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Cyclisme sur route JO 2024 : Benoît Cosnefroy, le sacrifié de la liste tricolore

Maxime Cazenave

Publié le

Cyclisme sur route JO 2024 : Benoît Cosnefroy, le sacrifié de la liste tricolore
Photo Icon Sport

JO PARIS 2024 – Il est le grand absent du quatuor sélectionné par Thomas Voeckler pour disputer la course en ligne le 3 août prochain. Auteur d’une saison record, Benoît Cosnefroy faisait partie des favoris, mais il a finalement été écarté au profit d’autres coureurs pour composer une équipe plus équilibrée. 

C’est ce que l’on peut considérer sur le papier comme une réelle surprise. Ce lundi à 16h, la liste des quatre coureurs sélectionnés par Thomas Voeckler pour les épreuves des Jeux Olympiques a été révélée. Sur ces quatre places, une était réservée à un spécialiste du contre-la-montre, capable également d’apporter énormément sur la course en ligne. Il s’agira de Kévin Vauquelin, préféré au récent champion de France, Bruno Amirail. Julian Alaphilippe, Christophe Laporte et Valentin Madouas complètent la sélection.

« Il aurait vraiment mérité d’être là »

Si les deux premiers étaient plus ou moins attendus en raison de leurs performances récentes, et de leur historique positif sous le maillot bleu, la sélection de Madouas était, elle, moins évidente. Surtout que cela signifie se passer de Benoît Cosnefroy, qui reste sur une première partie de saison étincelante. Au milieu de la razzia de victoires de la formation Décathlon AG2R La Mondiale, le Cherbourgeois s’est particulièrement illustré en raflant sept succès, tous en France, à l’exception de la Flèche Brabançonne.

Excellent puncheur, ses qualités semblaient correspondre au profil proposé à Paris avec plusieurs côtes au programme, dont la butte de Montmartre franchie à trois reprises dans le circuit final. Au micro de L’Équipe, Thomas Voeckler a préféré ne pas donner d’explication à son choix : « Je l’ai appelé pour le prévenir et j’ai eu mal au cœur. J’étais mal à l’aise, car il aurait vraiment mérité d’être là. Mais j’ai des choix à faire. Si je vous explique pourquoi, je donne des clés à la concurrence, je préfère donc ne pas justifier mes choix ».

« Je n’ai jamais eu la sensation d’être dans ses plans »

Le coureur a été prévenu il y a une semaine déjà, et a commencé à digérer la déception, comme il l’a confié à DirectVelo lundi soir : « Thomas avait ses arguments, ses raisons. Il m’a dit qu’il considérait que ce n’était pas forcément une course faite pour moi. Je fais entièrement confiance à Thomas. Il a montré par le passé qu’il a de bonnes stratégies, de bonnes analyses de course. Son palmarès en tant que sélectionneur en atteste. J’ai quand même senti qu’il était embêté au téléphone quand il a dû me l’annoncer. Mais je n’ai jamais eu la sensation d’être dans ses plans, même si je fais partie des cadres de l’équipe de France maintenant, depuis toutes ces années ».

En effet, Cosnefroy a participé à plusieurs reprises à des courses sous le maillot tricolore. Il était notamment là lors des dantesques championnats du monde 2023 à Glasgow. Mais pourquoi donc se passer cette année d’un coureur précieux lors des dernières échéances, et qui sort de la saison de sa vie ?

Benoît Cosnefroy écarté pour éviter trop de dispersion ?

La question du leadership peut évidemment être posée. Revenu à un niveau très élevé, Julian Alaphilippe a sans doute rabattu les cartes au cours des dernières semaines, notamment en réalisant un Giro de haute volée, ponctué par une victoire d’étape épique. Le double champion du monde sera sûrement l’atout numéro un des Bleus. À son relais, on peut également imaginer que Christophe Laporte sera protégé. Très solide sur le Tour, notamment lors de la 9e étape autour de Troyes, il est dans une excellente condition, capable de passer les différents talus proposés. Sacré champion d’Europe l’an dernier, il a également prouvé qu’il était capable d’être à la hauteur des attentes.

Ainsi, Kévin Vauquelin sera lui une aide précieuse pour sa découverte du maillot tricolore. Comme Valentin Madouas, ils devraient être tous deux au soutien de leurs leaders, et ont tous deux les capacités pour tenir longtemps au contact des meilleurs. Le sélectionneur a voulu souhaiter éviter les problèmes d’égos ou trop de dispersion en course en limitant les potentiels leaders. Un choix qui peut ainsi être compréhensible. D’autres coureurs auraient pu prétendre à une place à l’instar de Romain Grégoire ou Paul Lapeira, mais le quota de quatre places a contraint des choix difficiles. Et le grand perdant de cette sélection réduite sera donc Benoît Cosnefroy.

Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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