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Coupe du monde de football 2022

Coupe du monde de football : Le sorcier Hervé Renard n’a rien perdu de sa magie

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Coupe du monde de football Le sorcier Hervé Renard n'a rien perdu de sa magie
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COUPE DU MONDE DE FOOTBALL 2022Dix ans après avoir mené la Zambie au sommet de l’Afrique à la surprise générale, Hervé Renard a une nouvelle fois frappé fort. Ce mardi, le bonhomme a offert à l’Arabie Saoudite la plus belle victoire de son histoire face à l’Argentine, invaincue depuis 36 matchs.

À force, on finit par ne plus être surpris lorsqu’un homme multiplie les exploits. Hervé Renard fait partie de cette caste absolument exceptionnelle de sélectionneurs capables de porter une équipe nationale à des sommets inimaginables, le tout en ayant connu une carrière d’entraîneur anecdotique.

Deux CAN historiques avec la Zambie et la Côte d’Ivoire

En effet, à 54 ans, le natif d’Aix-les-Bains a connu pas mal de choses au bout de vingt-trois ans de carrière sur les bancs. Une carrière hors-norme qui l’a vu tenter sa chance au sein de neuf pays différents, sans que cela ne soit tout le temps couronné de réussite. Nul n’est jamais prophète en son pays, et ça, Hervé Renard le sait bien. S’il a connu des passages concluants au sein des faibles équipes de Draguignan et Cherbourg lors de ses premières années, il s’est ensuite cassé les dents à Sochaux et Lille au milieu des années 2010. Des échecs cuisants qui lui ont permis de se reconcentrer sur ce en quoi il excelle, c’est-à-dire construire une équipe nationale capable de tout.

Entre 2008 et 2013, il gagne la reconnaissance de l’Afrique du football en réalisant l’un des accomplissements les plus hallucinants du 21e siècle. Sélectionneur de la Zambie de 2008 à 2010, puis de 2011 à 2013, il remet en route une sélection qui vivotait sur son glorieux passé. Il qualifie alors cette nation à la CAN 2012, avant de la porter à la victoire finale en déjouant absolument tous les pronostics ! S’il connaît entre-temps une mauvaise expérience en Angola (salaires impayés, problème de visa…), il prend les rênes de la Côte d’Ivoire en 2014, après une courte expérience sochalienne sans relief. Là encore, la magie opère. Comme avec la Zambie trois ans plus tôt, il emmène les Éléphants au titre, mettant ainsi fin à 23 ans d’énormes déceptions.

Puis, c’est le Maroc qui mise sur lui en 2016. Au bout de trois ans avec des résultats probants, il quitte l’Afrique du Nord sans titre. Toutefois, il ramène les Lions de l’Atlas en quarts de finale de la CAN 2017 pour la première fois depuis 2004, et met également fin à vingt ans sans Coupe du monde en permettant aux Marocains de participer à la phase finale russe de 2018. Depuis, il s’est exilé en Arabie Saoudite, et effectue un boulot remarquable.

L’Arabie Saoudite, un bloc hermétique bâti sur trois ans de travail

Si cette équipe saoudienne était destinée à quitter le Qatar dès le premier tour, il suffisait de s’attarder sur ses derniers résultats pour comprendre que cette équipe disposait d’atouts à faire valoir. En effet, sans être spectaculaire, l’Arabie Saoudite s’est imposée comme une défense hermétique, difficile à bouger. La Croatie a pu s’en rendre compte la semaine dernière en amical, l’emportant seulement 1-0. Depuis une défaite 2-0 face au Japon en début d’année, les hommes de Hervé Renard n’ont jamais concédé plus d’un but par match, pour seulement sept au total, en douze rencontres.

Malgré tout, l’Argentine partait logiquement avec un statut unanime de favorite. Forte de ses 36 matchs consécutifs sans défaite, et avec le record de l’Italie dans le viseur (37), cette dernière avait parfaitement entamé sa rencontre en menant rapidement 1-0. Mais lorsque l’on évolue face à une équipe dirigée par Hervé Renard, il faut toujours se méfier. À la pause, le sélectionneur tricolore a ainsi remobilisé ses troupes, en poussant une gueulante qui va métamorphoser son collectif. Héroïques, soudés et attentifs, les Saoudiens ont renversé le match dès le début de la deuxième période, avant de survivre jusqu’au bout du temps additionnel.

Ce dévouement total se traduit par les six cartons jaunes reçus dans les vingt-cinq dernières minutes afin de casser le rythme d’Argentins maladroits, mais aussi par cette image choc du gardien Mohammed Al-Owais, qui a littéralement déboîté la mâchoire de son défenseur Yasser Al-Shahrani pour repousser un énième centre. Au final, l’Arabie Saoudite l’emporte 2-1, et s’offre la plus belle victoire de son histoire, tout en se prenant à rêver d’une deuxième qualification en huitième de finale, 28 ans après son épopée américaine.

Salem Al-Dawsari et l'Arabie Saoudite aux anges face à l'Argentine

Salem Al-Dawsari et l’Arabie Saoudite aux anges face à l’Argentine – Photo Icon Sport

Un pas supplémentaire vers une reconnaissance totale et méritée

Longtemps caractérisé par son look de beau gosse, cheveux blonds, regard perçant et sourire Colgate, le quinquagénaire Hervé Renard s’est affirmé depuis comme l’un des meilleurs au monde dans cette fonction. Sa capacité à mettre en place des blocs compacts et cohérents, tout en impliquant son groupe en intégralité, est devenue une marque de fabrique inhérente à ses formations.

Avec déjà trois points en poche acquis face à l’épouvantail du groupe C, il permet au pays du Golfe d’être dans une position idéale avant d’aborder les deux prochaines rencontres face à la Pologne et le Mexique. Avec une qualification en huitièmes de finale, Hervé Renard confirmerait un peu plus son surnom de Sorcier Blanc qui lui colle à la peau depuis son aventure zambienne. À 54 ans, il lui reste encore de belles années devant lui. Suffisamment pour prendre un jour en main la sélection de l’équipe de France ?

Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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