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Endurance

24 Heures du Mans : Ce qu’il faut retenir de la 90ème édition

Antoine Ancien

Publié le

24 Heures du Mans ce qu'il faut retenir de la 90ème édition
Photo Icon Sport

24 HEURES DU MANS 2022 – Au lendemain de l’arrivée de cette édition 2022, Dicodusport revient sur les faits marquants de la mythique course d’endurance.

Toyota l’emporte pour la cinquième fois consécutive

En soi, ce n’est pas un exploit. Largement favori et face à une concurrence trop faible, le constructeur japonais aligne une cinquième victoire dans son histoire en terre mancelle. La cinquième d’affilée, ce qui lui permet de rejoindre Porsche et Audi qui avaient déjà par le passé réussi pareille série. En tête une bonne partie de la course, la Toyota #7 des tenants du titre a été victime ce dimanche matin d’un problème électronique. Le temps de faire un reset complet de l’auto et d’observer un passage par le pit lane, et le mal était déjà fait. Car la Toyota #8 rattrapait son retard, et prenait la tête de la course pour ne plus la lâcher jusqu’à l’arrivée. Sébastien Buemi, Brendon Hartley et le nouveau venu Ryō Hirakawa pouvaient exulter.

Glickenhaus signe son premier podium dans la Sarthe

Derrière l’équipage de la #7 qui offre à Toyota un doublé, le constructeur américain Glickenhaus peut se satisfaire d’avoir réussi sa propre course. Même si la #708, troisième en début de soirée a connu quelques déboires avec la sortie de piste d’Olivier Pla au virage du tertre rouge, la #709 a quasiment réalisé un sans-faute pour s’adjuger la troisième marche du podium. Après avoir échoué aux portes de celui-ci en 2021, le rêve de Jim Glickenhaus s’est en partie réalisé.

Bien entendu, Alpine ne pouvait rien espérer. Avec une Bop (Balance de Performance) modifiée à la veille du départ qui lui a fait perdre 13 chevaux par rapport à l’Hyperpole de jeudi soir (elle avait alors 580 ch), on devinait les intentions des organisateurs de l’épreuve même si on se gardera de tout commentaire. Le prototype Alpine étant une ex-LMP1, une sorte de « Rebellion rebadgée », a encore obtenu cette année une dérogation afin de concourir en championnat WEC. Alors, pendant cette course de 24h, elle n’a pu récolter les lauriers escomptés. Pouvait-il en être autrement ? De toute façon, l’équipe de Philippe Sinault a été accablée d’ennuis techniques bien trop vite. Si bien que la traversée du désert de la Française s’est soldée par une anonyme 23ème place au classement général, à 18 tours de la Toyota victorieuse.

Jota domine le LMP2, Kubica devra encore patienter

La catégorie LMP2 était la plus fournie du plateau. Comme toujours, il fallait s’attendre à une course à suspense. Ce fut le cas. Alors que l’Oreca #22 du team United Autosports était très bien partie, René Rast, pilote du team WRT #31, envoyait l’Américain Will Owen dans les bacs à graviers. Contraint d’attendre que la dépanneuse remette l’auto sur ses deux routes en piste, et s’en était déjà fini de tout espoir de bien figurer au classement.

Performantes, les autos du team Jota ont imprimé un fort tempo. Alors que l’écurie de Vincent Vosse, WRT, n’a pas vécu les mêmes joies que l’an dernier quand la #31 s’était imposée, ce sont les Anglaises qui se sont illustrées tout le long de la course. Au final, c’est fort logiquement que la #38 de Roberto Gonzales, Antonio Felix Da Costa et Will Stevens l’emporte devant… la #9 de Prema Orlen. Robert Kubica, l’un des trois pilotes avait déclaré un peu plus tôt dans la semaine dans les colonnes de Motorsport.com : « Je suis au Mans parce que je n’ai pas gagné l’an dernier ».



Tout le monde se rappelle la désillusion dont lui et son équipe avaient été victimes avec la WRT #41 en 2021. Malgré une très belle course cette année, le Polonais n’a rien pu faire pour empêcher l’inarrêtable Jota qui le précède de 2’20’’. La troisième place revient à l’autre Jota, la #38. Nyck De Vries, qui a remplacé au pied levé le rookie Philippe Cimadomo, exclu de la compétition par les commissaires de piste car le considérant trop dangereux, aura été l’un des artisans de la très belle performance de la TDS Racing X Vaillante qui s’empare de la quatrième place.



GTE Pro : Porsche remporte son duel face à Ferrari, Corvette maudit

Que les dieux du Mans peuvent être cruels. Au-dessus de la mêlée depuis la journée test, les deux Corvette, qui partaient par ailleurs en première ligne, confirmaient leur domination face à Porsche et Ferrari. En tête de la course, la Corvette #63 d’Antonio Garcia a d’abord subi une crevaison après le virage de Mulsanne, samedi aux alentours de 23h. Plus que son pneu avant gauche déchiré, la belle Américaine a aussi connu d’importants dégâts qui seraient liés à la suspension. Son abandon dimanche à 9h30 était officialisé.

Seule représentante dès lors, la Corvette #64 aux mains d’Alexander Sims se battait avec la Ferrari #51 pour le leadership quand la LMP2 de François Perrodo, voulant se frayer un chemin, la poussait dans les rails en pleine ligne droite des Hunaudières peu avant 10h. Le choc était violent mais le pilote, sorti indemne tenait le coup. La team manger Laura Klauser était dévastée comme l’ensemble du staff technique de Corvette Racing.

En l’absence des autos jaunes, le duel était tout trouvé : Porsche-Ferrari. Longtemps au coude-à-coude, le dernier mot revenait à la 911-RSR #91 de Frédéric Makowiecki, Richard Lietz et Gianmaria Bruni. Profitant d’une crevaison de sa concurrente, l’AF Corse #51, le constructeur allemand s’impose avec une avance de 42 secondes et renoue ainsi avec la victoire qui lui échappait depuis 2018. L’autre Ferrari, la #52 finit troisième. Notons que c’était la dernière apparition des GTE Pro au Mans, une nouvelle réglementation prévoyant l’instauration d’une catégorie reprenant les codes du GT3 en 2023.

GTE Am : TF Sport domine le Weathertech Racing

Il y aura eu du suspense dans cette catégorie réservée aux gentlemen drivers. Plusieurs équipes pouvaient légitimement prétendre à la victoire dimanche après-midi. Julien Andlauer et la Porsche #79 du Weatherthech Racing ont dominé une bonne partie de la course. Mais Aston Martin s’est montré plus fort. La remontée de la #33 de TS Sport, partie loin sur la grille est à souligner. Sans aucun souci ou presque, Ben Keating, Henrique Chaves et Marco Sorensen ont réussi leur course. Ils s’imposent donc devant la Porsche #79 et une autre Aston Martin, la #98 du Northwest AMR.

Le retour du public salué

Après un huis-clos en 2020 et avec une jauge de 50 000 spectateurs en 2021, les amoureux du Mans ont pu revenir nombreux cette année. Ainsi, et d’après les chiffres annoncés par l’ACO, 244 200 personnes se sont massées dans les allées du circuit de la Sarthe sur les deux jours. C’est certes moins qu’en 2019 (252 500) ou 2016 (263 500) mais cela reste de beaux chiffres. En attendant l’édition 2023, celle du centenaire des 24 Heures du Mans, qui devrait attirer peut-être encore davantage de monde grâce aux retours de certains grands constructeurs qui viendront se livrer bataille avec Toyota en hypercar. Nous avons déjà hâte d’y être. Avant cela, nous assisterons aux débuts de la Peugeot 9X8 lors des 6h de Monza, prochain meeting du WEC qui se tient le dimanche 10 juillet.

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