Paris Saint Germain – Olympique Lyonnais : l’heure de la répétition générale
Avant-hier, face à Paris, les Lyonnaises ne jouaient pas le titre, mais face à leur meilleur adversaire, préparaient leur finale contre Wolfsburg, le 24 mai. Les Parisiennes elles, jouaient leur deuxième place, envoyaient à distance un message à Montpellier. Le match fut plein, l’engagement entier. Au final, le score, nul, ressemblait à une victoire parisienne.
Il y avait côté lyonnais un mot sur toutes les lèvres. Répétition.
Répétition générale à l’approche de la finale contre Wolfsburg, à Kiev, jeudi prochain, le 24 mai. Répétition grandeur nature, le onze titulaire en costume, avec accessoires. De Bouhaddi à Hegerberg, de Majri à Marozsan, de Bronze à Le Sommer, de Mbock à Henry, et Bacha, et Kumagai, elles sont venues, elles sont toutes là.
En sparing partner, le Paris Saint Germain, deuxième du championnat à huit longueurs des Lyonnaises, sait que pour le titre, cette année encore, c’est Caramba, encore raté ! Il ne s’agit pas non plus de jouer les figurantes. La place de dauphine n’est pas assurée, Montpellier rôde à quelques encablures cinq points à peine, danger véritable et, en cas de défaite face à Lyon, promesse d’une dernière journée de championnat asphyxiante. A domicile plus qu’ailleurs, il faut faire montre de courage. Face aux Lyonnaises, cela frôle parfois l’héroïsme.
Car ces filles-là se métamorphosent au coup de sifflet de l’arbitre. Henry devient reine du milieu de terrain, Hegerberg et Renard semblent prendre dix centimètres d’un coup, et Marozsan y voit même dans le noir, ma main à couper. Elles ne connaissent qu’un élan vers l’avant, et, derrière, si loin, Bouhaddi, restée seule, leur crie de ne pas se préoccuper d’elle.
Devant sa télé c’est impressionnant, mais vu de Sandy Baltimore, de Grace Geroyo, de Formiga, cela doit être terrifiant.
Rien ne ressemble plus à une première mi-temps lyonnaise qu’une première mi-temps lyonnaise (bis)
Qu’a aperçu la défense parisienne des dribbles d’Amandine Henry, de sa passe à Hegerberg (Ada), de son coup de hanche précédant sa frappe (8’)? Pas grand-chose, si ce n’est que sa gardienne Endler avait déjà les gants chauds.
Souffle court, les Parisiennes.
Il n’y avait pas grand-chose à faire contre une Amandine Henry de ce niveau, attirant les ballons autant que les fautes. Et quand Marozsan passe la balle à droite alors qu’on l’attend à gauche, on a simplement envie de s’asseoir à côté de la pelouse et de la regarder faire. En face, l’autre Jennifer, l’autre numéro 10, l’Espagnole Hermoso buvait la tasse comme ses camarades, expédiait le ballon au loin, espérant que Katoto ou Délie passent par là.
Comme j’ai coutume de le dire, rien ne ressemble plus à une première mi-temps lyonnaise qu’une première mi-temps lyonnaise. Une fois de plus, les filles de Pedros nous refirent le coup. Domination, des occasions à la pelle, mais Majri hors-jeu, mais tête toute molle d’Hegerberg, Endler sur toutes les trajectoires et…. aucun but à la mi-temps.
En général tout se passe dans le deuxième acte.
La bande à Delie contre-attaque
Mais voilà, Paris, ce n’est pas Marseille, ce n’est pas Lille, ni Fleury FC. Au retour des vestiaires, la bande à Délie n’a plus peur de rien, se montre même entreprenante. Pas de quoi s’approcher de Bouhaddi, ça pousse quand même. Baltimore est restée tout le match le souffre-douleur préféré de Le Sommer et Bronze, ridiculisée par une somptueuse aile de pigeon de l’Anglaise (80’). Mais Périsset, sur son côté droit gambade, relance de loin, et les Parisiennes sont même parvenues à franchir la ligne médiane. L’impensable manque de se produire à la 63ème, avec une frappe de Délie, repoussée par la gardienne lyonnaise, qui, enfin se met à transpirer un peu.
Touchez pas à Bouhaddi !
Sentence immédiate. Cinq minutes plus tard, Hegerberg, dans la surface, enrhume Geroyo, d’une roulette-petit-pont-dribble, grossière faute de la Parisienne, penalty. A quoi pense une joueuse au moment de le tirer ? Il faut vraiment que Marozsan ait l’esprit loin, bien loin du stade de Saint-Germain-en-Laye, à Kiev peut-être, pour confondre Endler avec une partenaire, et du penalty, faire une simple passe à la gardienne (69’). On reste à zéro zéro.
Ada vs. Andrine
Lyon s’agace, force son jeu, se jette sur les ballons. Rien n’aboutit. L’irréparable n’a jamais semblé si proche, à la 79ème, lorsque Diani, fraîchement entrée à la place de Katoto, centre pour Délie, mais Bouhaddi, au sol, du bout de ses gants tout propres, repousse le ballon. Ou à la 85ème, lorsque l’autre Hegerberg, Andrine, entrée en jeu à la place de Diallo, frappe superbement à quelques centimètres du poteau droit lyonnais.
Entrée à la place de Bacha, Abily crut que sa tête à bout portant ferait mouche. Encore aurait-il fallu ne pas l’expédier droit sur Endler (87’). Ni Cascarino, ni Van de Sanden, remplaçant Henry et Le Sommer, ne surent remettre le jeu lyonnais à l’endroit.
La répétition générale prit fin au coup de sifflet de l’arbitre. Reynald Pedros le sait. Le compte à rebours est lancé pour étouffer la fausse note du soir, cette inefficacité devant le but, maudite, incompréhensible. Jeudi 24, la représentation doit être parfaite.


