Arbitrage vidéo : le cyclisme pour faire comme les autres
Dans le cadre de notre dossier « arbitrage vidéo », place au cas du cyclisme, où la vidéo est en train de faire son apparition. Pour nous accompagner et nous éclairer, Bertrand Guyot, rédacteur chez Le Gruppetto.
L’Union Cycliste Internationale a décidé de mettre en place un « arbitre vidéo » sur les étapes des Grands Tours, les Championnats du monde et les grandes classiques (à part le Tour de Lombardie). Si peu d’informations existent sur son utilisation, prenons le temps de regarder les enjeux de son adoption.
Pas de risque et déjà utilisée
Comme nous l’explique Bertrand Guyot, la vidéo est déjà utilisée et elle ne provoquera pas un rallongement ou des arrêts de jeu comme dans les autres sports : « De ce que j’ai pu comprendre, je ne vois aucun risque à vrai dire. Il n’y aura pas d’arrêts de jeu comme au foot, rien qui tuera la course. En tout cas, rien de plus que ce qui n’existe déjà aujourd’hui. Et ce sera majoritairement lié à la réalisation, bref à ce que l’on voit déjà pendant la course aujourd’hui et qui est sanctionné après coup, comme le franchissement du passage à niveau, fatal à Démare ou bien le déclassement de Luke Rowe. Et c’est en quelque sorte la vidéo qui a été fatale à Sagan l’année dernière. Donc au fond : qu’est ce que ça changera ? »
Impossible de l’utiliser équitablement
La question est de savoir s’il est possible d’avoir des images pertinentes qui couvrent un maximum la course ; les diffuseurs auraient-ils un intérêt à ajouter des caméras ? Bertrand Guyot ne le pense pas : « Si c’est lié à la diffusion ou à la réalisation TV, le 3/4 des gestes ou pratiques illicites ne seront pas filmés par une caméra, sauf à en multiplier le nombre, ce que les chaînes TV ne feront certainement pas. Les chaînes ne vont pas s’amuser à filmer la file des coureurs et des voitures alors qu’il ne s’y présente aucun enjeu. Aucune caméra n’a suivi Démare sur la Cipressa alors qu’il y a eu des accusations graves qu’il aurait fallu déminer. C’est là qu’il fallait une vidéo, mais logiquement, la réalisation s’est intéressée à ce qu’il se passait devant. »
Être moderne
Cette idée d’arbitrage vidéo dans le cyclisme semble être là pour faire comme les autres disciplines et répondre à la vague que fait cet outil dans le sport moderne. « Donc avec le peu d’info que j’ai à ce jour, et ma faible connaissance du futur règlement, ça m’a tout l’air d’être un gadget sans réel bénéfice par rapport à ce qui existe déjà. Pour faire moderne, en somme. » ajoute Bertrand Guyot.
-
Oui 81%, 331 voix331 voix 81%331 voix - 81% des votes
-
Non 19%, 79 voix79 voix 19%79 voix - 19% des votes


