera toujours là, avec ou sans moi. Je verrai si j’ai d’autres projets ou pas.

Le mot de la fin ?

Zythum.*

*mot choisi car c’est le dernier mot du dictionnaire.

Idriss Ahamada


Passionné de sport depuis toujours, c’est tout naturellement qu’après avoir compris que je n’avais pas le niveau pour jouer à Manchester United, et pas la force nécessaire pour combattre à l’UFC que je me suis tourné vers le journalisme pour raconter les exploits et les histoires de ceux qui en sont capables. Le football, surtout quand il est joué en Angleterre, reste mon premier amour. Mais j’aime aussi veiller la nuit pour vous parler de KO et de victoires unanimes à l’UFC ou sur les rings de boxe. Mon côté fan de Wayne Rooney m’a également poussé à devenir polyvalent et à parler aussi de rugby (à XIII comme à XV) et occasionnellement de cyclisme. C’est donc logiquement que j’ai rejoint Dicodusport, pour pouvoir parler de l’actualité, sur tous les terrains.

1 Commentaire

1
Poster un Commentaire

avatar
1 Commentaires
0 Réponses
0 Followers
 
Commentaire le plus populaire
Commentaire avec le plus de réponse(s)
1 Nombre d'utilisateurs
Anis Utilisateurs récents
  S'abonner  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
Anis
Invité
Anis

Super article merci

Fil Info

Actus à la une

Nous suivre sur Facebook

Sondage

Peter Sagan, une bonne pioche pour la Deceuninck-Quick Step ?