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Escrime

Sébastien Barrois : « Il faut arrêter de ne pas avoir confiance en nos capacités et y croire »

Killian Tanguy

Publié le

Sébastien Barrois « Il faut arrêter de ne pas avoir confiance en nos capacités et y croire »
Photo Didier Echelard/FF Handisport

CHAMPIONNATS D’EUROPE D’ESCRIME FAUTEUIL 2024 – La délégation tricolore a décroché six médailles lors de la compétition, trois en argent (sabre par équipes hommes, Maxime Valet en fleuret catégorie B et épée par équipes femmes) et trois en bronze (fleuret par équipes hommes, Maxime Valet en sabre catégorie B et Yohan Peter en épée catégorie B). Après la dernière épreuve, Sébastien Barrois, le responsable de l’escrime fauteuil à la Fédération Française Handisport, est revenu sur la semaine passée dans la Halle George Carpentier (Paris) pour Dicodusport.

Quel bilan faites-vous de ces championnats d’Europe ?

L’objectif était de faire faire entre 6 et 8 médailles. J’aurais aimé et ça aurait été bien d’avoir une petite Marseillaise. Je pense qu’on l’a ratée aujourd’hui (dimanche). L’équipe de France d’épée termine quatrième avec une demi-finale face à l’Italie qui laisse un goût amer. L’équipe était largement au niveau des Italiens et quelques faits de match font qu’on échoue à très peu (45-32). Derrière l’Ukraine (qui est devenue championne d’Europe), c’est une équipe qu’on arrive à battre et qu’on avait battue pour la médaille de bronze aux championnats du monde, il y a quatre mois.

C’est donc le minimum qu’on avait souhaité, mais c’est une équipe assez jeune, qui manque aussi d’expérience. On rate 2 ou 3 médailles à une touche sur des quarts de finale, donc le bilan aurait pu être mieux. On travaille là-dessus, on va essayer de changer ce métal et d’être aussi bon dans 5 mois à Paris, parce que c’est quand même l’objectif principal.

De manière générale, que manque-t-il pour passer des médailles d’argent et de bronze à des médailles d’or ?

Dans l’escrime handisport, il y a beaucoup de croyances. Dans certaines catégories, les Anglais (Dimitri Coutya et Piers Gilliver) dominent et certains de nos athlètes ont une fâcheuse tendance à les sublimer et trop les respecter entre guillemets. Il va falloir apprendre à ne pas les respecter pour avoir la confiance de pouvoir les battre. Ils en ont les moyens, ça s’est vu sur la demi-finale d’hier (samedi) avec Yohan Peter qui l’accroche. Il faut arrêter de ne pas avoir confiance en nos capacités et y croire. L’escrime, c’est un sport d’opposition, donc, à un moment donné, c’est celui qui a le plus confiance en lui, qui peut surmonter des montagnes.

Maxime Valet a décroché quatre médailles (bronze en sabre catégorie B et en fleuret par équipes ; argent en fleuret catégorie B et en sabre par équipes). Est-ce que c’est le moteur de cette équipe de France ?

Maxime fait partie de ces athlètes qui sont là depuis pas mal d’années et qui ont toujours été performants. Il fait effectivement partie de ceux qui peuvent être des leaders, tout comme Yohan (Peter) à l’épée, Damien Tokatlian qui est un peu plus âgé. Dans le groupe, d’autres sont moins performants, mais gardent ce rôle de leader. Je pense à Robert Citerne qu’on a décidé de garder dans le groupe. S’il est peut-être aujourd’hui moins performant, il connaît la gagne avec onze médailles paralympiques, dont six en or. Derrière, il y a cette jeune génération qui commence à monter sur des podiums et qui commence à croire en ses chances.

Il n’y a eu qu’une seule médaille féminine. Est-ce que c’est le point d’amélioration pour cette équipe de France ?

Il faut savoir que, quand je suis arrivé, les féminines n’existaient presque plus. On a essayé de monter un vrai projet par rapport à ça et ça fait 2 ou 3 Jeux où il n’y avait qu’une sélectionnée, voire aucune. En octobre dernier, les épéistes ont raté la finale aux championnats du monde à une touche et là, elles ont réussi à se hisser en finale d’un championnat d’Europe. C’est la première médaille depuis 14 ans. Brianna Vidé perd 15-14 en quarts de finale, Sophie Sablon mène tout le match et perd 15-13 en quarts de finale sur la future vainqueure de la compétition. C’est une belle équipe qui est en train de se reconstruire. Il faut savoir d’où on vient, où on est aujourd’hui et où on veut aller avec cette équipe-là. Ce projet a aussi été basé sur le féminin et je pense, que pour elle, c’est vraiment une question de confiance.

Le public a répondu présent. Aviez-vous déjà vu cela ?

C’est une vraie satisfaction. Moi qui suis habitué depuis maintenant 25/30 ans à des compétitions internationales (avant, il était entraîneur des équipes de France chez les valides) – c’est la première fois que je vois une telle ambiance sur une épreuve de Coupe du monde, de championnats d’Europe ou de championnats du monde. On a vécu un point d’orgue mercredi avec 3 000 spectateurs et une ambiance de folie. Je n’y croyais pas trop parce que l’escrime est un milieu assez confiné. Mais ce qu’a réussi à faire l’organisation avec la Fédération Française Handisport et le club du CSINI (Cercle Sportif de l’Institution Nationale des Invalides), ça a réellement été quelque chose d’extraordinaire. Avoir ce public qui se passionne et découvre, c’est un vrai plus quoi.

Où en sont les escrimeurs français dans la course pour les Jeux Paralympiques ?

Il nous reste une épreuve dans deux mois à São Paulo (Brésil). Chez les garçons, Maxime Valet et Yohan Peter sont quasiment sûrs d’avoir leur ticket. Chez les filles, il y a Cécile Demaude. Brianna Vidé doit encore assurer à Sao Paulo. Damien Tokatlian et Ludovic Lemoine ne sont pas loin. Lucas Platania est un peu derrière, mais je suis persuadé qu’il va se sélectionner, tout comme Sophie Sablon et Clémence Delavoipiere. À Tokyo, deux tireurs s’étaient qualifiés et on avait eu deux invitations. J’étais parti du principe qu’on devait presque doubler l’effectif pour ces jeux et je pense qu’on n’en sera pas loin.

Y aura-t-il d’autres échéances ?

São Paulo est la dernière manche qualificative pour les Jeux. Ensuite, on va rentrer très rapidement dans la préparation spécifique avec une épreuve de Coupe du monde à Varsovie au mois de juillet. Après, il y aura beaucoup de stages avant le rendez-vous début septembre pour les Jeux.

Étudiant en école de journalisme, je me dirige vers une carrière de journaliste sportif. Intéressé dans le multisport, je ne souhaite pas me spécialiser, mais je souhaite partager ma passion pour le sport et transmettre les émotions.

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