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Athlétisme

Jeux Olympiques 2020 : Susan Kipsang-Jeptooo, un rêve olympique semé d’embûches

Maxime Cazenave

Publié le

Jeux Olympiques 2020 : Susan Kipsang-Jeptooo, un rêve olympique semé d’embûches

ATHLÉTISME – Engagée sur le marathon féminin aux Jeux Olympiques de Tokyo le 8 août prochain, Susan Kipsang-Jeptooo sera la seule athlète à représenter la France dans cette course. Déterminée et passionnée, la pensionnaire de l’AS Saint-Julien-en-Genevois a accepté de se confier sur sa préparation à la compétition, mais également sur les difficultés financières qu’elle rencontre pour pratiquer à haut niveau.

Le début des Jeux Olympiques se rapproche à grands pas. Si le monde du sport va être rythmé par l’Euro de football lors des prochaines semaines, les JO de Tokyo débutent dans un peu plus d’un mois. Les derniers tickets vont donc se disputer prochainement dans certains sports. En athlétisme, plusieurs athlètes ont déjà validé leur billet pour le Japon. C’est notamment le cas de Susan Kipsang-Jeptooo. Spécialisée dans les longues distances, la Française d’origine kényane sera la seule représentante tricolore sur l’historique marathon.

Un second test pré-JO réussi haut la main

Si elle avait obtenu sa place au début de l’année 2020 en réalisant les minimas lors du marathon de Marrakech (2h28min48sec), la pandémie de Covid est passée par là. Afin de garantir sa place, Susan Kipsang-Jeptooo a donc dû courir un 30 km sous les yeux de membres de la Fédération Française d’Athlétisme à la fin du mois de mai. Cela a été imposé afin de rassurer cette dernière sur le niveau de l’athlète.

Grâce à un temps bien en-dessous du minima imposé (1h44min08sec au lieu de 1h46min), elle a ainsi définitivement gagné sa place à Tokyo. Deux semaines plus tard, elle a également pris part au 10 km de Birmingham, terminé à une belle 8e place (32min21sec). « Les sensations sont bonnes. Je suis en forme mais il me reste beaucoup de travail », confie-t-elle.

Un programme bien chargé jusqu’au 8 août

Seule Française engagée sur l’épreuve du marathon, l’athlète de 34 ans va donc avoir un programme bien chargé afin d’arriver au meilleur de sa condition physique pour le 8 août, date de l’épreuve. Un entraînement intensif qui a déjà débuté : « J’ai commencé cette semaine mon programme en vue des Jeux Olympiques. Je vais encore faire des sorties longues, progressivement passer de 30 km à 35 km, puis je ferais une dernière sortie de 40 km. »

Alors qu’elle sera en concurrence avec le gratin mondial, la Française ne sera pas l’une des favorites. Malgré tout, elle a de l’ambition et espère aller chercher la meilleure place possible : « Il est difficile d’avoir un objectif précis puisque je ne connais pas les conditions, s’il va faire chaud ou non. Je vais essayer de chercher un bon chrono mais l’important c’est aussi de faire une bonne place. » En comparaison, l’Éthiopienne Hiwot Gebrekidan a remporté plus tôt dans l’année le marathon de Milan en moins de 2h20min alors que Susan Kipsang-Jeptooo a effectué son record à Marrakech il y a un peu plus d’un an (2h28min48sec).





400€ par mois pour viser les Jeux olympiques

Cependant, pour en arriver là, la Franco-Kényane doit cravacher. A l’image de nombreux autres athlètes de haut niveau évoluant dans des disciplines bénéficiant d’une médiatisation quasi inexistante, elle doit se battre au quotidien afin de subvenir à ses besoins pour rester compétitive. Ainsi, si elle peut compte sur un soutien sans faille de l’AS Saint-Julien-en-Genevois pour l’entourer, ce dernier l’aide du mieux qu’il peut. Mais sans disposer forcément des moyens nécessaires. L’athlète doit donc composer avec des moyens et un budget extrêmement précaire.

« On a fait une demande via le Pôle Emploi de Haute-Savoie avec le club, et j’ai pu obtenir 400€ par mois. C’est comme un salaire mais cela ne va pas puisque récemment j’ai acheté une paire de baskets à 250€, mais j’ai aussi les boissons, les vêtements, les outils d’entraînement… Je suis également maman de deux enfants donc financièrement ce n’est pas évident. Mon club fait le maximum pour m’aider mais ne dispose pas de beaucoup de moyens. « 

Les équipementiers font la sourde oreille, une cagnotte en ligne pour s’en sortir

De plus, Susan Kipsang nous explique également qu’elle ne peut pas compter sur la bienveillance d’une marque pour l’aider dans sa pratique : « Je ne travaille pas, j’ai dû arrêter pour pouvoir être à haut niveau. Deuxièmement, je n’ai pas de sponsor et je dois donc acheter mes baskets et tous les équipements qui vont avec. On a essayé de contacter Asics. On a discuté avec eux l’année dernière mais cela ne s’est pas bien passé. Les demandes ont été faites aussi chez des marques comme Adidas ou Nike mais il n’y a pas eu de réponse de leur part. J’ai donc demandé de l’aide à mon club, l’AS Saint-Julien-en-Genevois, pour trouver des solutions. On a depuis mis une cagnotte en ligne pour faire des dons. »

Ainsi, l’athlète se retrouve dans la nécessité de faire appel aux dons pour pouvoir fièrement porter les couleurs de la France au sein de l’événement sportif le plus important aux yeux de monde. Une triste réalité qui donne à réfléchir sur les efforts faits pour accompagner les sportifs évoluant dans des disciplines « oubliées ». Heureusement, de nombreux anonymes ont déjà répondu à cet appel et l’objectif de la cagnotte est bientôt atteint (environ 2500€ sur les 3000 espérés). Si vous souhaitez aider Susan Kipsang-Jeptooo à préparer au mieux les Jeux Olympiques de Tokyo, cette cagnotte est toujours en ligne et ouverte à cette adresse : https://sponsor.me/Susankipsangjeptooo.

Derrière les athlètes attendus dans les sports plus plus médiatisés, se cachent également de nombreux autres athlètes devant lutter au quotidien pour épouser leur rêve sportif. Et olympique.

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