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Jérémy Péglion – QI Basket : « On est sur une niche de gens qui ne suivent pas la NBA juste pour les résultats »

Idriss Ahamada

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Jérémy Péglion - QI Basket : « On est sur une niche de gens qui ne suivent pas la NBA juste pour les résultats »
Visuel Dicodusport - Photo NBA

Nouveauté chez Dicoduport, une rubrique qui part à la découverte de médias sportifs indépendants, souvent spécialisés, et tous avec leur propre identité. Pour ce nouvel épisode, nous avons rencontré Jérémy Péglion, fondateur de QI Basket.

Présentez-vous et votre média en quelques mots.

Je suis Jérémy Peglion. J’ai créé QI Basket en novembre 2016. C’est un média complètement amateur. L’idée était de proposer des articles de fond, aussi bien sur l’histoire du jeu, que sur le business ou le coaching… Donc prendre des gens qui aimaient autant le basket et la NBA qu’écrire. Et qui soient donc sur un format d’article comme on en trouve assez peu sur le basket en France. Cela permet aussi d’aller plus au fond des choses, et de ne pas faire que des news. Mais plutôt, du traitement, de la réflexion et de l’opinion,

Quel est votre trafic aujourd’hui ?

C’est variable. Mais sur des mois classiques, on est à 12-15 000 utilisateurs uniques par mois.

Et votre communauté sur les réseaux sociaux ?

On est plus de 13 000 sur Twitter. Sur les autres, c’est assez anecdotique. On a raté le virage Facebook. On a aussi une chaine YouTube qui n’est pas très active pour le moment. Nous avons pour projet d’enfin s’y mettre. Mais autant YouTube que Twitch sont pour le moment uniquement des projets en cours.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce site ?

À la base, je suis fan de NBA depuis 2010 et j’aime bien écrire. J’ai créé un blog personnel en 2015 sur lequel je parlais surtout de business et du management en NBA. Je me suis rendu rendu compte que je prenais du plaisir à le faire. Mais que en solo, ça manquait un peu d’émulation. Donc je me suis dit que je ne devais pas être le seul dans ce cas. Et également pas le seul à me dire que j’aimerais partager mon avis sur certaines choses, sans avoir la plateforme pour le faire. Alors j’ai essayé de réunir des gens qui le faisaient.

Au début, on proposait d’envoyer les articles, et on ne conservait que ceux qui nous semblaient de qualité, autant en termes de plume que d’analyse. Mais voyant qu’on était quand même un petit site et qu’on n’avait pas la visibilité pour se permettre ce genre de choses, on a monté notre propre équipe à partir de 2017. Et on avait cette envie de mettre en avant des gens qui avaient la faculté, autant dans le story-telling que dans l’analyse basket, à aller au fond des choses. Et c’est comme ça qu’on a constitué un groupe qui tourne depuis 4 ans. Avec des arrivées, mais qui garde quand même les mêmes cadres.

Votre site parle pour l’instant assez peu de basket européen. Comptez vous étoffer cette partie à terme ?

On a quelqu’un qui s’occupe de l’Euroligue. On fait un petit EuroHebdo toutes les semaines qui met en avant l’actualité. Et de temps en temps, quelques points sont aussi abordés de manière précise. Après, j’avoue qu’on reste plutôt basket américain. On n’a pas forcément la faculté comme des sites professionnels à suivre toutes les équipes et faire des articles sur elles pendant l’année.

Notamment parce que nos formats, c’est du 7000-8000 mots et ça prend du temps. Ce genre de traitement ne peut pas se faire en toutes circonstances, et on n’est pas assez pour le faire. On est tous étudiants ou on a un métier à côté. On reste centralisé NBA. Et si on doit avoir une extension, c’est plutôt vers la NCAA (basket universitaire américain) qu’on regardera.

Vous avez monté un gros projet communautaire et participatif nommé « Le Cercle ». Pouvez-vous nous le présenter en détail ?

Quand QI Basket s’est construit, on avait beaucoup de relations avec les comptes fans de franchises NBA sur Twitter. On savait déjà qu’ils avaient cette volonté de se rassembler. C’était un projet qui revenait tous les ans mais qui ne se faisait jamais. Et puis le jour où ils ont décidé à quoi ça pourrait ressembler, ils avaient 2 choix : soit quitter leurs sites et se rassembler sous un même endroit. Soit se rassembler sous un portail commun qui leur permet à la fois de garder leur site et leur liberté. Et puis d’avoir quelque chose de commun qui les rassemble.

C’est dans ce contexte qu’ils nous ont choisis. Car on avait la structure pour les accueillir, et qu’on avait de bonnes relations avec eux depuis plusieurs années. Donc ça semblait plutôt naturel. L’idée est de les rassembler sur un portail et d’ouvrir la voie à des initiatives. Comme par exemple le live caritatif qui a été reproduit cette année, et qui avait été fait pour la première fois en avril 2020. L’idée est là, rassembler tous les fans NBA amateurs sous le même drapeau.

Vous produisez également des articles tactiques, comme par exemple le dernier sur le spacing. Est-ce que le public est réceptif à ce genre de format ?

Quand on s’est lancé, on savait qu’on ne serait pas un site à très grande audience. Je pense qu’on est sur une niche de gens qui ne suivent pas la NBA juste pour les résultats. Mais plutôt des gens qui ont envie d’aller plus loin sur le jeu. Donc oui, c’est réceptif car il y a des gens qui partagent cette envie et qu’on sent un engouement autour de ce genre d’articles.

Évidemment, on n’a pas la portée des gros médias. Et on n’a pas non plus un public aussi large que sur des articles plus simples, mais qui font l’actualité. Et qui sont plus faciles d’accès pour une personne qui s’intéresse à la NBA sans pour autant être un très grand fan.

Comment vous positionnez-vous par rapport à TrashTalk ? Vous les voyez comme un simple concurrent ou comme un tremplin, car eux aussi participent à la médiatisation de la NBA en France ?

C’est compliqué à dire. Je pense qu’ils représentent la manière majoritaire de consommer le basket. Et peut-être quasiment l’unique, car il n’y a pas d’alternative à des sites comme TrashTalk. Je pense qu’ils sont sur la même ligne éditoriale que Basket USA qui était le géant avant TT. Ils sont vraiment dans ce format de news, et de discussions un peu triviales autour du basket.

Donc je pense que c’est plus un tremplin, dans la mesure où ils participent à développer l’image du basket en France. Même si ce n’est pas l’image que nous, on essaie de développer. Hors USA, il n’y a pas de sites qui vont aborder le basket comme nous on le fait. Par exemple, aux États-Unis, il y a des sites comme The Athletic, qui vont plus loin, avec beaucoup d’analystes. En France, ça n’existe pas.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

De base, on s’est lancé sans objectif. On faisait ça, sans savoir si c’était juste une passade ou si on allait se développer à long terme. Se dire que ça fait plus de 4 ans, c’est presque étonnant. On est arrivé plus loin que des choses qu’on imaginait à la base. Maintenant, où sera-t-on dans 10 ans… À l’époque où on a lancé le site, on était tous étudiants. Aujourd’hui, on a des vies professionnelles et on se rend compte que c’est plus dur de concilier les deux en même temps. Donc qu’on soit toujours là, et qu’on arrive à avoir plus de personnes qui aiment le basket et la NBA comme nous on l’aime.

Pourquoi pas avoir une équipe plus large aussi, une audience plus importante, et la capacité à aller sur des formats qu’on ne peut pas faire aujourd’hui. On ne fait pas de live, on fait très peu de vidéos. On essaie aussi de revenir à un format d’articles assez technique et on souhaite le généraliser. Donc ça serait bien d’arriver à faire à plus gros volume ce qu’on fait aujourd’hui.

Le mot de la fin ?

On est un site qui a envie de faire de la qualité et qui a envie de partager sa passion. On a la chance d’être un groupe de passionnés et on a vraiment envie de partager ça avec ceux qui aiment le basket, comme nous. Que tous les gens qui ont ce genre de kiff se lancent. Parce que franchement, c’est du plaisir, et c’est cool de partager une passion qui est populaire aujourd’hui en France. Mais qui ne l’est peut-être pas tant que ça au final. Donc let’s go !

Idriss Ahamada


Passionné de sport depuis toujours, c’est tout naturellement qu’après avoir compris que je n’avais pas le niveau pour jouer à Manchester United, et pas la force nécessaire pour combattre à l’UFC que je me suis tourné vers le journalisme pour raconter les exploits et les histoires de ceux qui en sont capables. Le football, surtout quand il est joué en Angleterre, reste mon premier amour. Mais j’aime aussi veiller la nuit pour vous parler de KO et de victoires unanimes à l’UFC ou sur les rings de boxe. Mon côté fan de Wayne Rooney m’a également poussé à devenir polyvalent et à parler aussi de rugby (à XIII comme à XV) et occasionnellement de cyclisme. C’est donc logiquement que j’ai rejoint Dicodusport, pour pouvoir parler de l’actualité, sur tous les terrains.

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