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Clara Burel en pleine renaissance : son retour après une rupture du ligament croisé, du W35 de Nice au titre à Valence

Etienne Goursaud

Publié le

Cinq mois après son retour sur le circuit, Clara Burel est en pleine renaissance
Photo Icon Sport

TENNIS – Vainqueure du WTA 125 de Valence (Espagne), Clara Burel est aux portes du top 200 mondial, quelques mois après son retour à la compétition à la suite d’une rupture du ligament croisé.

Si le tennis féminin français se cherche une patronne capable de briller régulièrement en Grand Chelem, il ne manque pas de belles histoires à raconter. Il y a eu le retour en force de Fiona Ferro, aux portes du top 100. Il y a celle de Clara Burel, vainqueure du WTA 125 de Valence ce dimanche. En Espagne, elle a remporté son deuxième titre de l’année, après son succès sur le circuit ITF à Nice. Victime d’une rupture du ligament croisé en avril 2025, elle avait vu sa carrière prendre un mauvais tournant.

Clara Burel, un retour réussi après une grave blessure

Un gros mois pour retrouver des sensations

Figure de la relève française du tennis, au même titre qu’un Hugo Gaston, et qualifiée pour le 3ᵉ tour de Roland-Garros en 2020, Clara Burel a vu sa carrière stoppée nette. En avril 2025, alors qu’elle défendait les couleurs de l’équipe de France en Billie Jean King Cup (anciennement Fed Cup), son genou a lâché. Rupture du ligament croisé. L’une des blessures les plus redoutées par les joueuses de tennis. Pour la Française de 25 ans, c’est un coup d’arrêt qui a duré un peu plus d’un an ! Contrairement à Loïs Boisson, revenue en dix mois en 2025, il lui a fallu un peu plus de temps.

Elle est revenue sur les courts le 27 avril dernier, lors du WTA 125 de Saint-Malo. Une défaite sèche contre Viktorija Golubic (6-3, 6-2), mais la Française était redevenue une joueuse de tennis. Le premier mois de son retour a été compliqué. Elle a enchaîné les défaites. Mais la FFT a décidé de lui faire confiance et lui a attribué une wildcard pour le tableau principal de Roland-Garros. Une décision qui a fait grincer certaines dents, d’autant qu’elle s’est inclinée sèchement contre Katie Volynets (6-3, 6-1).

Le déclic à Nice pour Clara Burel

C’est finalement loin des strass et des paillettes d’un Grand Chelem que Clara Burel a commencé sa remontée ! Elle a remporté le W35 de Nice au terme d’une semaine à cinq matchs et cinq victoires. Du rythme, enfin, et surtout de la confiance et des points WTA à la clé. La Tricolore n’a ensuite plus connu d’élimination au premier tour en 2026, du moins à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Elle s’est même offert un quart de finale sur le circuit principal. À la mi-juillet, elle a effectué un beau parcours à Iași (Roumanie), en WTA 250, avant de céder face à Oleksandra Oliynykova (6-4, 7-5). Elle s’est ensuite hissée en finale du W50 de Saint-Palais-sur-Mer, à la fin du mois d’août, où elle a été battue par Fiona Ferro (6-2, 3-6, 5-7). Puis est venu un quart de finale au WTA 125 de Montreux, remporté par sa compatriote. Avant cette victoire en Espagne.





Elle est aux portes du top 200 WTA

Alors qu’elle n’avait plus de points WTA à son retour, après plus d’un an d’absence, Clara Burel est la 216ᵉ joueuse mondiale ce lundi, avec 358 points. Un classement qui pourrait lui permettre d’accéder aux qualifications de l’Open d’Australie en janvier 2027, selon la liste des engagées. Elle dispose également d’un classement protégé, qu’elle avait notamment utilisé à l’US Open, où elle a été battue au 2ᵉ tour par une autre revenante, Zheng Qinwen (1-6, 5-7).

Quelles perspectives pour Clara Burel ?

Un corps à ménager

Tant physiquement que sur le plan du tennis, le retour de Clara Burel est encourageant ! Hormis son abandon dans la foulée de son titre à Nice, la Française n’a pas connu d’autre alerte notable en compétition au cours de ces cinq mois.

Néanmoins, une rupture du ligament croisé reste une blessure complexe. Pendant la convalescence, la force musculaire de la jambe touchée peut diminuer et des déséquilibres peuvent apparaître. Le travail de renforcement joue donc un rôle important dans le retour à la compétition. On a l’exemple de Loïs Boisson, qui a eu du mal à se défaire de pépins à la cuisse. Malgré une demi-finale à Roland-Garros et un titre à Hambourg, l’ancienne numéro 1 française a souvent été absente en 2025.

Ce n’est pas le seul exemple de sportive ou de sportif ayant mis du temps à se rétablir. En rugby, Romain Ntamack, victime de cette blessure en 2023, a connu d’autres pépins physiques depuis. Le tennis, comme le rugby, sollicite fortement les appuis et les changements de direction. Au tennis, les frappes de balle peuvent également placer le corps en déséquilibre. Des contraintes différentes de celles du vélo ou de la course à pied, dont les mouvements sont généralement plus linéaires.

« Chez les skieurs de l’équipe de France, 30 % se retrouvent avec une nouvelle rupture du ligament du genou opéré, et 30 % subissent une rupture du ligament de l’autre genou après l’opération. Pour les footballeurs professionnels, environ 15 % cassent à nouveau le même genou et 15 % l’autre », explique le docteur Sonnery-Cottet, spécialiste français du genou, dans un entretien à nos confrères de L’Équipe.

Clara Burel a joué chaque semaine depuis les qualifications de l’US Open. Mais elle avait observé une pause de près d’un mois sans tournoi avant le rendez-vous américain. Une gestion entre tournois, entraînement et repos.

Des tournois en fin de saison

La saison est encore longue et la Française va pouvoir disputer d’autres tournois d’ici la fin de l’année. Notamment en France, avec les WTA 125 d’Angers et de Limoges. Deux rendez-vous où elle pourrait bénéficier d’une wildcard si son classement ne lui permet pas d’intégrer directement le tableau principal.

L’occasion de continuer à engranger des points et de consolider son classement. Pour l’heure, elle bénéficie d’un classement protégé, autour de la 140ᵉ place, mais peut, en cas de bons résultats en fin d’automne, retrouver le top 150 WTA. Il lui faudrait tout de même marquer près de 130 points supplémentaires, à classement et seuil d’entrée constants. Mais dans tous les cas, Clara Burel a remis sa carrière à l’endroit. L’ancienne 42ᵉ joueuse mondiale peut viser plus haut.

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