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Harold Mayot : « J’ai failli ne plus jamais jouer au tennis »

Tom Compayrot

Publié le

Harold Mayot « J'ai failli ne plus jamais jouer au tennis »
Photo Icon Sport

ATP Challenger 2022 – Actuellement 258ème mondial à 20 ans, Harold Mayot (son profil détaillé ici) est un des espoirs du tennis français. Ancien n°1 chez les Juniors, il revient de deux années très compliquées, entre blessures et perte de motivation. Présent au Challenger de Brest cette semaine, il est revenu pour Dicodusport sur la « période la plus dure de sa vie. »

Harold, avec le Covid puis les blessures, les années 2020 et 2021 t’ont un peu coupé dans ton élan non ? Sur Instagram, tu avais parlé de la « période la plus dure de ta vie. » Comment tu as vécu tout ça ?

Oui, début 2020, j’ai été mis en avant après mon titre à l’Open d’Australie [Juniors]. Dans les Challengers, on me programmait le soir pour que les gens puissent venir me voir. On entre dans un autre monde, on n’est plus le petit joueur qu’on était avant. J’ai apprécié ces moments-là. Et après il y a eu le Covid, qui a touché tout le monde.

La blessure est arrivée quand ? Après ça ?

La blessure est arrivée 3 mois après la « fin » du Covid [octobre 2020]. Donc j’ai pu rejouer entre-temps, c’est là où j’ai joué Roland-Garros, mais je me suis blessé au mollet après ça. Et c’est en faisant ma rééducation du mollet que je me suis blessé à la main. Et là, la blessure a été extrêmement longue. Parce que là, on passe de la pépite du tennis français au mec qui ne jouera peut-être plus jamais.

Les médecins t’ont dit ces mots ?

Oui. C’était extrêmement compliqué, parce que quand j’ai fait ma chute à vélo, j’étais presque content d’être encore en vie. C’était une chute énorme. Je ne suis jamais remonté sur un vélo depuis. J’étais en descente à plus de 50 km/h et j’ai voulu monter sur le bateau d’un trottoir. Ma roue arrière a glissé et je me suis tapé un mur. Donc j’étais content d’être en vie, heureusement que j’avais le casque. Après, on pensait que mon ligament [de la main] allait se refaire tout seul en l’immobilisant. Donc j’ai eu 8 semaines d’immobilisation.

Mais sans circulation du sang, la cicatrisation ne peut pas se faire. Donc après ces 8 semaines, les médecins m’ont dit que c’était pire qu’avant. Donc il y a eu opération. C’est une opération qu’ils font très peu, parce que les gens peuvent vivre avec cette blessure.

Mais pour être compétitif au tennis, ce n’était pas possible ?

Voilà, ils n’opèrent pas les gens qui ne font pas de sport de haut niveau. Du coup, c’est un des meilleurs chirurgiens de France qui m’a dit que je pouvais faire l’opération. Mais il y avait 1 chance sur 2 que je ne revienne pas, parce que ce sont des opérations à risque. Je me suis dit de toute façon c’est soit ça, soit à 25 ans je vais avoir de l’arthrose à la main… Et il y a une vie à vivre après, il n’y a pas que le sport.

L’opération s’est bien passée ?

Oui, je l’ai faite et ça s’est bien passé. Mais vu que je n’avais plus le tennis en tête, c’était compliqué. J’étais seul à Paris, heureusement mon meilleur ami était là. Mais il était étudiant, donc j’ai commencé à avoir une vie étudiante avec lui, j’ai commencé à sortir.

Tu t’es un peu éloigné du tennis ?

Oui, complètement, je n’étais plus du tout dedans. J’ai eu un retour à la réalité parce que j’ai eu une vie de mec normal en fait. J’ai perdu mon rythme de sportif. C’est finalement après, quand j’ai commencé la rééducation, que je me suis remis dedans. Mais ça a été extrêmement dur.

Et comment as-tu trouvé la motivation pour revenir ?

En fait, je pensais que je pourrai ne plus jamais rejouer. Donc, quand on m’a dit que finalement, ça allait se faire, ça m’a remotivé. Pendant six mois de pause, tu as le temps de réfléchir à des choses. Avoir une vie différente, ça te ramène à ce que tu veux vraiment être et faire. Est-ce que le matin, tu as vraiment envie de te lever pour aller en boîte de nuit le soir ? Ce n’était pas vraiment mon truc. J’ai préféré essayer de revenir à fond.

Et depuis quelques mois, ça va mieux pour toi niveau tennis. Tu as fait ta première finale de Challenger cet été à Tampere (Finlande).

Ça va un peu mieux, oui. J’avance petit à petit. J’ai clairement tourné la page de ces deux années.

Ton changement de coach cet été [de Thierry Tulasne à Jérôme Potier] a aussi aidé à tourner la page ?

Non pas forcément, parce que j’étais très proche de Thierry. C’est un peu comme mon père et mon meilleur ami. C’est une personne de qui j’étais extrêmement proche, donc c’était très douloureux. Mais c’est peut-être encore une fois une dure expérience qui m’a permis de donner le meilleur de moi-même après, pour essayer de faire mieux. C’est peut-être un mal pour un bien au fond.

Journaliste/rédacteur depuis mars 2017 - Amoureux de la petite balle jaune et du gros ballon orange qui traîne sa carcasse sur Dicodusport depuis 2017. Rafael Nadal et LeBron James sont les meilleurs joueurs de l'histoire.

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