Pour sauver le HC Kladno, Jaromir Jagr s’apprête à passer ses 50 ans sur la glace
HOCKEY SUR GLACE – Médiatiquement en retrait depuis son départ de NHL en 2018, Jaromir Jagr n’est pas encore prêt de raccrocher les patins. A bientôt 50 ans, la légende du hockey tchèque prolonge l’aventure pour encore au moins une saison avec Kladno afin de sauver son club de toujours.
Increvable, inusable, éternel… Choisissez autant de qualificatifs que vous voulez, tous colleront parfaitement à la peau de Jaromir Jagr. Incontournable dans le monde du hockey sur glace depuis plus de trois décennies, le natif de Kladno n’est pas encore prêt de raccrocher les patins. Alors que les carrières professionnelles se finissent généralement avant la quarantaine, voire un peu plus pour certains dans le hockey (une pensée à Zdeno Chara, encore en quête d’un contrat NHL à 44 ans), celle de Jagr n’a plus aucune limite.
Une légende gravée dans la roche depuis de nombreuses années
Âgé de 49 ans, le Tchèque vient de rempiler pour une saison supplémentaire au sein de son club de toujours, Kladno, dont il est propriétaire depuis de longues années. Né au sein de cette ville située à 25 kilomètres de Prague, il a été formé dans les années 1980 par le HC Kladno, avant d’y effectuer ses débuts professionnels en 1988. Depuis, il n’a jamais cessé de pratiquer à haut niveau en atteignant l’excellence. Cela fait un moment que le joueur tchèque peut raccrocher les patins en étant considéré comme un monument du sport. Déjà intégré au Hall of Fame du hockey sur glace tchèque, il a dominé la NHL dans les années 1990 en remportant la Coupe Stanley avec les Pittsburgh Penguins en 1992, une année seulement après avoir été élu rookie de l’année.
Suite à ça, s’il n’accroche pas un deuxième titre de champion, il accumule en revanche les honneurs individuels. Il fut ainsi lauréat du Trophée Art Ross récompensant le meilleur pointeur de la ligue à 5 reprises, mais également du Trophée Hart récompensant le meilleur joueur de la saison en 1999, avant d’être nommé dans les 100 meilleurs joueurs de tous les temps en 2017. Et encore, on ne s’arrête qu’au principal. Pour représenter encore plus l’impact qu’il aura eu, Jaromir Jagr est tout simplement le deuxième meilleur pointeur de l’histoire de NHL ! Avec 1921 points inscrits en 1733 rencontres, seul l’intouchable Wayne Gretzky fait mieux (2857 points).

« Si j’abandonne, le club sera foutu »
Malgré tout, cet amoureux inconditionnel du hockey reste encore dans le circuit. Parti définitivement de NHL suite à une dernière pige aux Calgary Flames en 2018, il poursuit depuis son aventure intemporelle là où tout a commencé, au HC Kladno. Navigant entre l’élite et la deuxième division, il reste malgré tout un joueur productif. Il y a deux ans, il cumule encore 29 points en 38 rencontres au sein de l’Extraliga. Si son équipe est reléguée, il participe activement à la remontée la saison dernière en disputant la majeure partie des Playoffs (16 rencontres), tout en apportant sa contribution (10 points).
Le club étant retourné dans l’élite, la page aurait pu être tournée magnifiquement. Mais Jagr est un homme de défis prêt à tout pour aider le club de Kladno. Alors qu’il atteindra la barre des 50 ans en février prochain, l’ancienne star des Pittsburgh Penguins a ainsi décider de poursuivre l’aventure afin de stabiliser la situation du club. Afin de mettre les choses au clair, il s’est exprimé au micro de Hockey News : « Est-ce que vous savez pourquoi je joue toujours ? J’ai une responsabilité envers le club. Si j’abandonne, les partenaires et les sponsors partiront, et le club sera foutu. Je n’ai pas le choix. Les gens ne veulent pas comprendre, mais je m’en fous. »

Une fin de carrière au goût amer
Si pour la beauté du sport, la longévité de Jaromir Jagr est exceptionnelle, ce dernier est plus ou moins forcé de poursuivre malgré son envie de se retirer. Propriétaire du club depuis vingt ans, il sait en bon président que beaucoup de choses dépendent de sa présence sur la glace. Il se doit donc de rester en condition afin d’aider l’équipe au maximum pour sa survie au plus haut niveau tchèque : « Le pire est probablement le fait que les gens pensent que je peux continuer, alors que ce n’est pas le cas. En plus je ne peux même pas leur dire. Je ne sais pas si quelqu’un peut comprendre mon rôle. Je n’ai jamais voulu être dans cette position, mais je n’ai pas le choix. »
Ainsi, cette prolongation fait plaisir à voir tout en donnant un sentiment de pitié à l’égard de cette icône intergénérationnelle. Sa carrière étant accomplie, il mériterait de pouvoir prendre du recul, et profiter à fond d’une vie sans les contraintes d’un sportif de haut niveau. Toujours souriant et charmant au long de sa trentaine d’année de carrière, le Tchèque est en train de subir cette fin de carrière qui s’allonge au fil des années. Tout cela afin de sauver le club de son cœur, celui qui a lancé sa magnifique carrière dans les années 1980. Cela laisse donc de l’amertume en bouche, mais renforce également sa légende. Une fois le 15 février prochain passé, il deviendra l’un des rares joueurs ayant fêté ses 50 ans à disputer un match de haut niveau. Pour tout ça, le respect éternel déjà acquis auparavant ne peut que devenir encore plus iconique.



