L’homme du week-end : Silvan Dillier, héros de l’ombre
Après ce Paris-Roubaix, tout le monde retiendra la première victoire de Peter Sagan, après un sacré numéro de plus de 50 kilomètres. Pourtant, celui qui a réalisé la plus belle performance sportive est son dauphin, son compère d’échappée, Silvan Dillier.
Avant toute chose, une pensée pour la famille et les proches de Michael Goolaerts, décédé dans la nuit de dimanche à lundi des suites de son arrêt cardiaque sur la course.
Six hommes, Sven Erik Bystrom (UAE Team Emirates), Ludovic Robeet (Veranclassic), Jimmy Duquennoy (Veranclassic), Marc Soler (Movistar), Jelle Wallays (Lotto-Soudal) et donc Silvan Dillier (AG2R La Mondiale), ont réussi à constituer l’échappée du jour, celle qui sur les grandes classiques anime la journée mais ne va jamais au bout, ou presque. Au moment où la course a commencé à s’animer à l’arrière, Dillier, Wallays et Bystrom, les trois plus forts sur les pavés, lâchaient un à un leurs compagnons avant de voir revenir Peter Sagan dans leur roue. Si les quatre hommes ont tout de suite collaboré, Erik Bystrom était lâché quelques kilomètres plus loin tandis que le vainqueur de Paris-Tours en 2014 craquait dans le secteur de Cysoing, à une trentaine de kilomètres de l’arrivée.
A ce moment-là, personne n’imaginait que le champion de Suisse pourrait résister jusqu’au bout au champion du monde. Mais il a fait bien mieux que résister, il a assumé sa part de travail jusqu’au bout pour aller disputer la victoire sur le Vélodrome. Dans tous les secteurs pavés, le Slovaque passait devant et appuyait fort sur les pédales, creusant l’écart avec ses poursuivants. Mais le coureur d’AG2R La Mondiale ne perdait pas un mètre et reprenait le relais dès la fin du secteur.
Plus de 200 kilomètres d’échappée et 50 km à travailler et suivre le champion du monde, Silvan Dillier aura réalisé une énorme performance, seulement battu au sprint par Peter Sagan. Les deux coureurs se sont bien trouvés, Peter Sagan n’aurait sûrement pas réussi à dompter l’Enfer du Nord sans le Suisse alors que ce dernier n’aurait jamais pu espérer une seconde place sur cette course sans le Slovaque. Il y a des deuxièmes places qui sont oubliées le lendemain, mais celle de notre homme du week-end laissera une trace plus prononcée dans l’histoire de cette course.

