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Draft NBA 2024 : Le mois de janvier des prospects français

Tom Compayrot

Publié le

Photo Icon Sport

DRAFT NBA 2024 – Chaque année, plusieurs français tentent de réaliser leur rêve en se présentant à la Draft NBA. Et les prochaines générations sont particulièrement riches en termes de jeunes à potentiel. Celle à venir va essayer d’imiter la précédente, et ses quatre tricolores draftés menés par le phénomène Victor Wembanyama. Pour la Draft 2024, ils sont pour l’instant cinq selon les prédictions, avec un trio qui se dégage. De manière mensuelle, nous suivons la manière dont ils s’y préparent, leurs performances et leurs progrès.

Alexandre Sarr (Perth Wildcats, NBL)

  • Ses statistiques en janvier : 9.0 points, 1.0 rebond, 0.5 passe, 0.0 interception, 3.5 contres à 67% au tir, 0% à trois points et 100% aux lancers francs, en 13 minutes.
  • Meilleure performance : 18 points, 2 rebonds, 1 passe et 5 contres contre Melbourne (victoire 103-91).

Il est toujours le favori pour être choisi en premier à la Draft en juin prochain. Depuis sa double-confrontation amicale contre la G-league Ignite à Las Vegas où il a explosé les compteurs, Alexandre Sarr est un prospect très populaire aux États-Unis. D’autant plus qu’il bénéficie d’une cuvée plutôt faible chez les jeunes joueurs américains. Celui qui a été décrit par Victor Wembanyama comme « un talent fou » avec « un parcours vraiment unique » est toujours en 1ère position du Top 100 des joueurs de la cuvée 2024, selon le média spécialisé ESPN. Mais sa première place est en danger. Il pourrait la perdre d’ici à la Draft, notamment au profit de ses compatriotes qui réalisent une meilleure saison que lui.

Sarr a vécu un mois de janvier assez particulier. Il n’a en effet joué que deux matchs, la faute à une blessure à la hanche contractée fin décembre qui l’a arrêté pendant trois semaines. Pendant ce laps de temps, le petit frère du joueur NBA Olivier Sarr a commencé à perdre du terrain sur ses concurrents. Avant de remettre les pendules à l’heure avec son match de retour le 27 janvier, où il a marqué 18 points, son record de la saison. Mais contrairement à ses concurrents, il ne sera pas mis en avant dans son équipe en cette fin de saison. Ses Perth Wildcats, où il a un rôle de pivot remplaçant derrière des joueurs indéboulonnables, jouent le titre de NBL. Et ne peuvent pas se permettre de faire jouer leurs jeunes inexpérimentés trop longtemps, limitant Sarr à une quinzaine de minutes de moyenne.


Zaccharie Risacher (JL Bourg, Betclic Élite)

  • Ses statistiques en janvier : 12.2 points, 3.0 rebonds, 1.3 passe, 1.0 interception, 0.3 contre à 51% au tir, 48% à trois points et 73% aux lancers francs, en 24 minutes.
  • Meilleure performance : 22 points, 3 rebonds et 1 passe contre Lietkabelis (victoire 104-71).

Zaccharie Risacher a lui une trajectoire inverse à son collègue de la génération 2005. L’ancien de l’ASVEL est en train de monter en puissance du côté de Bourg-en-Bresse. Actuellement 2e du top 100 d’ESPN, l’ailier de 2,07 m est très clairement candidat à la première place. Victor Wembanyama a été dithyrambique à son sujet : « Je ne connais personne d’aussi talentueux dans cette classe de Draft, il est tout en haut… Et puis il est bon dans tous les domaines. » Risacher est en effet un joueur complet qui est en train de gommer ses défauts un à un. Ce qui dénote d’une maturité dans son approche du jeu, et d’un bon entourage. Le choix de carrière d’aller à la JL Bourg semble avoir été parfait pour cela.

En janvier, le fils de l’ex-international Stéphane Risacher a dépassé par deux fois la barre des 20 points, en coupe d’Europe Face à Lietkabelis et à l’Aris Salonique. Il n’y était arrivé que trois fois toutes compétitions confondues avant cela. Ces festivals offensifs ont montré une nouvelle fois sa volonté d’être agressif en attaque, contrairement à ce qui avait pu être le cas en équipe de France U19 cet été, ou l’année dernière à l’ASVEL. Risacher a aujourd’hui totale confiance en ses capacités. Et il a de quoi. Cette saison, il est tout simplement… le meilleur tireur à 3 points de l’EuroCup, avec 56.6% de réussite. Son profil de tireur d’élite a de quoi séduire les franchises d’une NBA qui est aujourd’hui largement tournée vers le tir extérieur.


Tidjane Salaün (Cholet, Betclic Élite)

  • Ses statistiques en janvier : 10.1 points, 3.1 rebonds, 0.8 passe, 1.0 interception, 0.3 contre à 44% au tir, 30% à trois points et 88% aux lancers francs, en 23 minutes.
  • Meilleure performance : 20 points, 4 rebonds et 1 contre contre Boulogne-Levallois (victoire 112-83).

Lui aussi continue à grimper en flèche. 16e du top 100 d’ESPN en novembre, Tidjane Salaün a gagné 10 places depuis pour s’installer en 8e position. Son profil physique et athlétique (2,06 m pour 96kg selon les mesures de son club) correspond au prototype moderne qui est légion en NBA. Il peut même être plus dominant physiquement que ses concurrents : « Je n’ai jamais connu quelqu’un avec une telle puissance » avouait l’un de ses anciens coachs à Ouest-France. Mais au-delà de ça, Salaün est surtout en train de devenir un fin joueur de basket.

En plus de sa solidité physique et de sa combativité, le petit frère de l’internationale Janelle Salaün a commencé à sortir des grosses performances au scoring. Comme sur ce mois de janvier, où il a atteint les 16 points de moyenne en championnat avec une pointe à 20 unités contre les Metropolitans, son record. Son mois de novembre où il ne tournait qu’à 6 points de moyenne semble bien lointain. Salaün a aussi fait évoluer son tir extérieur, grâce à un long et minutieux travail avec son staff. Une somme de travail dont ne doute pas Victor Wembanyama : « Son éthique de travail et son envie de s’améliorer sont là. Je me suis déjà entraîné avec lui, donc je sais qu’on peut lui faire confiance pour s’entraîner comme jamais et progresser. » Le Français est un prospect qui a la cote auprès des scouts en ce moment, même s’il doit encore progresser dans certains domaines (rebond, aisance balle en main…).


Melvin Ajinça (Saint-Quentin, Betclic Élite)

  • Ses statistiques en janvier : 13.0 points, 4.0 rebonds, 0.0 passe, 1.5 interception, 0.0 contre à 50% au tir, 30% à trois points et 100% aux lancers francs, en 28 minutes.
  • Meilleure performance : 14 points, 3 rebonds et 1 interception contre contre Boulogne-Levallois (défaite 68-82).

Moins médiatisé que ses trois compatriotes, Melvin Ajinça continue à faire son bonhomme de chemin. Avec Saint-Quentin, il a toujours un temps de jeu conséquent bénéfique à son développement. Même s’il n’a joué que 2 matchs en janvier à cause d’une maladie passagère. Son rôle dans la 6e meilleure équipe du championnat n’a pas changé : de la défense, de la présence au rebond, et du tir à 3 points. Il est d’ailleurs dans le top 15 des joueurs ayant réussi le plus de tirs primés cette saison en Betclic Élite (38), avec un pourcentage encore instable (35%). Son coach le décrit comme un joueur « avant tout très mature, très concentré et déjà très professionnel pour son jeune âge. » Tandis que Victor Wembanyama, qui l’a longtemps affronté chez les jeunes, parle d’un des « meilleurs talents de notre génération », qui a « toujours mieux shooté que tout le monde. » Ajinça est aujourd’hui en 31e position du top 100 d’ESPN.


Pacôme Dadiet (Ulm, BBL)

  • Ses statistiques en janvier : 8.0 points, 2.6 rebonds, 0.6 passe, 0.6 interception, 0.2 contre à 59% au tir, 50% à trois points et 90% aux lancers francs, en 16 minutes.
  • Meilleure performance : 12 points, 6 rebonds, 2 passes contre Bamberg (victoire 84-76).

Pacôme Dadiet est encore en retrait par rapport à ses quatre compatriotes. Il reste un prospect peu coté, classé en 48e position du top 100 d’ESPN et qui ne figure pas dans beaucoup de mock drafts. Malgré tout, avec son club allemand d’Ulm, le jeune français gagne en responsabilités au fur et à mesure de la saison. Même en tant que remplaçant, il joue plus de minutes et gagne en productivité dans tous les secteurs. Mais rien de comparable avec ses quatre compatriotes. Dadiet peut se présenter à la Draft 2024, mais peut-être vaudrait-il mieux qu’il attende celle de 2025. Il a montré des flashs intéressants en attaque, mais probablement pas assez pour convaincre une équipe de le sélectionner au premier tour. À Ulm, il est dans un bon environnement pour son développement, mais qui nécessite du temps.


Les autres français en embuscade

Ces prospects ne seront pas les seuls candidats français à la Draft 2024. Mais ils sont pour l’instant ceux qui ont le plus de chances d’être draftés. D’autres pourront s’ajouter en fonction de leurs performances dans les semaines à venir. ESPN liste notamment Zacharie Perrin en 72e position de son top 100.

Dans le reste du top 100 figurent toujours les trois collègues de la génération 2003, champions d’Europe U20 cet été : Armel Traoré (82e), Maxime Raynaud (93e) et Ilias Kamardine (94e). Ces joueurs ont globalement autant de chances d’être draftés que Dadiet et Perrin. La suite de leur saison donnera davantage d’indices sur leur sort. Il faudra aussi surveiller les matchs des joueurs de NCAA Adama Bal (Santa Clara) et Yohan Traoré (Santa Barbara), qui peuvent aussi se faire une place.

Journaliste/rédacteur depuis mars 2017 - Amoureux de la petite balle jaune et du gros ballon orange qui traîne sa carcasse sur Dicodusport depuis 2017. Rafael Nadal et LeBron James sont les meilleurs joueurs de l'histoire.

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