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Ligue 1 : Bordeaux déjà dans l’urgence, le besoin de sang neuf devient vital

Maxime Cazenave

Publié le

Ligue 1  Bordeaux déjà dans l’urgence, le besoin de sang neuf devient vital
Photo Icon Sport

LIGUE 1 2021-2022 – Battus sur leur pelouse par le promu Clermont pour leur premier match de Ligue 1, les Girondins de Bordeaux se retrouvent de nouveau face à leurs démons après les nombreux changements effectués cet été. S’il est trop tôt pour juger l’impact des nouvelles têtes pensantes, une seule certitude a été confirmée : il faut du changement.

Le retour à la réalité est souvent difficile. Ce dimanche, il a été brutal pour les Girondins de Bordeaux. Depuis plusieurs semaines, une certaine vague d’euphorie nouvelle a fait son apparition en Gironde. Quoi de plus normal pour un club qui était destiné à terminer en Nationale 3 en raison des atrocités effectuées par les anciens propriétaires américains, et l’ancien président Frédéric Longuepée. Arrivé en sauveur, Gérard Lopez a donc repris un club destiné à finir au niveau amateur pour lui permettre de rester au plus haut niveau. La communication bien rodée, les promesses délicatement dosées, le contact avec les Ultramarines établi, l’ancien président du LOSC a posé les bases parfaites pour se donner le temps.

On prend les mêmes, et on recommence

Cependant, il y a déjà urgence. La vente du club ayant bloqué le mercato du club durant de longues semaines, les Girondins ont du retard à rattraper. Récemment nommé après plusieurs années à la tête de la sélection suisse, Vladimir Petkovic a rejoint le Haillan depuis seulement le début de semaine, et les deux nouvelles recrues (Mangas et Mensah) l’ont suivi peu après. La première rencontre de Ligue 1 face à Clermont se disputait donc avec un effectif intégralement composé de joueurs étant déjà au sein de l’effectif la saison passée.

Pour l’occasion, Petkovic a donc privilégié une équipe similaire à ce que pouvait faire Jean-Louis Gasset la saison passée. Le problème, c’est que ce qui n’avait pas fonctionné ne s’est pas mis en marche par miracle. Avec un 4-2-3-1 de base qui a ensuite évolué plus tard sur un schéma à cinq défenseurs, jamais les Girondins n’ont été en mesure de rivaliser avec Clermont. Promu en Ligue 1, ce dernier a crânement joué sa chance, s’appuyant sur les certitudes d’une dernière saison réussie. Si les Auvergnats ont effectué une prestation solide pour décrocher une victoire totalement méritée (0-2), les Bordelais ont eux été insipides de la 1ère à la 90ème minute de jeu, malgré un soutien populaire fort.

Costil et Koscielny, deux rocs sur lesquels s’appuyer

Certes, on ne s’attendait pas à ce que les Girondins dominent leur adversaire. Mais de là à les voir se faire passer à la moulinette par des Clermontois n’ayant aucune expérience de la Ligue 1, cela était légèrement moins prévisible. Pourtant, en regardant cette rencontre, l’impression qui s’est dégagée est sensiblement la même que lorsque l’on regarde un France-Moldavie. Portés par un jeu fluide et cohérent, les hommes de Pascal Gastien ont eu la mainmise sur la rencontre, démontrant une supériorité totale. De leur côté, les hommes de Petkovic ont été à l’image de la fin de saison dernière, fébriles et sans inspiration.

S’ils ont réussi à tenir durant 80 minutes, c’est en grande partie grâce à un Benoît Costil toujours aussi déterminant. L’ancien rennais a repoussé de multiples tentatives pour compenser les faiblesses aberrantes de ses partenaires en défense. Si Laurent Koscielny et Enock Kwateng ont fait de leur mieux, les prestations de Loris Benito et Mexer ont elles été absolument désastreuses.





Mexer et Loris Benito, à quand le placard ?

Les deux hommes cristallisent depuis de long mois le courroux des supporters girondins. Ce dimanche, ils ont encore évolué à un niveau inquiétant. Le Suisse s’est fait martyriser par un Jodel Dossou virevoltant. Que ce soit dans les duels, dans la profondeur ou dans le positionnement, il n’a jamais été en mesure de contrôler son côté. Si le repli défensif de Samuel Kalu a également laissé à désirer pour lui apporter de l’aide, le latéral gauche semble être incapable de sortir d’une spirale infernale.

Pour Mexer, le constat est similaire. Si ses défaillances parviennent à être cachées par un Laurent Koscielny toujours solide malgré l’âge et les blessures, le Mozambicain n’est clairement plus au niveau. Passif dans les duels et totalement dépassé dès qu’un joueur se met à trottiner légèrement, le poids de l’âge devient de plus en plus rédhibitoire. Si le côté gauche a été renforcé par les arrivées de Gideon Mensah et Ricardo Mangas, la défense centrale est elle démunie.

En effet, avec Paul Baysse gravement blessé, il ne reste plus que des joueurs n’ayant pas encore véritablement fait leurs preuves à ce niveau (Loïc Bessilé, Abdeljalil Medioub, Alexandre Lauray). Cependant, cela pourrait changer rapidement puisque le jeune espoir parisien, Timothée Pembélé, devrait rejoindre le club sous la forme d’un prêt dans les prochaines heures.

Une animation offensive qui frise le niveau district

Si la défense est évidemment la première à être pointée du doigt après avoir laissé les attaquants clermontois mitrailler Costil (19 tirs), que dire du reste ? Pas grand-chose. A la pointe de l’attaque, Jimmy Briand a réalisé des déviations intéressantes et ne s’est pas montré avare d’efforts. Mais l’attaquant girondin n’a eu aucun ballon à se mettre sous la dent, la faute à un milieu de terrain passif, et une animation offensive d’un néant abyssal. Sensé être le leader technique dans le camp adverse, Yacine Adli a été fantomatique. Pour couronner le tout, ses partenaires dans le cœur du jeu, Toma Basic et Otavio, se sont mis au diapason.

Les Girondins ne se sont créés quasiment aucune occasion. La seule véritable grosse opportunité est intervenue en seconde période, mais elle découlait d’une perte de balle dangereuse de Florent Ogier à la ligne médiane. A part ça, il y a bien eu quelques frappes, mais rien de bien concret pour mettre en difficulté l’arrière-garde auvergnate. Le constat est donc clair comme de l’eau de roche à l’issue de cette rencontre : il faut des changements, et non des moindres. Au sein de cet effectif, à l’exception des anciens internationaux (Benoît Costil, Laurent Koscielny, voire Jimmy Briand) et des jeunes pousses à développer, personne ne doit être intouchable. La fin de saison dernière a fortement marqué un groupe désormais fragile, et dont l’implication est très aléatoire.

Les soldes sont ouvertes

Il faut donc renouveler fortement cet effectif afin de retrouver un nouvel allant. Les arrivées de Gideon Mensah et Ricardo Mangas vont dans ce sens, mais le club ne doit pas s’arrêter là. Le véritable problème désormais est de vendre. La situation financière des Girondins est toujours très inquiétante malgré le discours rassurant de Gérard Lopez. Avant de recruter, il va donc falloir vendre afin de ne pas creuser le déficit abyssal du club.

Si les dossiers Toma Basic et Samuel Kalu devraient pouvoir se décanter rapidement, quid des cas Mexer, Loris Benito, Rémi Oudin ou encore Yacine Adli ? Autant de joueurs dont la cote est au plus bas, et qui seront difficiles à faire partir. Pourtant, cela devient vital. Entre avoir des joueurs talentueux mais qui n’en ont plus rien à faire, et des joueurs possiblement moins chevronnés, voire même moins talentueux, mais totalement impliqué, le choix est vite fait. Il est désormais grand temps pour les dirigeants aquitains de passer à l’action.

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