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Stade Toulousain : l’après-Thomas Ramos se prépare déjà avec plusieurs scénarios

Flo Ostermann

Publié le

Stade Toulousain l'après-Thomas Ramos se prépare déjà avec plusieurs scénarios
Photo Icon Sport

STADE TOULOUSAIN – Avec le départ de Thomas Ramos à l’issue de la saison 2026-2027, une page majeure de l’histoire récente du Stade Toulousain s’apprête à se tourner. Une question anime déjà les supporters rouge et noir : qui portera le numéro 15 après l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du club ? Blair Kinghorn, Ange Capuozzo, Juan Cruz Mallia, Matias Remue, Enzo Traille ou encore une recrue de prestige : plusieurs pistes existent déjà pour préparer l’après-Ramos.

Qui pour succéder à Thomas Ramos au Stade Toulousain en 2027 ?

Comment remplacer Thomas Ramos ? C’est sans doute l’une des questions qui accompagnera le Stade Toulousain jusqu’à l’été 2027. Car il ne s’agira pas seulement de trouver un nouvel arrière. Depuis plusieurs saisons, l’international français est devenu l’un des véritables chefs d’orchestre du jeu toulousain. Capable d’évoluer à l’ouverture, d’occuper le terrain grâce à son jeu au pied, de créer des décalages et d’assumer les responsabilités face aux perches dans les moments les plus importants, il s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs du rugby mondial. Un profil aussi complet est, par définition, extrêmement difficile à remplacer.

Le défi s’annonce d’autant plus complexe que le contexte économique a évolué. Le Stade Toulousain reste particulièrement surveillé sur la question du Salary Cap, tandis que les nouvelles règles encadrant le financement du rugby professionnel réduisent progressivement les marges de manœuvre des clubs les plus puissants.

À cela s’ajoute la baisse du crédit accordé aux internationaux du XV de France, un élément loin d’être anodin pour une équipe qui compte de nombreux internationaux dans son effectif. Si le départ de Thomas Ramos libérera une part importante de la masse salariale, les dirigeants devront également gérer les prolongations de plusieurs cadres et anticiper le renouvellement progressif d’une génération qui a largement contribué aux succès récents du club.

Dans ce contexte, l’après-Ramos pourrait davantage reposer sur une redistribution des responsabilités que sur l’arrivée d’un unique successeur. Blair Kinghorn, Ange Capuozzo, Juan Cruz Mallia ou encore le jeune international belge Matias Remue disposent déjà des qualités pour s’imposer à l’arrière. Derrière eux, le centre de formation nourrit également de grandes ambitions avec un talent particulièrement prometteur : Enzo Traille.

Blair Kinghorn, le favori naturel pour prendre le relais

S’il fallait aujourd’hui désigner un successeur naturel à Thomas Ramos, le nom de Blair Kinghorn s’imposerait probablement en tête de liste. L’international écossais connaît parfaitement les exigences du système mis en place par Ugo Mola et possède une polyvalence précieuse, lui permettant d’évoluer aussi bien à l’arrière qu’à l’ouverture.





Depuis son arrivée à Toulouse, Kinghorn a démontré qu’il avait toutes les qualités pour évoluer au plus haut niveau. Solide sous les ballons hauts, capable de gagner de précieux mètres grâce à son jeu au pied et particulièrement efficace ballon en main, il apporte une vraie sérénité au fond du terrain. Son expérience internationale et sa lecture du jeu font aujourd’hui de lui le candidat le plus crédible pour récupérer le numéro 15 laissé vacant par Thomas Ramos.

L’Écossais présente également l’avantage d’être un buteur fiable, un critère indispensable dans l’organisation toulousaine. Mais remplacer Thomas Ramos ne se résume pas à réussir des pénalités. Le Français s’est imposé comme l’un des meilleurs réalisateurs du rugby mondial, capable de convertir les tentatives les plus difficiles sous une pression maximale. Kinghorn peut assurer cette mission, mais il n’offre pas encore la même régularité ni la même influence dans cet exercice.

Si le Stade Toulousain faisait le choix de Blair Kinghorn, il ne chercherait donc pas à reproduire exactement le profil de Thomas Ramos. Le club miserait plutôt sur un arrière aux qualités différentes, capable d’apporter sa propre identité au jeu rouge et noir tout en garantissant une continuité dans le très haut niveau.

Ange Capuozzo, un profil capable de changer le visage du jeu toulousain

Ange Capuozzo représente une autre option particulièrement crédible pour succéder à Thomas Ramos. Déjà parfaitement intégré au collectif rouge et noir, l’international italien connaît les exigences du très haut niveau et possède un profil sensiblement différent de celui de son coéquipier. Là où Thomas Ramos excelle dans la gestion, l’organisation et le jeu au pied, Capuozzo est avant tout un joueur capable de faire basculer une rencontre sur une accélération, un crochet ou une inspiration.

Sa vitesse, ses appuis et sa capacité à créer des différences dans les petits espaces en font l’un des joueurs les plus imprévisibles du Top 14. Installé durablement au poste d’arrière, il pourrait offrir une dimension encore plus offensive au Stade Toulousain, en multipliant les relances et les situations de déséquilibre. Son sens du contre et sa faculté à transformer le moindre ballon de récupération en occasion d’essai correspondent parfaitement à l’ADN offensif développé par Ugo Mola.

Associé à Antoine Dupont et Romain Ntamack, Capuozzo formerait un triangle d’une créativité exceptionnelle. En revanche, une telle évolution modifierait inévitablement certains équilibres. L’Italien ne possède ni l’influence de Thomas Ramos dans le jeu au pied d’occupation, encore moins face aux perches, l’Italien ne butant pas. Dans cette configuration, le rôle de buteur principal reviendrait sans doute à Romain Ntamack, qui a démontré ces derniers mois qu’il pouvait assumer cette responsabilité sur la durée.

Plus qu’un simple remplaçant, Ange Capuozzo offrirait donc une nouvelle identité au poste d’arrière. Le Stade Toulousain ne retrouverait peut-être pas exactement le profil de Thomas Ramos, mais gagnerait un joueur capable de dynamiter n’importe quelle défense en quelques secondes.

Juan Cruz Mallia, le couteau suisse qui coche toutes les cases

S’il existe un joueur capable d’offrir toutes les garanties tactiques au staff toulousain, c’est sans doute Juan Cruz Mallia. L’international argentin est l’un des éléments les plus polyvalents de l’effectif. Arrière, ouvreur, centre ou ailier, il peut évoluer à presque tous les postes de la ligne de trois-quarts sans que le niveau de performance ne s’en ressente.

Avant sa grave blessure au genou, Mallia s’était imposé comme un véritable métronome. Sa lecture du jeu, sa qualité technique, son calme sous pression et son intelligence tactique lui permettent de répondre présent dans les rendez-vous les plus importants. Son jeu au pied constitue également une arme précieuse, tout comme sa capacité à dépanner ponctuellement face aux perches.

Pour autant, imaginer Juan Cruz Mallia comme le successeur direct de Thomas Ramos serait réducteur. L’Argentin ne reproduit pas exactement le même registre et n’a pas vocation à devenir le principal réalisateur du club. En revanche, il possède toutes les qualités pour devenir l’un des leaders techniques du Stade Toulousain et permettre au staff d’imaginer une animation offensive différente, sans perdre en qualité de jeu.

Dans une saison longue, marquée par les doublons internationaux, sa polyvalence continuerait également d’offrir une flexibilité unique à Ugo Mola. Un atout qui pourrait peser lourd dans la réflexion autour de l’après-Ramos.

Matias Remue, la montée en puissance d’un joueur d’avenir

En interne, Matias Remue est sans doute celui qui incarne le mieux l’avenir du Stade Toulousain. Prolongé jusqu’en 2029, l’international belge continue de gravir les échelons et bénéficie déjà d’une réelle confiance de la part du staff. Son profil moderne correspond parfaitement aux exigences du rugby pratiqué par les Rouge et Noir.

Capable d’évoluer à l’arrière, à l’ouverture, au centre ou encore à l’aile, Remue offre une polyvalence particulièrement précieuse. Doté de solides qualités athlétiques, d’une excellente vision du jeu et d’un pied droit performant, il possède également des aptitudes intéressantes face aux perches. Des qualités qui pourraient lui permettre de prendre progressivement davantage de responsabilités au sein du groupe professionnel.

Pour autant, il serait prématuré d’en faire dès aujourd’hui le successeur désigné de Thomas Ramos. Remplacer le meilleur réalisateur de l’histoire du Stade Toulousain et du XV de France ne s’improvise pas. Les deux prochaines saisons seront déterminantes pour mesurer sa capacité à franchir un nouveau cap et à s’installer durablement dans la rotation toulousaine.

Il ne faut pas oublier non plus Valentin Delpy, de retour de prêt à Colomiers. Son avenir semble toutefois davantage s’inscrire comme doublure de Romain Ntamack à l’ouverture que comme véritable candidat au poste d’arrière. Sa polyvalence constituera néanmoins une solution supplémentaire pour Ugo Mola dans la gestion de son effectif.

Enzo Traille, le joyau du centre de formation à suivre de près

L’avenir pourrait aussi s’écrire avec un joueur formé à Ernest-Wallon. Né en 2008, Enzo Traille, fils de l’ancien international français Damien Traille, fait partie des jeunes les plus prometteurs du centre de formation toulousain. Arrivé en 2023 en provenance du Biarritz Olympique, il évolue principalement à l’arrière, tout en étant capable de dépanner au centre.

À seulement 17 ans, le jeune trois-quarts impressionne déjà par la maturité de son jeu. Son coup de pied, notamment face aux perches, est régulièrement mis en avant par les observateurs. Avec les Crabos du Stade Toulousain, il s’est illustré à plusieurs reprises grâce à des pénalités de très longue distance, confirmant un potentiel qui ne cesse de grandir.

Son profil coche déjà de nombreuses cases recherchées chez un arrière moderne : une belle qualité technique, un excellent jeu au pied, de la polyvalence et une vraie personnalité. Des qualités qui lui permettent d’être régulièrement cité parmi les joueurs susceptibles d’intégrer progressivement le groupe professionnel dans les prochaines saisons.

Évidemment, il est encore beaucoup trop tôt pour faire d’Enzo Traille le successeur de Thomas Ramos. Entre les catégories de jeunes et le très haut niveau, les étapes restent nombreuses. Mais le Stade Toulousain a démontré à plusieurs reprises sa capacité à accompagner ses meilleurs talents jusqu’à l’équipe première. Traille possède le potentiel pour suivre cette trajectoire, à condition de poursuivre sa progression.

Le Stade Toulousain tentera-t-il un recrutement XXL après la Coupe du monde 2027 ?

Une autre hypothèse ne peut pas être totalement écartée : celle d’un recrutement majeur pour accompagner l’après-Thomas Ramos. Historiquement, les Coupes du monde constituent des tournants sur le marché des transferts. De nombreux internationaux de l’hémisphère Sud choisissent alors de relever un nouveau défi en Europe, après avoir bouclé un cycle avec leur sélection nationale.

La fin du Mondial 2027 pourrait ainsi ouvrir une fenêtre de tir intéressante pour les clubs du Top 14. Plusieurs joueurs majeurs arriveront potentiellement au terme de leur engagement international et pourraient être tentés par une première expérience dans le championnat français. Le Stade Toulousain observera forcément ce marché avec attention, même si ses marges de manœuvre seront plus limitées qu’auparavant.

Depuis l’annonce du départ de Thomas Ramos, deux noms reviennent régulièrement dans les discussions des supporters sur les réseaux sociaux : Will Jordan et Damian Willemse. Deux joueurs parmi les meilleurs du monde à leur poste, capables d’évoluer à plusieurs positions de la ligne de trois-quarts et dont le profil rappelle, à différents degrés, certaines qualités de l’international français.

Will Jordan, le rêve venu de Nouvelle-Zélande

Will Jordan fait partie des joueurs les plus spectaculaires de la planète rugby. Véritable phénomène avec les All Blacks (51 essais en 57 sélections), il s’est imposé comme une référence mondiale grâce à sa vitesse, sa qualité de déplacement et son incroyable sens de l’essai. Capable d’évoluer aussi bien à l’arrière qu’à l’aile, il représente une menace permanente dès qu’il touche le ballon.

Son style de jeu explosif s’intégrerait parfaitement à la philosophie offensive du Stade Toulousain. Ses qualités de relance, son instinct et sa faculté à faire des différences dans les espaces en feraient un renfort de tout premier plan. Sur le plan sportif, difficile d’imaginer un profil plus séduisant pour succéder à Thomas Ramos.

Damian Willemse, le profil le plus proche de Thomas Ramos

Si Will Jordan incarne le fantasme offensif, Damian Willemse est sans doute celui dont le registre se rapproche le plus de celui de Thomas Ramos. Champion du monde avec l’Afrique du Sud, le Springbok est capable d’évoluer à l’ouverture, à l’arrière ou encore au centre avec la même efficacité.

Sa qualité de passe, son jeu au pied, sa lecture des situations et sa polyvalence en font l’un des trois-quarts les plus complets du rugby international. Habitué aux rendez-vous les plus prestigieux, il possède également le leadership et l’expérience qui caractérisent les grands joueurs passés par le Stade Toulousain.

À ce stade, ces deux pistes relèvent toutefois davantage des fantasmes de supporters que d’informations concrètes. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le Stade Toulousain travaille sur ces dossiers. Les contraintes du Salary Cap, la concurrence des plus grandes écuries européennes et le coût d’un tel recrutement rendent ces opérations particulièrement difficiles. Elles illustrent surtout le type de joueur que pourrait cibler Toulouse si le club décidait de frapper un grand coup sur le marché après la Coupe du monde 2027.

L’après-Thomas Ramos sera avant tout une affaire de collectif

Au fond, le véritable défi du Stade Toulousain ne sera peut-être pas de trouver le successeur de Thomas Ramos, mais d’accepter qu’un joueur de cette dimension ne se remplace pas poste pour poste. Arrière, ouvreur de secours, organisateur, leader, buteur d’exception et meilleur réalisateur de l’histoire du club comme du XV de France, l’international français a construit un héritage unique au fil des saisons.

Plutôt que de chercher un joueur capable de reproduire exactement ce qu’il apportait, le staff toulousain pourrait s’appuyer sur les nombreuses solutions déjà présentes dans son effectif. Blair Kinghorn apporterait son expérience et sa sécurité, Ange Capuozzo sa capacité à faire exploser les défenses, Juan Cruz Mallia son intelligence tactique et sa polyvalence, tandis que Matias Remue et Enzo Traille incarnent déjà l’avenir du club.

La question du but restera évidemment l’un des principaux enjeux. Si aucun joueur ne semble aujourd’hui en mesure de reprendre immédiatement l’héritage laissé par Thomas Ramos face aux perches, Romain Ntamack a démontré ces derniers mois qu’il possédait désormais les qualités techniques et le sang-froid nécessaires pour assumer durablement cette responsabilité. Son évolution dans cet exercice pourrait d’ailleurs peser lourd dans les choix futurs du staff.

L’hypothèse d’un recrutement majeur à l’issue de la Coupe du monde 2027 restera également à surveiller. Même si les contraintes liées au Salary Cap et aux nouvelles règles économiques du rugby professionnel rendent ce type d’opération plus complexe qu’auparavant, Toulouse n’a jamais hésité à saisir une opportunité lorsqu’un joueur d’exception se présentait sur le marché.

L’histoire récente du club montre toutefois que les plus grandes réussites sont souvent nées d’une transition parfaitement anticipée plutôt que d’un remplacement spectaculaire. De Thierry Dusautoir à Antoine Dupont, de Maxime Médard à Thomas Ramos, le Stade Toulousain a toujours su préparer la génération suivante avant même la fin de la précédente.

C’est probablement cette capacité d’anticipation qui nourrira les prochains mois. Le départ de Thomas Ramos laissera forcément un vide immense, tant son influence dépasse largement le simple poste d’arrière. Mais le Stade Toulousain dispose déjà de nombreux atouts pour construire un nouveau cycle, entre des cadres confirmés, une jeune génération particulièrement prometteuse et la possibilité de saisir une opportunité sur le marché international.

Une chose est certaine : plus qu’un successeur, Toulouse cherchera avant tout un nouvel équilibre. Et si l’après-Thomas Ramos a déjà commencé, la réponse définitive ne viendra sans doute pas d’un seul joueur, mais de la capacité du club à réinventer son jeu tout en restant fidèle à son identité.

 

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