Arbitrage vidéo : les hésitations du handball
Dans le cadre de notre dossier « arbitrage vidéo », place au cas du handball, où la vidéo, si elle a déjà été testée, n’est pas complètement adoptée. Pour nous accompagner et nous éclairer, Régis Aumont, rédacteur en chef de Made in Hand.
Le handball a-t-il besoin de l’arbitrage vidéo ? Les instances et les amoureux de ce sport se le demandent suite au raz-de-marée de son utilisation dans une grande majorité de sports collectifs. La configuration du handball est le plus souvent des attaques placées qui se déroulent sur 1/3 du terrain. Ces phases de jeu sont encadrées par deux arbitres et cela pourrait être suffisant pour beaucoup.
Des tests sur des situations précises
En France, lors du Mondial 2017 et à d’autres occasions, la vidéo a été testée comme nous l’explique Régis Aumont : « L’arbitrage vidéo a été testé à plusieurs reprises dont au Mondial 2017. Qu’est-ce qui est ressorti de ces tests ? Durant le Mondial en France, la Fédération internationale (IHF) avait décidé d’équiper tous les sites de la compétition du dispositif ‘Vidéo Proof System’. » Seulement quelques situations étaient soumises à son utilisation : « Les situations pour lesquelles le recours à la vidéo était autorisé avaient été bien définies, notamment pour vérifier que le ballon avait bien franchi la ligne en cas de doute ou encore pour une faute grossière effectuée loin du ballon et hors du champ de vision des arbitres. Dans mes souvenirs, son utilisation avait été marginale. »
La peur de la multiplication des temps morts
Ce qui freine les puristes et les amoureux de ce sport, est la même raison que pour beaucoup de sports : un jeu haché. D’où l’intérêt de bien définir les situations pour lesquelles la vidéo peut être consultée dans le but d’éviter les dérives de certains sports comme nous l’explique notre consultant du jour : « Le risque de l’arbitrage vidéo serait, comme dans tous les sports où le procédé a été mis en place, d’allonger la durée des matchs et de multiplier les temps morts. C’est d’autant plus vrai dans un sport très rythmé comme le handball. C’est pour cela qu’il faut éviter une surutilisation de la vidéo et bien cibler les faits de jeu pour lesquels le recours à l’arbitrage vidéo apporterait une vraie plus-value. » Pour éviter cette surutilisation, donner la possibilité aux entraineurs, et non aux arbitres, d’y faire appel un certain nombre de fois par match peut être la solution.
La vidéo serait-elle bénéfique au handball ? L’avis de Régis Aumont, rédacteur en chef de Made in Hand.
J’y suis favorable à condition que cela ne dénature pas le jeu. S’assurer que le ballon a bien franchi la ligne de but me semble être la vocation première du dispositif vidéo. Pour ce qui concerne les fautes, peut-être pourrions-nous attribuer un nombre de recours vidéos autorisés à chaque équipe, un peu comme cela se fait au tennis avec le système de challenges pour vérifier la marque d’une balle. En revanche, je suis contre l’utilisation de la vidéo quand il y a un doute sur le joueur qui a sorti le ballon du terrain par exemple. Il faut que le handball reste un sport dynamique.
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