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G-League, NBL, Overtime Elite : Les moyens d’accéder à la Draft NBA se multiplient

Tom Compayrot

Publié le

Photo Icon Sport

NBA – Chaque année, 60 jeunes joueurs sont draftés en NBA. Alors qu’ils étaient principalement américains au départ, aujourd’hui, les profils se diversifient et viennent du monde entier. Les moyens d’accès à la Draft se multiplient aussi. La cuvée française pour 2023 en est la preuve, puisque tous viennent d’un championnat différent.

G-League, NBL, Overtime Elite… Des championnats en développement

Le basket est un sport qui prend de plus en plus d’ampleur. Son excellente médiatisation dans le monde pousse de plus en plus de jeunes à se tourner vers ce sport. Ils sont donc plus nombreux à atteindre le niveau professionnel et rêver de NBA. Et les options pour les aider à y parvenir se multiplient. Historiquement, la NCAA a toujours été la voie principale pour accéder à la grande ligue. Les meilleurs joueurs de l’histoire ont d’abord performé sur le circuit universitaire avant d’aller chez les grands. Depuis le début des années 2000, le basket européen s’est aussi ajouté au débat en formant d’immenses joueurs comme Dirk Nowitzki, Pau Gasol ou Tony Parker. Ce qui a quelque peu chamboulé la NBA.

Mais très récemment, des nouveaux championnats sont venus concurrencer ces deux mastodontes dans la quête des meilleurs prospects. Avec un argument de choix : un salaire pour les joueurs, ce qui est interdit en université. Dans ces nouveaux venus, on compte d’abord la G-League, et plus particulièrement l’équipe Ignite. Celle-ci, fondée en 2020, a drafté six joueurs sur les deux dernières Drafts, dont trois dans le Top 10 (Jalen Green, Jonathan Kuminga et Dyson Daniels). Dans ce championnat « réserve » de la NBA, les jeunes prospects de l’Ignite affrontent des adultes confirmés, en recherche eux aussi d’une place dans la grande ligue. La compétition y est féroce.

Le principe est le même pour la NBL, le championnat professionnel australien, qui attire chaque année plusieurs jeunes. L’année dernière, les Français Ousmane Dieng et Hugo Besson y ont fait leurs gammes et ont obtenu leur place à la Draft NBA (11ème et 58ème).

Enfin, petit dernier de la liste : l’Overtime Elite. Créée l’année dernière, cette ligue américaine très médiatisée accueille quelques dizaines de joueurs de 16 à 20 ans. Répartis dans plusieurs équipes, ils s’affrontent entre eux ainsi que contre d’autres académies et lycées américains. Les prospects de l’Overtime Elite sont, comme les jumeaux Amen et Ausar Thompson (annoncés dans le Top 10 de la prochaine Draft), soigneusement sélectionnés. Le but étant d’accroître leur popularité et leur visibilité en vue de la Draft.

Les Français font figure de pionniers

Dans chacune de ces ligues, des jeunes Français sont présents. Biberonnés à la culture basket américaine, ils y sont souvent comme des poissons dans l’eau. Et se font largement remarquer auprès des scouts et observateurs. C’est le cas de Sidy Cissoko (18 ans), qui est devenu le premier Européen à intégrer l’équipe G-League Ignite. L’arrière français y évolue aux côtés de Scoot Henderson, projeté n°2 de la prochaine Draft, et marque 10 points de moyenne. Rayan Rupert (18 ans), annoncé au premier tour de la prochaine Draft, est lui parti en NBL, pour évoluer dans la même équipe néo-zélandaise que Besson et Dieng la saison dernière. Enfin, Alexandre Sarr est le premier Français à avoir fait le choix de l’Overtime Elite. Âgé de 17 ans, ce pivot de 2m16 – frère d’Olivier – vise la Draft 2024.

Les quatre principaux prospects français pour la Draft 2023 évoluent donc dans des championnats différents. Tandis que Cissoko et Rupert ont fait des choix originaux, Yohan Traoré (19 ans) passe lui par le circuit NCAA, comme beaucoup avant lui. L’intérieur de 2m08 joue une quinzaine de minutes de moyenne dans l’université renommée d’Auburn. L’inévitable Victor Wembanyama (18 ans) est en fait le seul à être resté en France et même en Europe. Ces jeunes seront donc formés différemment et face à une adversité inégale. Ils ont fait des choix réfléchis avec un objectif évident : être le mieux placé possible à la Draft NBA.

L’importance du temps de jeu et des responsabilités

Avant de penser long terme, ces jeunes pensent à la Draft. Accéder à la NBA est pour la plupart un rêve chéri depuis l’enfance. Alors ils mettent tout en œuvre pour y arriver, bien poussés par leurs agents. Cette stratégie se traduit par le choix de championnats où l’adversité est plus faible. Toutes les ligues citées plus haut sont dans ce cas. Les compétitions européennes comme l’EuroLigue, au contraire, sont délaissées par les prospects européens alors qu’elles sont très formatrices. Le but est plutôt d’avoir un gros temps de jeu dans un championnat faible, afin de noircir la feuille de statistiques et d’impressionner les scouts.

Le choix fait par Victor Wembanyama cet été s’inscrit parfaitement dans cette logique. Alors qu’il était installé à l’ASVEL et aurait pu « défoncer l’EuroLigue comme Luka Doncic » selon les mots de Tony Parker, il a préféré déménager du côté des Metropolitans de Boulogne-Levallois. Un environnement moins exigeant et plus propice à son explosion. Il n’y joue aucune compétition européenne à part le championnat français. Il est aussi l’option n°1 de l’équipe, puisque tous les ballons passent par lui. C’est pourquoi il a plus que doublé ses statistiques par rapport à la saison dernière (9 à 22 points de moyenne). Tout le club s’est mis à son service, que ce soit sportivement ou médiatiquement. De quoi le mettre dans les meilleures dispositions pour rafler le premier choix de la prochaine Draft.

Victor Wembanyama

Victor Wembanyama – Icon Sport


Journaliste/rédacteur depuis mars 2017 - Amoureux de la petite balle jaune et du gros ballon orange qui traîne sa carcasse sur Dicodusport depuis 2017. Rafael Nadal et LeBron James sont les meilleurs joueurs de l'histoire.

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