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Hockey sur glace

Ligue Magnus : La diffusion de Fanseat, plaie béante pour le hockey sur glace français

Maxime Cazenave

Publié le

Ligue Magnus  La diffusion de Fanseat, plaie béante pour le hockey sur glace français
Photo Icon Sport

Ligue Magnus 2022-2023 – Être fan de hockey sur glace en France n’est clairement pas une sinécure. C’est une évidence, le palet n’a pas le même retentissement dans notre pays que les ballons ronds ou ovales. Mais cela signifie-t-il que l’on doit forcément se contenter d’un service foireux indigne de la télévision analogique du siècle dernier ?

Ce vendredi, la grogne s’est de nouveau fait ressentir sur les réseaux sociaux, la faute à une retransmission des rencontres apocalyptique. Cette grogne est justifiée, et ciblée contre le détenteur des droits, Fanseat.

Des problèmes techniques récurrents

Diffuseur depuis 2016, et sous contrat jusqu’en 2024, ce dernier est constamment critiqué depuis son entrée dans le hockey français. Il faut dire qu’il y a de quoi être en rogne contre un service proposé pour 9,99€ par mois. A ce prix là, le client a le droit de bénéficier d’un minimum de qualité et de confiance. Mais comme toujours, ce magnifique sport voit son honneur être totalement bafoué par les problèmes techniques lassants et récurrents qui gangrènent quasi systématiquement les diffusions.



Ce vendredi, les abonnés qui ont tenté de suivre les matchs à Amiens et Rouen ont de nouveau eu droit à l’affreux quotidien offert par la plate-forme de streaming. C’est-à-dire des coupures d’image et de son constantes, enlevant le plaisir de suivre tranquillement un match. Déjà que l’unique caméra automatique permettant de suivre le cours du jeu est souvent larguée, et manque parfois des actions de jeu cruciales (occasions, pénalités, buts…), il y a de quoi s’arracher les cheveux.



La communauté hockey désabusée

Certes, Fanseat permet d’avoir accès à l’intégralité des matchs de Ligue Magnus, ce qui est une révolution depuis son arrivée sur le marché en 2016. Ce débarquement dans le paysage hockey a donc été une bénédiction, et les fans ont longtemps accepté les problèmes de retransmission. Quand on part du néant absolu, il est toujours plus évident d’accepter des contre-temps. Mais au bout de la septième saison, le ras-le-bol est devenu global. D’autant plus que la plate-forme semble n’en avoir plus rien à faire, comme de nombreux fans frustrés l’ont partagé sur les réseaux sociaux. Réactives auparavant, les équipes de Fanseat se terrent aujourd’hui dans le silence face aux plaintes constantes, laissant les bénévoles assignés aux différentes patinoires jouer les équilibristes au milieu d’un véritable bourbier technique.

Au cœur de cet imbroglio, la Fédération Française de Hockey sur Glace est également visée. Le contrat de diffusion avec Fanseat court jusqu’en 2024, et le diffuseur bénéficie de la quasi exclusivité, en dehors des quelques retransmissions au compte-goutte allouées à Sport en France. Au passage, le travail effectué par ce dernier lors des affiches retransmises est à mettre en valeur. Ainsi, les clubs n’ont pas le droit de produire leurs propres rencontres en raison du contrat signé par la Fédération. Ce qui a pour don d’agacer les personnes fortes de certains clubs. Sur les réseaux sociaux, le président des Brûleurs de Loups, Jacques Reboh, s’est d’ailleurs montré critique à plusieurs reprises à ce sujet.

Une bonne dynamique sportive à concrétiser à l’image

On peut facilement le comprendre puisque pour le développement de la Ligue Magnus, cela représente un véritable frein. Il est en effet extrêmement difficile de vendre un produit dont l’exposition laisse à désirer. Surtout lorsque le consommateur doit mettre la main à la poche. Pour le prix proposé (9,99€ par mois) dans le marché actuel avec la concurrence féroce qui règne dans la diffusion sportive, s’abonner à Fanseat représente une hérésie absolue. Ce n’est pas un hasard si même les plus passionnés de la communauté hockey ont tout simplement choisi de supprimer leur abonnement.

En 2024, la FFHG va donc devoir prendre les bonnes décisions afin de ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Alors que les deux Équipes de France sont dans l’élite mondiale, le train est à prendre en marche pour tenter de faire évoluer la Ligue Magnus. Les performances d’Angers en Continental Cup ou encore de Rouen en CHL la saison dernière ont montré que les tops clubs français peuvent performer malgré les écarts financiers abyssaux existants avec la concurrence.

2024, stop ou encore ?

À une époque où quasiment n’importe quelle rencontre est accessible, peu importe la popularité ou le niveau, il est inadmissible qu’une ligue professionnelle ne dispose pas d’un moyen de diffusion fiable. Si les sociétés intéressées ne sont pas foule en raison d’une rentabilité plus qu’incertaine, la FFHG se doit de faire le bon choix.

Le volet financier sera sans aucun doute une nouvelle fois privilégié dans une fédération disposant de peu de moyens, mais il faudra tout de même que cette dernière fasse l’effort de miser sur une société sûre, capable d’offrir une diffusion acceptable. Ce qui n’est pas gagné. Comme le précisent nos confrères de Plan de Match, Fanseat « pourrait être renouvelé » lors du prochain appel d’offres. Cette simple idée a de quoi donner des cauchemars aux amateurs du puck…

Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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