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Tour de France

Entre espoirs et frustrations, on fait le bilan du cyclisme français sur le Tour de France 2026

Maxime Cazenave

Publié le

Entre espoirs et frustrations, on fait le bilan du cyclisme français sur le Tour de France 2026
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – Après trois semaines de compétition, le bilan des coureurs français sur cette Grande Boucle est globalement mitigé.

Les tops

Paul Seixas et Lenny Martinez signent chacun un Top 5 prometteur

Clairement les deux grandes satisfactions de cette édition. Respectivement 4e et 5e de cette Grande Boucle, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) et Lenny Martinez (Bahrain Victorious) ont tous deux montré qu’ils avaient l’étoffe de grands champions. Débarqué avec le statut de phénomène et des attentes immenses autour de sa personne, Paul Seixas a démontré tout son talent à seulement 19 ans.

Trop juste pour rivaliser avec l’ovni Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) et un grand Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-hansgrohe), il a finalement répondu aux attentes en se mêlant à la lutte pour le podium. Pendant que Lipowitz est parti à la faute et que les Lidl-Trek (Juan Ayuso et Mattias Skjelmose) ont flanché, il a été le seul à rivaliser avec Isaac Del Toro (UAE Team Emirates-XRG).

Trop juste pour renverser le Mexicain, Seixas a finalement craqué la veille de l’arrivée finale dans le col de Sarenne. Mais une chose est sûre : Paul Seixas est entré dans la cour des très grands en écartant définitivement les interrogations sur sa capacité à tenir trois semaines.

De son côté, Lenny Martinez (Bahrain Victorious) est progressivement monté en puissance au fil du Tour. D’abord en retrait, il a peu à peu gratté des places au classement général, jusqu’à se hisser dans le Top 5 en prenant la bonne échappée vers l’Alpe d’Huez lors de la 19e étape. Si l’on peut regretter le final de cette étape, qui lui tendait les bras, il a tenu le choc le lendemain en étant le dernier homme à suivre le trio Pogačar – Evenepoel – Del Toro dans le col de Sarenne. À 23 ans, Martinez a franchi un nouveau cap.

La confirmation de Jordan Jegat

Belle surprise de l’édition 2025, Jordan Jegat (TotalEnergies) était attendu au tournant après son étonnant Top 10. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Breton a confirmé. Pourtant, après 12 étapes, ce dernier avait lâché du lest en pointant à la 19e place, à huit minutes du Top 10.



Toutefois, cela lui a offert la latitude de se glisser dans les échappées. Ainsi, il a repris plus de sept minutes à Belfort lors de la 13e étape, avant de rééditer cette performance à Orcières-Merlette en consolidant sa 10e place grâce à plus de huit minutes reprises. Au final, il signe donc son deuxième Top 10 consécutif et permet à la formation TotalEnergies de sauver son Tour.



Valentin Paret-Peintre aura tout donné pour les pois

Il l’avait annoncé au départ de Barcelone, Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) était venu sur cette Grande Boucle avec l’intention d’aller chercher le maillot à pois, et possiblement une victoire d’étape. S’il n’a finalement obtenu ni l’un ni l’autre, le grimpeur poids plume n’aura pas ménagé sa peine. Porteur du maillot par procuration durant plusieurs jours, il aura tout tenté lors de la dernière semaine, offrant des passes d’armes épiques avec Richard Carapaz (EF Education-EasyPost).

Malheureusement, face à l’un des meilleurs grimpeurs de la planète, il a fini par céder dans les Alpes, terminant le Tour totalement lessivé. Un Tour au cours duquel il fut aussi un soutien précieux aux côtés de Tim Merlier lors des étapes de plaine. La récompense n’est pas là, mais Valentin Paret-Peintre a marqué les esprits.

La machine à rouler Baptiste Veistroffer, phénomène des deux premières semaines

Hormis les suiveurs réguliers, la France ne connaissait pas Baptiste Veistroffer (Lotto Intermarché), mais elle a appris à aimer le bonhomme. Comme à son habitude, le « sanglier » a fait ce qu’il sait faire : aller à l’avant et rouler à fond. Sous des chaleurs accablantes, il a ainsi réalisé plusieurs numéros, que ce soit en direction de Pau (5e étape), de Bordeaux (157 km) ou de Chalon-sur-Saône (12e étape).

Élu combatif des deux premières semaines, il n’a pas pesé sur une dernière semaine plus difficile et a donc vu cette distinction revenir à Richard Carapaz. Malgré tout, le garçon de 26 ans est devenu l’un des chouchous du public, et les supporters français ont déjà hâte de le revoir à l’œuvre.


Les flops

La France privée de victoire, une bien triste anomalie

Jusqu’au bout, on aura espéré cette victoire française. Hélas, elle n’est jamais arrivée. Dans un Tour où tous les vainqueurs d’étape sont d’immenses champions, les coureurs français n’ont pas su tirer leur épingle du jeu. Lenny Martinez est bien passé proche, mais il fut le seul.

Il faut dire qu’en l’absence d’un véritable sprinteur, et avec des puncheurs en retrait (Grégoire, Alaphilippe…), seuls les grimpeurs pouvaient espérer jouer la gagne. Mais même là, les opportunités ont été trop rares et les écarts au classement général n’ont fait que renforcer une concurrence déjà ardue. En conséquence, après 1926 et 1999, la France termine un Tour de France sans victoire d’étape. Frustrant.

Decathlon CMA CGM, seule équipe française à peser sur la course

La Decathlon CMA CGM a confirmé son statut de nouvelle puissance du peloton mondial. Au-delà de la victoire d’étape d’Olav Kooij et de la 4e place de Paul Seixas au classement général, la formation tricolore a pesé sur la course en s’appuyant sur un collectif extrêmement solide, avec une mention spéciale à Tiesj Benoot et Nicolas Prodhomme, excellents de bout en bout.

Hélas, on ne peut pas en dire autant des trois autres équipes françaises. TotalEnergies a sauvé les meubles dans un contexte difficile grâce au Top 10 final de Jordan Jegat, un luxe dont ne peuvent pas se targuer Groupama-FDJ United et Cofidis. Alors qu’elle comptait sur Romain Grégoire, la formation dirigée par Marc Madiot n’a rien eu à se mettre sous la dent, hormis quelques échappées sans grand relief et les Top 10 de Clément Russo.

De son côté, Cofidis a été littéralement inexistante en montagne, à l’image d’un Ion Izagirre en dedans. Les seules satisfactions restent les deux Top 5 obtenus par Milan Fretin au sprint à Nevers et à Chalon-sur-Saône.

Le champion de France Romain Grégoire en retrait

Fraîchement sacré champion de France, Romain Grégoire (Groupama-FDJ United) représentait l’une des meilleures chances de victoire française cette année. Sa 7e place à Barcelone, dès la 2e étape, avait été encourageante, mais il s’agira finalement du seul Top 10 obtenu par le Français. Semblant lessivé dès la première semaine, il avait achevé la 6e étape en larmes, à plus de 40 minutes de la tête de course.

S’il a retrouvé des sensations au fil des jours, il n’a jamais trouvé les jambes qui font de lui un outsider sur les plus grandes courses. Incapable de peser dans les trois échappées qu’il a intégrées, il quitte ce Tour en étant l’une des grandes déceptions.

Kévin Vauquelin passe à côté de son Tour

D’autres noms pourraient être cités, mais impossible de ne pas s’attarder sur le cas de Kévin Vauquelin (Netcompany INEOS). Initialement venu pour jouer le classement général au sein d’une équipe disposant de plusieurs excellents grimpeurs, le 7e de la Grande Boucle 2025 a rapidement déchanté.

Relégué à plus de 20 minutes dès la fin du premier week-end, il a ensuite dû évoluer en marge du classement général, ce qui l’a conduit à prendre plusieurs échappées. Malheureusement, il est toujours tombé sur plus fort et a dû se contenter de 6es places à Foix (4e étape) et à Belfort (13e étape). Un bilan bien en deçà des attentes suscitées par son excellente édition 2025.

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