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Draft NBA 2024 : Le mois de décembre des prospects français

Tom Compayrot

Publié le

Photo Icon Sport

DRAFT NBA 2024 – Chaque année, plusieurs français tentent de réaliser leur rêve en se présentant à la Draft NBA. Et les prochaines générations sont particulièrement riches en termes de jeunes à potentiel. Celle à venir va essayer d’imiter la précédente, et ses quatre tricolores draftés menés par le phénomène Victor Wembanyama. Pour la Draft 2024, ils sont pour l’instant cinq selon les prédictions, avec un trio qui se dégage. De manière mensuelle, nous suivons la manière dont ils s’y préparent, leurs performances et leurs progrès.

Alexandre Sarr (Perth Wildcats, NBL)

  • Ses statistiques en décembre : 10.5 points, 4.0 rebonds, 1.0 passe, 0.5 interception, 1.0 contre à 58% au tir, 29% à trois points et 78% aux lancers francs, en 16 minutes.
  • Meilleure performance : 15 points, 5 rebonds, 1 passe et 2 interceptions contre Sidney (victoire 114-105).

Les mois passent et Alexandre Sarr figure toujours en tête des prédictions de draft. Le jeune français voit pourtant son temps de jeu baisser au fur et à mesure de la saison. La faute à son rôle de pivot remplaçant de Keanu Pinder, intérieur dominant qui prend beaucoup de place aux Wildcats. Le coaching staff n’a pas non plus essayé de faire jouer les deux ensemble. De quoi entraver le développement de Sarr. Alors ce dernier se concentre pour gagner en efficacité. Ces derniers matchs, il a notamment fait preuve d’un remarquable placement en attaque, pour se rendre disponible pour ses coéquipiers dont il dépend beaucoup pour marquer des paniers. Ses pourcentages ont tous augmenté par rapport au moins de novembre.

Le petit frère du joueur de NBA Olivier Sarr est aussi en train de gagner en physicalité. Il se frotte à des joueurs plus âgés et lourds que lui, mais n’a pas peur d’aller au contact pour autant. De quoi intéresser les scouts et observateurs pour la Draft. Le Français est d’ailleurs toujours en 1ère position du top 100 d’ESPN, média référence en termes de Draft. Il profite de la faiblesse de cette cuvée, étant donné que ses statistiques ne sont pas vraiment celles d’un n°1 de Draft. Il faudra surveiller son classement si ses minutes continuent à diminuer. D’autant que les prospects issus de la NCAA ne devraient pas tarder à remonter dans les prédictions, à mesure que la fin de saison et la fameuse March Madness approchent. De quoi offrir une sérieuse concurrence à Sarr.


Zaccharie Risacher (JL Bourg, Betclic Élite)

  • Ses statistiques en décembre : 11.1 points, 4.1 rebonds, 1.0 passe, 0.6 interception, 0.3 contre à 47% au tir, 50% à trois points et 83% aux lancers francs, en 23 minutes.
  • Meilleure performance : 20 points, 1 rebond et 1 interception contre Cholet (victoire 88-78).

Lui n’a pas le temps de jeu comme problème. À la JL Bourg, Zaccharie Risacher est le joueur le plus utilisé en EuroCup, et le deuxième en championnat. Après des débuts timides, il est devenu une pièce indispensable de l’effectif de Frédéric Fauthoux. L’ancien de l’ASVEL monte en puissance au fur et à mesure de la saison. Notamment dans un secteur de jeu qui est actuellement sa grande force : le tir extérieur. En décembre, Risacher a pris plus de tirs à 3 points qu’à 2 points. L’ailier est en train de devenir un tireur d’élite, surtout dans les corners où il bat des records d’efficacité cette saison (67% de réussite dans le corner gauche, 71% dans le droit selon le site spécialisé 3 Steps Basket).

Son choix de signer à Bourg-en-Bresse cet été s’avère donc le meilleur. Le fils de l’ancien joueur Stéphane Risacher a des minutes et des responsabilités comme il n’aurait peut-être pas eu ailleurs. Et dont rêve Alexandre Sarr. Il évolue aussi dans un environnement compétitif, puisque Bourg est dans le top 2 en EuroCup et en championnat. Toutes les conditions sont réunies pour qu’il progresse à toute vitesse et arrive en trombe à la Draft. Il est d’ailleurs en train de monter dans les mock drafts, qui le mettent quasiment toutes dans les cinq premiers. Son shoot seul lui garantit une place dans le haut du classement. ESPN, quant à eux, le placent en 2ème position de leur Top 100.


Tidjane Salaün (Cholet, Betclic Élite)

  • Ses statistiques en décembre : 14.8 points, 4.2 rebonds, 0.5 passe, 1.3 interception, 0.2 contre à 60% au tir, 68% à trois points et 74% aux lancers francs, en 25 minutes.
  • Meilleure performance : 24 points et 3 rebonds contre Darussafaka (victoire 97-86).

Contrairement à Risacher qui a progressé petit à petit, Tidjane Salaün connaît lui des progrès fulgurants. Au sein de l’institution Cholet Basket, il bénéficie aussi d’un environnement favorable. C’est dans ce contexte qu’il a amélioré son tir à 3 points de manière radicale : 22% en novembre, 57% en décembre. Le fruit d’un gros travail selon lui, qui s’est exprimé auprès de Ouest-France : « C’est dû au travail. Je me sens à l’aise parce que des réglages ont été faits. J’ai travaillé sur ma prise de tir, mes décisions, la gestuelle, les appuis. » Une arme primordiale dans le basket moderne qui vient s’ajouter à ses qualités physiques naturelles impressionnantes. Du haut de ses 2,06 m pour 96kg, il rivalise sans problème avec les postes 3 et 4 adultes qui s’opposent à lui. Il vient d’ailleurs d’être élu meilleur prospect du championnat par la LNB.

En décembre, Salaün a explosé les compteurs. En plus de ses 11.8 points de moyenne en championnat, il a marqué 18 et 24 points sur ses deux matchs en Ligue des Champions. Ce qui l’a fait entrer sur tous les radars des scouts et observateurs. Il est ainsi monté en flèche dans les mock drafts. Seizième du top 100 d’ESPN en novembre, il est désormais en 6ème position de celui-ci. De quoi potentiellement former un trio français dans le top 10 de la Draft, ce qui serait tout simplement une première dans l’histoire. Pour rester aussi haut dans les prédictions, il va cependant devoir montrer de la régularité sur le reste de la saison. Mais dans tous les cas, la prédiction qu’il avait faite en mai à Kyle Kuzma, disant qu’il le rejoindrait bientôt en NBA, est bien partie pour se réaliser.


Melvin Ajinça (Saint-Quentin, Betclic Élite)

  • Ses statistiques en décembre : 12.6 points, 5.0 rebonds, 0.0 passe, 0.4 interception, 0 contre à 47% au tir, 48% à trois points et 78% aux lancers francs, en 27 minutes.
  • Meilleure performance : 17 points, 3 rebonds contre contre Le Portel (victoire 88-67).

Lui aussi a réalisé son meilleur mois de la saison en décembre. Melvin Ajinça continue son bonhomme de chemin du côté de Saint-Quentin, sans faire beaucoup parler de lui. L’ailier est monté en responsabilité et est désormais le deuxième joueur le plus utilisé dans son équipe, qui pointe à la 7e place de Betclic Élite. Le tout en améliorant ses statistiques. En décembre, il s’est illustré en tirant à 48% à trois points, en prenant quasiment six shoots longue distance par match. Ce rôle de tireur d’élite, combiné à sa maturité physique, lui permet de grimper en 32ème place du top 100 d’ESPN. Il gagne des places chaque mois.


Pacôme Dadiet (Ulm, BBL)

  • Ses statistiques : 8.2 points, 2.8 rebonds, 0.6 passe, 0.4 interception, 0.0 contre à 48% au tir, 43% à trois points et 71% aux lancers francs, en 16 minutes.
  • Meilleure performance : 17 points, 4 rebonds, 2 passes contre Mitteldeutscher (victoire 107-75).

Lui aussi monte en puissance. Alors qu’on l’imaginait difficilement se faire une place à la Draft 2024 après une saison 2022/23 quasiment blanche, Pacôme Dadiet commence à voir son nom apparaître dans les prédictions. ESPN le classe pour l’instant en 47ème position de son top 100. Soit 4 places de gagnées par rapport au mois de novembre. En cause, une série de matchs à plus de 10 points dans le championnat allemand. L’arrière a su utiliser son physique élancé pour attaquer avec force la raquette. Tout en gardant un bon pourcentage sur son tir extérieur. Il est un prospect en pleine évolution qui est encore loin d’être un produit fini. Il n’est d’ailleurs même pas sûr de se présenter à la Draft cette année.


Les autres français en embuscade

Ces prospects ne seront pas les seuls candidats français à la Draft 2024. Mais ils sont pour l’instant ceux qui ont le plus de chances d’être draftés. D’autres pourront s’ajouter en fonction de leurs performances dans les semaines à venir. ESPN liste notamment Zacharie Perrin en 60ème position de son top 100. Une place qui ne sera pas suffisante pour être drafté cette année, étant donné que deux picks ont été suspendus, ne laissant que 58 sésames.

Dans le reste du top 100 figurent toujours les trois collègues de la génération 2003, champions d’Europe U20 cet été : Maxime Raynaud (79ème), Armel Traoré (80ème) et Ilias Kamardine (90ème). Le second a bondi d’une quinzaine de places au classement, grâce à ses trois double-doubles en décembre avec Blois. Ces joueurs ont globalement autant de chances d’être draftés que Dadiet et Perrin. La suite de leur saison donnera davantage d’indices sur leur sort. Il faudra aussi surveiller les matchs d‘Adama Bal (NCAA, Santa Clara) et de Mohamed Diawara (Paris, mais prêté à Poitiers en Pro B), qui peuvent aussi se faire une place.

Journaliste/rédacteur depuis mars 2017 - Amoureux de la petite balle jaune et du gros ballon orange qui traîne sa carcasse sur Dicodusport depuis 2017. Rafael Nadal et LeBron James sont les meilleurs joueurs de l'histoire.

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