L’Irlande, nouvelle bête verte des All Blacks
RUGBY INTERNATIONAL – Depuis 2016 et la première victoire de son histoire face aux All Blacks, l’Irlande possède un ratio positif de victoires face à la Nouvelle-Zélande. Ce week-end, une nouvelle fois, le XV du Trèfle a fait tomber la nation triple championne du monde (29-20), à Dublin. Depuis quelques années, on assiste tout simplement à la naissance d’une très belle rivalité entre deux cadors de l’échiquier mondial.
Dans l’histoire du rugby mondial, peu d’équipes peuvent se targuer d’avoir régulièrement fait tomber les All Blacks. D’ailleurs, les Néo-Zélandais possèdent un ratio positif de victoires face à l’ensemble des nations du rugby mondial. Cette domination avait pourtant été mise à mal au XXème siècle. En effet, jusqu’à la finale du mondial 1995, l’Afrique du Sud avait remporté la majorité des confrontations face aux joueurs du Pays au long nuage blanc. Les joueurs qui portent la tunique verte ont, cependant, totalement perdu l’honneur de cette statistique depuis. En revanche, s’ils battent beaucoup moins souvent les Blacks, les Springboks ont remporté autant de titres mondiaux qu’eux (3 chacun).
Une nouvelle histoire s’écrit depuis 2016
On connait la capacité des Néo-Zélandais à régner sur les tests, les tournées et les tournois. Sur une année entière, il est d’ailleurs rare de voir les All Blacks perdre plus de deux fois. Seulement, depuis cinq ans, il semble qu’une équipe ait trouvé la solution pour mettre à mal cette domination. En 116 ans d’histoire commune, Irlandais et Néo-Zélandais se sont affrontés à 33 reprises. Les 28 premières furent remportées par les hommes de l’île du Pacifique. Mais en 2016, à Chicago, sur terrain neutre, les hommes de l’île du Nord de l’océan Atlantique sont enfin parvenus à renverser leurs rivaux (40-29). Avant cet exploit, on pensait que les Irlandais avaient laissé passer leur chance en 2013, à Dublin, lorsque les All Blacks s’étaient imposés au terme d’une folle remontée au score (22-24).
Cependant, Chicago 2016 n’est pas resté un épiphénomène. En effet, si les All Blacks ont pris leur revanche quelques jours après à Dublin (9-21), ils se sont pris les pieds dans le tapis en 2018. Dans la capitale irlandaise, les locaux avaient écœuré les visiteurs, incapables de mettre un seul essai en 80 minutes (16-9). Une habitude qu’on ne leur connaissait pas. Mais une nouvelle fois, les hommes en noir s’étaient vengés et de la meilleure des manières, puisqu’ils avaient éliminé les Irlandais en quarts de finale de la Coupe du monde de 2019.
Une dernière victoire qui restera dans les mémoires
Ce nouveau chassé-croisé a connu un nouvel épisode samedi dernier. Le sommet de la tournée automnale a vu l’Irlande réaliser une performance majuscule face aux All Blacks. De la première à la dernière minute, les locaux n’ont cessé d’imposer leur rythme et leur puissance, obligeant les visiteurs à défendre constamment sur leurs talons. A l’arrivée, les coéquipiers de Jonathan Sexton ont quasiment passé 30 points à ceux de Sam Whitelock (29-20). Il y a des défaites qui marquent plus que d’autres et nul doute que celle-ci, les joueurs néo-zélandais s’en souviendront encore longtemps.
Ces tests remportés face aux meilleurs du monde ont une vraie signification pour les Irlandais. Après le match, le sélectionneur Andy Farrell a avoué que ces matchs permettaient à son équipe de grandir. « Plus on jouera face à eux, meilleurs on sera ». Au cours de cette partie, un homme s’est, d’ailleurs, particulièrement illustré du côté Irlandais. En effet, ce n’est pas un hasard si James Lowe, joueur néo-zélandais d’origine et venu en Irlande pour tenter de devenir international, a livré la partie de sa vie. Entre son essai et les deux plaquages qui ont sauvé son équipe sur des attaques dangereuses des All Blacks, l’ailier du Leinster a choisi son jour, tout comme le demi de mêlée Jamison Gibson-Park, également d’origine kiwi.
Massive moment in the 72nd minute as James Lowe makes a proactive read and does superbly to wrap up the ball as he tackles Ioane.
Allows Peter O’Mahony to jackal for an Ireland penalty.#IREvNZL pic.twitter.com/6Moq0huoZk
— Murray Kinsella (@Murray_Kinsella) November 13, 2021
Une rivalité qui devra encore faire ses preuves
La promesse de la naissance d’une très grosse rivalité est belle. Néanmoins, il faudra encore y ajouter quelques ingrédients pour qu’elle soit magnifique. Déjà, l’Irlande devra montrer les muscles lors des matchs à plus gros enjeux, comme lors d’une phase finale de Coupe du monde par exemple. Ensuite, le XV du Trèfle devra s’imposer davantage hors de ses bases et dans un autre cadre qu’une tournée automnale. Ça tombe bien, en juillet prochain, l’équipe d’Irlande fera le voyage à l’autre bout du monde, pour une tournée qui s’annonce bouillante. « Ce sera une tournée très rude. Je n’ai aucun doute sur le fait que les All Blacks chercheront à nous allumer dès le premier match. », assurait Andy Farrell.
Ireland head coach Andy Farrell on a ‘fantastic day for Irish rugby’ #IREvNZL #RTERugby pic.twitter.com/I5MA8eGMFl
— RTÉ Rugby (@RTErugby) November 13, 2021
Voilà donc encore une belle occasion pour les Irlandais de prouver leur valeur. Il est clair que les grands matchs entre grandes équipes participent à la construction de rivalités mythiques. Après l’Afrique du Sud, qui était la bête noire des All Blacks dans le passé, l’Irlande peut-elle devenir le nouvel épouvantail de la meilleure équipe du monde ?


