« Le pouvoir du sport » présenté par Julian Jappert
« Le pouvoir du sport » est un livre détonnant et novateur écrit Par Julian Jappert et Marie-Cécile Naves. Souvent abordé dans les médias par le versant de la compétition, ce livre tend à rappeler toutes les autres utilités du sport, certaines évidentes, d’autres plus inédites. L’un des auteurs, Julian Jappert, ancien lobbyste pour Canal + et dirigeant de « Sport et Citoyenneté », a répondu à nos questions pour nous éclairer sur son ouvrage.
Julian, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Julian Jappert, je suis de nationalité française et suisse et je suis juriste et lobbyiste. J’étais lobbyiste pour un grand média, Canal +, où je faisais du lobby dans le business du sport. Ensuite, je suis allé à la Commission Européenne pour travailler sur l’idée que le sport puisse avoir une nouvelle compétence dans les traités, et qu’il puisse être une matière à part entière, politique mais aussi de réflexions pour améliorer notre société. Depuis 10 ans, je dirige le Think tank « Sport et Citoyenneté », donc je suis un lobbyiste citoyen.
En quelques mots, que trouve-t-on dans votre livre « Le Pouvoir du Sport » ?
C’est un livre qui est assez inédit, puisqu’il traite du Soft Power du sport. Il traite évidemment des questions de Soft Power que l’on imagine tout de suite, c’est-à-dire le Soft Power dans les relations internationales, les relations diplomatiques, la géopolitique. Ces sujets ne sont pas inédits, ils sont beaucoup traités, mais un peu sous-évalués. On essaie de démontrer que le sport a un rôle de Soft Power dans les relations internationales, mais, on va aussi montrer que le sport a un rôle de Soft Power dans la société. C’est-à-dire qu’il peut influencer directement, s’il est bien utilisé, d’autres secteurs d’activités, d’autres branches de la société, d’autres secteurs économiques, notamment sur la construction d’une société que l’on souhaite meilleure. Dans ce livre, on va aussi essayer de montrer quel rôle le sport peut jouer, par exemple dans la mixité, dans l’éducation, dans une société que l’on souhaite plus éthique, plus active, et dans laquelle chaque individu a un accès facile au sport, a un droit au sport, quel que soit son origine, son origine sociale, sa sexualité, sa religion, son sexe.
On va aussi essayer de démontrer que le sport doit participer aux enjeux sociétaux de demain, c’est-à-dire une société en bonne santé, dans un environnement sain. On va associer le sport à des enjeux écologiques, dans un environnement de travail qui évolue, ce qu’on peut remarquer notamment avec les nouvelles générations, à qui on doit pouvoir fournir des conditions de travail saines et une productivité qui n’est pas axée uniquement sur la somme d’heures de travail, mais aussi sur ce qu’on souhaite donner à la société et on voit qu’une activité physique régulière sur le lieu de travail peut entrainer plus de productivité. On s’aperçoit que le sport est un vecteur d’émancipation, de cohésion sociale, d’inclusion et d’intégration. Bien-sûr, le sport n’est pas la baguette magique pour résoudre tous les maux de la société, mais il peut y participer.
Quel constat global faites-vous sur le sport actuellement dans notre société ?
Aujourd’hui, le sport est vraiment appréhendé à 90% sous l’angle du résultat. C’est-à-dire qu’il y a des compétions sportives, professionnelles et amateurs. On communique et on est au courant des résultats de ces compétitions. On est spectateur ou téléspectateur de sport, on peut être pratiquant mais finalement on s’intéresse au sport que sous cet angle-là, ou, et c’est le cas en ce moment avec les JO, à travers le résultat en termes de médailles de nos champions où là aussi on porte un intérêt fort pour ces champions, mais finalement on oublie le véritable rôle que le sport pourrait jouer au-delà d’une simple activité médiatique et économique et c’est ce qu’on essaye de démontrer. C’est-à-dire montrer que le sport est sous utilisé dans son impact sociétal.
Vous proposez un modèle différent pour le sport, pouvez-vous brièvement nous l’exposer ?
Le modèle français, que l’on met en perspective avec d’autres modèles, a beaucoup vieilli. Il est dans une gouvernance très complexe, avec des acteurs qui se marchent les uns sur les autres et avec une efficience assez limitée. On propose un modèle simple, pragmatique, efficient, et surtout avec deux éléments, c’est-à-dire, un acteur qui est leader sur son sujet, par exemple un acteur à qui on pourrait confier le sport pour tous, on encore le sport de compétition, ou à qui on pourrait confier le tout, mais surtout que l’on confie cela à un acteur leader et plus à plusieurs acteurs pour aller vers plus d’efficience. L’idée aussi de ce nouveau modèle, et c’est un gros mot en France, c’est de pouvoir l’évaluer, ou que le leader du monde du sport puisse s’auto-évaluer ou se faire évaluer par une structure externe. C’est la base pour un secteur d’activité qui fonctionne bien et où le sport pourra retrouver tout son pouvoir.


