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Cyclisme sur route

Avant les Mondiaux, Mathieu van der Poel réalise un numéro d’un autre temps sur le Tour de Luxembourg

Maxime Cazenave

Publié le

Avant les Mondiaux, Mathieu van der Poel réalise un numéro d'un autre temps sur le Tour de Luxembourg
Photo Alpecin - Premier Tech

TOUR DE LUXEMBOURG 2026 – Resté au chaud suite à sa victoire d’étape initiale, Mathieu van der Poel a réalisé une échappée victorieuse sensationnelle sur le Tour de Luxembourg avant de prendre son envol pour le Canada.

Il y a différentes manières de préparer les Championnats du monde. Certains restent en retrait pour peaufiner leur condition à l’ombre des regards, d’autres font le choix plus évident de disputer les classiques québécoises, tandis que les derniers avalent une semaine quasi entière de course. Dans cette dernière catégorie, il y a toutefois les coureurs lambdas, et Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech).

« Je pense que ce sera un peu trop difficile« 

Ce dernier avait fait le choix de quitter la route suite à son magnifique succès sur les Champs-Élysées au Tour de France pour se concentrer sur les Mondiaux de VTT. Un objectif qu’il poursuit depuis de longues années, et qui s’est achevé par un cuisant échec le 31 août dernier. Suite à cela, le Néerlandais s’est donc reconcentré sur un autre objectif : les Mondiaux sur route de Montréal, le jeudi 24 septembre.

En l’absence de Tadej Pogačar, l’épreuve est plus ouverte que jamais, et van der Poel fait naturellement office de grand outsider pour se mêler à la bataille attendue entre les Evenepoel, Seixas, Del Toro et consorts. Sur une course de plus de 270 bornes, disposant d’un circuit à l’« ardennaise » à emprunter à 13 reprises, difficile de ne pas le citer parmi les potentiels vainqueurs, lui qui avait pris la 3e place à Zurich sur une épreuve bien corsée. Pourtant, ce dernier a botté en touche au moment d’évoquer son statut, tout en faisant la comparaison avec les Mondiaux suisses, au micro du Het Laatste Nieuws :

Je pense que le parcours est légèrement différent. Zurich comportait beaucoup de dénivelé, mais pas une seule et longue ascension comme celle de Montréal cette année. L’absence de Pogacar ne change pas grand-chose pour moi non plus. Je pense que ce sera encore un peu trop difficile.

Un parcours taillé pour les qualités de Mathieu van der Poel

Effectivement, Zurich comptait environ 4200 m de dénivelé positif, là où Montréal en propose moins de 4000. Cependant, les trois bosses présentes sur le circuit semblent taillées pour ses qualités. Que ce soit la montée Camillien-Houde (1,9 km à 7,3%), la côte de la Polytechnique (0,8 km à 4,7%) ou la côte de Pagnuelo (500 m à 0,7%).

En prime, l’ancien champion du monde a également entrepris un travail physique spécifique pour disposer d’une condition plus adaptée à la situation, comme précisé au Het Laatste Nieuws :



Comme avant les Mondiaux de Zurich, j’ai de nouveau essayé de perdre du poids. Je constate que cela fait une grande différence d’être deux kilos plus léger qu’au printemps. C’est le cas actuellement.

Une échappée victorieuse de 175 bornes en guise de préparation finale !

Au Luxembourg, Mathieu van der Poel a en tout cas montré qu’il faudrait compter sur lui, à sa manière. Lors de la 1e étape, il a placé une attaque tranchante dans la bosse finale à 10 km de l’arrivée, que seul l’étonnant Eike Behrens a tenue. S’il n’a pas prolongé son effort jusqu’au bout, cela ne l’a pas empêché d’aligner tout le monde sans un sprint en bosse.



Plus discret en milieu de semaine, il a en revanche profité de la 5e et dernière étape, proposant plus de 2800 m de dénivelé positif, pour réaliser un test grandeur nature avant de partir au Canada. Dès les 2e kilomètre, le Néerlandais a attaqué, se lançant alors dans un numéro d’un autre temps sous une météo aléatoire. Derrière lui, une échappée de six coureurs s’est formée, mais van der Poel n’en a eu cure.

Déterminé à appuyer sur les pédales, il a finalement laissé tout le monde en plan, y compris le peloton, pour s’imposer au bout d’une échappée historique de 175 km ! Pour trouver trace d’une performance similaire, il faut remonter au Tour d’Espagne 2004, et à la victoire de David Zabriskie au bout de 162 bornes en solitaire. À quatre jours des Mondiaux, aucun doute n’est permis : Mathieu van der Poel est prêt, et il faudra compter sur lui.

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