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JO : Ils ont obtenu la première médaille de leur pays… Alessandra Perilli (Saint-Marin)

Victor Clot-Amiot

Publié le

JO Ils ont obtenu la première médaille de leur pays... Alessandra Perilli (Saint-Marin)
Photo Icon Sport

JO 2024 – Alors que les Jeux Olympiques de Paris approchent de plus en plus, Dicodusport vous propose de revenir sur une série de performances notables. Durant les prochaines semaines, vous découvrirez l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont pour point commun d’avoir offert à leur pays la première médaille olympique de son histoire.

33 000 habitants ! Soit autant qu’une ville comme Montluçon. Et pourtant ! Saint-Marin, plus connu pour son circuit de Formule 1 ou pour les railleries envers son équipe de football dont la dernière victoire remonte à… 2004, a réussi l’exploit de devenir, lors des Jeux Olympiques de Tokyo, le plus petit État, en nombre d’habitants, à obtenir une médaille olympique. Les mots ont un sens, alors il convient de rectifier ! Saint-Marin n’a pas décroché une médaille, mais trois ! En quelques jours, la délégation ciel et blanc a ramené trois breloques, alors qu’elle n’en avait pas obtenu une seule au cours des quatorze éditions auxquelles elle avait participé auparavant !

En une semaine, le petit territoire enclavé au sein de l’Italie a donc basculé dans une sorte de réalité alternative où soixante ans d’un néant olympique ont été balayés, oubliés d’un revers de la main. Le micro-État a fait tout aussi bien que l’Argentine (une médaille d’argent, deux de bronze). Cette réalité alternative – pourtant bien réelle – nous allons y revenir.

Une médaille de bronze… pour commencer !

Les plus chauvins des Saint-Marinais avaient coché la date du 29 juillet 2021 depuis longtemps. Ce jour-là se déroulait la finale du trap féminin, également appelé fosse olympique. Alessandra Perilli était alors, pour ainsi dire, la sportive au plus grand palmarès sans doute, dans son pays. Aux Jeux, elle était passée proche d’une énorme sensation déjà, à Londres en 2012. Finalement quatrième au terme d’un barrage pour déterminer les 2e, 3e et 4e places (la Française Delphine Réau-Racinet finissant 3e), elle était éliminée prématurément quatre ans après, à Rio. Sur les championnats du monde, là encore, le podium lui échappait, mais elle restait sur une quatrième place en 2019, lui permettant d’aborder ces Jeux comme une outsider solide.

Si ces résultats ne gagent pas pour autant de sa réussite à venir, les espoirs de ses supporteurs reposaient surtout sur ses résultats en Coupe du monde. Perilli comptabilisait alors 13 podiums individuels depuis 2009, dont cinq victoires, et restait notamment sur un sacre lors de l’étape de Lonato quelques semaines auparavant, au mois de mai. Alors que la porte-drapeau de la Sérénissime république de Saint-Marin en 2012, ne se hisse sur le podium neuf ans plus tard, n’avait rien d’une surprise. La tireuse de Borgo Maggiore, l’un des neuf castelli de Saint-Marin, décrochait le bronze, à distance des deux premières, la Slovaque Zuzana Rehák-Štefečeková et l’Américaine Kayle Browning. Finalement, sa principale concurrente était l’Australienne Laetisha Scanlan qu’elle parvint à dépasser sur la troisième salve de la finale, afin de valider la médaille.

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L’argent pour continuer !

Récompensée, Perilli n’en avait pas pour autant terminé avec ses Jeux. Effectivement, l’épreuve mixte se déroulait le surlendemain. Du bonus donc pour la tireuse, mais pas pour son coéquipier. Gian Marco Berti, engagé chez les messieurs deux jours auparavant, s’était manqué en individuel. Seulement 18e des qualifications, le tireur de 38 ans posait son arme et devait regarder les six finalistes depuis les tribunes. À la différence de sa compatriote, Berti était à sa place dans la hiérarchie : lui ne comptabilisait qu’une seule victoire en Coupe du monde en individuel.

Dans l’épreuve mixte, il s’était également imposé, deux ans plus tôt avec Perilli, lors d’une Coupe du monde en Finlande. Ainsi, les deux tireurs avaient quelque chose à jouer pour la première apparition de l’épreuve mixte au programme olympique. Auteurs d’une carte de 148 en qualifications (74 pour Perilli, 74 pour Berti), la paire saint-marinaise réalise le même score que l’Espagne, établissant alors le premier record olympique de la discipline.

En finale, malgré une performance solide de Perilli (23/25), Berti, plus friable, échoue à abattre ses plateaux d’argile à sept reprises. L’Espagne s’impose d’un plateau, 41 à 40, grâce à une performance remarquable d’Alberto Fernández (24/25). Saint-Marin remporte néanmoins la deuxième médaille olympique de son histoire en trois jours.

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Et le bronze pour finir !

La bascule dans l’irrationnel intervient le 5 août. Que Saint-Marin décroche une médaille au tir, passe encore. Une deuxième ? C’est phénoménal. Mais quid d’une troisième, dans un tout autre sport ? C’est pourtant ce qui se produisit. Elle est à mettre au crédit de Myles Amine, Américain de naissance, mais d’origine libanaise par son grand-père et saint-marinaise par son arrière-grand-père.

Formé dans les rangs de l’Université du Michigan et de son équipe de lutte, les Michigan Wolverines, passé par la célèbre NCAA, le lutteur décide de représenter le petit pays en 2019. Cette naturalisation lui permet d’ailleurs de disputer dès cette année les Jeux Européens, qu’il achève à la troisième place dans les -86 kg. Porte-drapeau de la délégation, avec la nageuse Arianna Valloni, Amine s’incline en quarts de finale contre l’Américain David Taylor qui deviendra champion olympique. Or, la lutte offre une possibilité que d’autres sports envieraient. En effet, quiconque s’incline contre l’un des finalistes est automatiquement reversé dans un tableau de repêchage afin de combattre pour le bronze. Le jeune naturalisé en profite et s’impose finalement dans le combat pour la médaille contre l’Indien Deepak Punia.

Si Saint-Marin achève ces Jeux à une anonyme 72e place au tableau des médailles, l’essentiel est ailleurs. Rentré fanny de toutes les éditions qu’il a disputées, le petit territoire enclavé à réaliser une prouesse immense. Des cinq sportifs engagés dans la délégation, trois d’entre eux ont rapporté une médaille au retour du Japon ! Peu de nations ne peuvent se vanter d’un tel ratio !

Passionné de sport depuis toujours, un jour à l'adolescence mes parents m'ont dit : "quitte à passer ton temps à regarder du sport, au moins va le voir en vrai" ! Depuis, cette remarque ne m'a plus quitté et je passe une grande partie de mon temps libre à assister à des compétitions de tous sports. Je mêle d'ailleurs mes deux passions, le sport et les voyages afin de faire une pierre deux coups ! Outre l'US Open ou l'Euro 2021 par exemple, j'ai assisté cet été aux Mondiaux d'athlétisme à Budapest. Mon plus gros coup dur est et restera les JO 2020-2021 pour lesquels j'avais réservé 17 épreuves. La suite, vous la connaissez...

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