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Jeux Paralympiques de Tokyo 2020

Emmanuelle Mörch : « Je suis impatiente d’en découdre ! »

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Emmanuelle Mörch  « Je suis impatiente d'en découdre ! »
Photo FFT

Engagée à la fois sur les tableaux simple et double (aux côtés de Charlotte Fairbank) des tournois de tennis fauteuil aux Jeux Paralympiques de Tokyo, Emmanuelle Mörch va tenter de réaliser le meilleur résultat possible pour sa deuxième participation. Au Japon depuis quelques jours, l’athlète française revient en longueur avec nous sur son arrivée à Tokyo, sa préparation, ou encore le développement de sa discipline.

Le grand début des Jeux Paralympiques n’a jamais été aussi près ! En effet, c’est ce mardi 24 août que la grande messe du parasport va ouvrir ses portes à Tokyo. Comme toujours, le contingent français sera bien représenté avec 141 athlètes à se présenter au départ des différentes épreuves. Engagée en tennis fauteuil sur les deux tableaux (simple et double), Emmanuelle Mörch débutera son tournoi en fin de semaine. A Tokyo depuis quelques jours, l’athlète française de 31 ans s’est confiée sur ces Jeux Paralympiques qui seront ses deuxièmes personnels, après ceux disputés à Rio en 2016.

Comment s’est passée l’arrivée à Tokyo ?

La Fédération Française de Tennis a organisé un stage de trois jours avant que nous partions pour Tokyo. Le vol s’est bien passé même si l’attente et les procédures administratives ont été longues une fois sur place. L’organisation à l’aéroport a été assez incroyable, les Japonais sont vraiment bien structurés, ce qui permet de ne pas perdre de temps.

Que penses-tu de l’organisation du village et de la prise en charge des athlètes ?

Les conditions de vie dans le village olympique sont agréables. En tant qu’athlètes, nous nous sentons vraiment en sécurité, et nous bénéficions d’une certaine liberté dans nos déplacements à l’intérieur du village. C’est vraiment top pour le moment !

Tu es engagée sur les tournois en simple comme en double. Est-ce que tu as un objectif clair en termes de résultats ?

Ce sont mes seconds Jeux Paralympiques, après ceux de Rio. Au Brésil, j’étais arrivée blessée, complètement au bout du rouleau. Je n’avais donc pas pu défendre mes chances et jouer mon tennis. Mon unique objectif ici est de tout faire pour arriver prête lors de mes matchs. Je me sens bien, impatiente d’en découdre, et prête à tout donner sur le terrain. Si je peux jouer un match supplémentaire, puis un match de plus… Progressivement, on ne sait jamais ce qui peut arriver !

En terme de préparation, quel a été ton programme ces derniers mois afin d’arriver au top à Tokyo ?

La préparation pour Tokyo a été longue. En tennis fauteuil, la qualification pour les Jeux se fait au dernier moment (il faut être dans les 24 premières mondiales trois mois avant la compétition), et j’ai dû me battre jusqu’au bout pour me qualifier. Depuis que je sais que ma place a été assurée début juillet, je me suis octroyée quatre jours de coupure avant de participer à deux tournois internationaux, dont un remporté en double en Belgique.

Combien d’heures par semaine as-tu consacré à cette préparation, que ce soit sur ou en dehors du court ?

En terme de préparation, j’ai à peu près gardé le même nombre d’heures d’entraînement par semaine que durant le reste de l’année, soit une dizaine d’heures de tennis, plus sept heures de préparation physique. J’ai été particulièrement attentive à mes phases de récupération, tout en faisant beaucoup de kinésithérapie et d’ostéopathie pour prévenir les blessures.

Cela fait plus de dix ans que tu pratiques le tennis fauteuil, par ton expérience, comment juges-tu l’évolution de cette pratique ?

Par rapport à il y a dix ans, le circuit de tennis fauteuil n’a plus rien à voir. Le niveau de jeu s’est nettement amélioré en parallèle du fait que le circuit se soit professionnalisé. Il n’est plus concevable de ne pas faire ce sport à temps plein si l’on souhaite être performante. A mes débuts, il était possible d’être dans le top 20 sans être professionnelle. Une joueuse qui arrivait pouvait rapidement progresser au classement. Maintenant, c’est très concurrentiel au niveau international. Au niveau national en revanche, c’est plus compliqué. On souffre du manque de Françaises !

Penses-tu que les efforts actuels pour son développement sont suffisants ?

Le développement du circuit international est important mais tout de même assez lent. Les tournois se professionnalisent, et il y en a de plus en plus. Malheureusement, le prize-money est encore bien trop faible dans la majorité des tournois. Très souvent, je suis en perte dès lors que je participe à un circuit international. Il m’est déjà arrivé de ne gagner que 90 dollars sur un tournoi alors que j’avais fait demi-finale en simple, et finale en double… C’est le gros point noir avec le problème de communication. Mais les deux sont liés. Si le tennis fauteuil arrive à être plus médiatisé, à toucher plus de personnes, alors les sponsors viendront et les prize-money augmenteront. C’est un cercle vertueux qu’il faut réussir à mettre en place. En qualité de sportifs, nous avons la responsabilité de montrer une image professionnelle !


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

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