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Basket-ball

Pillé par la NCAA, le basket français impuissant face à l’exode massif de ses jeunes talents

Maxime Cazenave

Publié le

Pillé par la NCAA, le basket français impuissant face à l'exode massif de ses jeunes talents
Photo Icon Sport

NCAA – Déjà massif l’année dernière, l’exil des talents tricolores en NCAA ne fait que s’accélérer à un rythme affolant.

Depuis un peu plus d’un an, le marché des transferts en basket a été bouleversé. Longtemps considérée comme un sanctuaire, la NCAA a fini par autoriser la rémunération des joueurs universitaires. Après l’apparition du NIL en 2021, permettant aux joueurs de capitaliser sur leur image, le revenue sharing mis en place en 2025 a ouvert la boîte de Pandore en donnant le droit aux universités de distribuer des salaires.

Si ce deuxième point ne concerne que les joueurs américains, il a renforcé les possibilités d’aligner les billets verts pour attirer des joueurs venus de l’extérieur.

2025, une première vague annonciatrice de la déferlante

En sachant que la très suivie March Madness génère des revenus affolants se rapprochant des 300 M$, la surface financière dont disposent les meilleures universités, et même certaines moins réputées, est tout simplement colossale. L’année dernière, cette nouvelle donne a débouché sur un premier exode massif de talents venus des quatre coins du monde. Et en particulier de jeunes talents français, dont les Américains sont particulièrement friands.

N’ayant pas suffisamment anticipé la menace, la LNB n’a plus que ses yeux pour pleurer. Tout comme les clubs. La NCAA n’étant pas affiliée à la FIBA, ces derniers n’ont aucun moyen de retenir leurs joueurs, ni même d’obtenir une compensation de la part des universités. L’année dernière, la JDA Dijon avait notamment essuyé la perte d’un joueur important de sa rotation en Ilias Kamardine, parti pour Ole Miss alors qu’il était sous contrat.

Dans la même lignée des joueurs déjà établis dans le monde professionnel ou sur le point de faire leur trou, la liste était déjà folle, de Roman Domon (BCM) à Mathis Courbon (Roanne), en passant par Wilson Jacques (JL Bourg), Amaël L’Étang ou encore Léon Sifferlin (JL Bourg).



Ngoy, Soulhac, Boulefaa… des jeunes pousses établies qui s’envolent

Comme cela était craint, cette première fuite massive a annoncé une nouvelle hémorragie à l’ouverture du marché en 2026, ces derniers jours. Depuis, le mouvement s’est accéléré à un rythme affolant. En octobre dernier, 70 Français garnissaient les rangs de la NCAA. Aujourd’hui, ils sont déjà plus de 110 !

Parmi eux, certains noms attirent particulièrement l’attention. On peut notamment penser aux Blésois Talis Soulhac et Jonas Boulefaa, qui faisaient pleinement partie de la rotation de l’ADA. Ou encore au Palois François Wibaut, ainsi qu’à l’international croate de Limoges, Roko Prkačin. Mais aussi et surtout à Narcisse Ngoy.



Sous contrat jusqu’en 2029 avec la JL Bourg, le pivot écrase la Pro B avec Poitiers, en cumulant un double-double de moyenne (10 points, 11,9 rebonds). Mais alors qu’il devait être l’une des pierres angulaires de la JL Bourg dans les années à venir, ce dernier a cédé aux sirènes de l’Université d’Auburn, malgré sa réticence initiale, où un contrat estimé à 1,9 M$ lui a été proposé.

Les clubs d’EuroLigue également touchés

Les clubs français, petits ou moyens, ne sont pas les seuls à souffrir de cette situation, puisque même les écuries d’EuroLigue sont frappées de plein fouet. Révélation de l’EuroBasket 2025 et évoluant cette saison sous les couleurs du Partizan, le prodige finlandais Miikka Muurinen s’est déjà engagé avec Arkansas.

Dans le même registre, le cas de Brice Dessert est encore plus criant. À 23 ans, le pivot de l’Anadolu Efes est en train de boucler sa cinquième saison professionnelle, lui qui a évolué un an en Pro B et trois ans en Betclic Élite, avant de rejoindre le championnat turc, tout en évoluant en EuroLigue. Et pourtant, le pivot français devrait s’engager dans les prochains jours dans les rangs d’une équipe de la prestigieuse Conférence Big 12, où il deviendra automatiquement l’une des plus grosses recrues de l’intersaison.

Un cas similaire à celui du Britannique Quinn Ellis, meneur de 23 ans de Milan, ou encore de l’Italien Salliou Cissé, révélation de Bologne, qui fait l’objet d’une féroce bataille entre LSU et UNC. Dans les deux cas, pour des contrats estimés à plusieurs millions.

Tournebize, Loubens, le basket féminin pas épargné

Par ailleurs, le basket féminin subit aussi cet exil et voit ses meilleurs talents filer les uns après les autres. Au-delà du cas Alicia Tournebize, qui a fait grand bruit outre-Atlantique, les récentes signatures en provenance du Pôle France ont été symboliques. Sur les sept joueuses ayant trouvé un contrat, trois ont filé en NCAA.

Déjà très en vue avec Roche Vendée cette saison à 18 ans, Justine Loubens va carrément retrouver Alicia Tournebize à South Carolina pour reformer un duo qui cartonne dans les équipes de France jeunes. Bref, vous l’aurez compris, la fuite est totale.

Impuissant, le basket français et européen subit de plein fouet la domination financière de la NCAA. D’autant qu’au-delà de l’aspect pécuniaire, les universités disposent bien souvent d’installations bien plus modernes et de staffs plus consistants. Difficile, donc, de rivaliser pour le Vieux Continent. Le tribut payé est déjà lourd, et le bilan ne va cesser de s’alourdir dans les prochaines semaines.

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