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Championnats du monde de cyclisme sur route

Alaphilippe capitaine, Seixas la surprise : décryptage de la liste des Bleus pour Kigali

Flo Ostermann

Publié le

Alaphilippe capitaine, Seixas la surprise décryptage de la liste des Bleus pour Kigali
Photos Icon Sport

La France a dévoilé sa sélection pour les Mondiaux de cyclisme 2025 à Kigali. Autour de Julian Alaphilippe, capitaine incontesté, Thomas Voeckler a réuni un collectif mêlant expérience et jeunesse. Analyse des forces et des défis qui attendent les Bleus au Rwanda.

Ce lundi 15 septembre, Thomas Voeckler a annoncé la sélection française pour les Championnats du monde de cyclisme sur route 2025, qui se dérouleront à Kigali, au Rwanda, du 21 au 28 septembre. Première édition en Afrique, ce Mondial promet un parcours inédit et exigeant. La France mise sur Julian Alaphilippe, capitaine expérimenté, et sur le jeune Paul Seixas.

Kigali : un parcours intraitable et sélectif

Kigali va offrir un terrain de jeu unique. La course en ligne des Mondiaux 2025 au Rwanda s’annonce en effet exigeante et spectaculaire. Sur un parcours de quasiment 270 km pour une dénivelé positif record de 5 475 mètres, les coureurs devront enchaîner montées raides, descentes techniques et portions rapides au cœur des collines rwandaises. Le Mur de Kigali, pavé et court, mais redoutable, pourrait faire la sélection définitive.

La chaleur et l’altitude ajouteront une difficulté supplémentaire, favorisant les puncheurs-grimpeurs capables de répéter les efforts. Les routes sinueuses et les pentes imprévisibles offriront des occasions de multiples attaques, promettant une course nerveuse et ouverte jusqu’au bout, où expérience et fraîcheur seront nécessaires pour décrocher le maillot arc-en-ciel.

Parcours et profil de la course en ligne élites hommes des championnats du monde de cyclisme sur route 2025

Parcours et profil de la course en ligne élites hommes des championnats du monde de cyclisme sur route 2025

Julian Alaphilippe : l’expérience au service du collectif

À 33 ans, Julian Alaphilippe sera l’atout numéro un des Bleus. Double champion du monde (2020 et 2021), il reste l’un des meilleurs puncheurs du peloton. Sa récente victoire au Grand Prix de Québec a montré qu’il pouvait encore briller sur des parcours exigeants et qu’il restait capable de faire basculer la course dans les moments clés.

Son rôle à Kigali sera central : emmener le collectif, être bien placé sur les phases importantes de la course et, si possible, viser le podium. Son expérience sera précieuse sur un tracé aussi atypique et stratégique.





Paul Seixas : déjà le présent, mais surtout l’avenir

À bientôt 19 ans (il les aura le 24 septembre), Paul Seixas symbolise la relève française. Aligné à la fois sur la course en ligne et le contre-la-montre, il apportera polyvalence et audace. Sa course en ligne des championnats de France en juin dernier, longue de 214,5 km, l’a prouvé : il pourra certainement tenir la longueur, à condition de ne pas griller des cartouches trop tôt. À l’instar des Herbiers au début de l’été, où il avait été un équipier-modèle au sein de sa formation Decathlon AG2R La Mondiale, Seixas devrait être en mesure de soutenir Alaphilippe dans les moments difficiles. Le Lyonnais d’origine pourrait également profiter de situations d’échappée pour se mettre en avant.

Sa sélection montre, en tout cas, la volonté du staff de préparer l’avenir tout en donnant des responsabilités immédiates aux jeunes talents. Sur un parcours exigeant comme celui de Kigali, sa fraîcheur et sa capacité à répéter les efforts pourraient faire la différence.

Une équipe solide et équilibrée

Thomas Voeckler a construit une sélection qui combine expérience et jeunesse, capable de jouer sur plusieurs tableaux. Valentin Madouas (Groupama-FDJ), champion de France 2023, sera le lieutenant principal d’Alaphilippe. Solide et régulier, il pourra protéger le leader tout en se montrant offensif si l’occasion se présente. Sa forme reste toutefois une énigme, les courses canadiennes n’ayant pas réellement rassuré. Mais le vice-champion olympique à Paris sait répondre présent sous le maillot tricolore.

Pavel Sivakov, grimpeur robuste et endurant, sera un atout clé dans les ascensions et les moments décisifs de la course. Deuxième à Québec, le coéquipier de Tadej Pogacar est en cannes. De son côté, Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step), vainqueur d’étape sur le Tour de France, au sommet du Mont-Ventoux, offre une option supplémentaire dans les reliefs et pourrait tenter sa chance dans une échappée. Lui aussi semble en forme ascendante.

Julien Bernard (Lidl-Trek) et Jordan Jegat (TotalEnergies) endosseront, quant à eux, le rôle d’équipiers polyvalents, chargés de protéger les leaders et de contrôler le rythme de la course. La surprise de la sélection, Louis Barré (Intermarché-Wanty), fera ses débuts en équipe de France élite après une saison prometteuse et pourrait se glisser dans des coups lorsque la course s’animera.

Enfin, Bruno Armirail, en plus de Paul Seixas, défendra les couleurs françaises sur le contre-la-montre individuel et le relais mixte. Spécialiste de l’effort solitaire, le futur coureur de la formation Visma Lease a Bike pourrait jouer les premières places dans ces disciplines et offrir une médaille supplémentaire à la France. Sa bonne forme en fin de Vuelta pourrait jouer en sa faveur.

Des forces, mais aussi des incertitudes

L’équipe de France possède de nombreux atouts. Alaphilippe, leader confirmé, semble avoir, actuellement, la capacité de dicter le rythme et de faire basculer la course dans les moments clés. Les jeunes talents, Seixas et Barré, apporteront culot et polyvalence, tandis que le collectif complet permet de réagir à différents scénarios de course.

Mais certaines interrogations demeurent. La dépendance à Alaphilippe reste forte : si le capitaine connaît un jour sans, le collectif devra s’adapter rapidement, à l’instar de Pavel Sivakov l’an dernier en Suisse, lorsqu’il avait accompagné Tadej Pogacar, alors qu’Alaphilippe avait abandonné sur chute en début d’épreuve. Les conditions inhabituelles – chaleur, altitude et parcours exigeant – peuvent aussi surprendre les coureurs.

Enfin, la concurrence s’annonce féroce. Tenant du titre, le Slovène Tadej Pogacar fera logiquement figure d’immense favori. Mais des nations avec un collectif tout aussi dense pourraient également rendre la course décousue, à l’image de l’Australie (Hindley, Storer, Vine), de la Belgique (Evenepoel, Uijtdebroeks), de la Grande-Bretagne (Pidcock, Onley), de l’Italie (Ciccone, Pellizzari) et de l’Espagne (Ayuso, Soler).

Objectif podium

Après l’argent de Christophe Laporte en 2022, l’équipe de France espère renouer avec le podium sur la course en ligne des championnats du monde. La stratégie sera simple : protéger le leader, exploiter les talents de la jeunesse et rester attentif à chaque moment clé de la course. Sur un parcours aussi inédit et technique que celui de Kigali, tout reste possible, et les Bleus ont les moyens de jouer les premiers rôles. Vivement le 28 !

 

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