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Masters 1000 féminin de Toronto : Le retour de Sofia Kenin

Romain Fiore

Publié le

Masters 1000 féminin de Toronto Le retour de Sofia Kenin
Photo Icon Sport

MASTERS 1000 FÉMININ DE TORONTO – Cela fait désormais huit mois que Sofia Kenin n’a pas remporté un match en tournoi WTA. De retour après presque six mois d’absence, la lauréate de l’Open d’Australie 2020 espère retrouver la forme au tournoi de Toronto, avant d’attaquer l’US Open à la fin du mois. 

Sofia Kenin sera-t-elle de retour à son meilleur niveau, comme lors de sa victoire à l’Open d’Australie en 2020 ? C’est difficile de prévoir l’avenir, mais au vu de l’instabilité au sommet du tennis féminin, tout peut arriver, et un comeback n’est pas impossible. Pourtant, tout avait bien commencé pour cette Américaine née à Moscou de parents russes, qui emménagent aux États-Unis quelques mois après sa naissance. Douée dès son plus jeune âge pour le tennis, l’Américaine performe au point d’être entraînée par Rik Macci à l’âge de cinq ans. L’ex-coach de Maria Sharapova, Serena Williams ou Venus Williams, entre autres,  s’occupera d’elle jusqu’à ses 12 ans. Sur le circuit juniors, elle se hisse même jusqu’à la deuxième place mondiale, avec comme point d’orgue la victoire à domicile lors de l’US Open 2014.

Elle débute sa carrière professionnelle en 2017, et s’affirme petit à petit en 2018 avec ses premières victoires convaincantes sur le circuit. Elle commence à éclore lors de ses participations aux Grands Chelems avec une qualification au second et troisième tour à Wimbledon et l’US Open. Des bonnes performances qui lui permettent de disputer le Masters 1000 d’Indian Wells et d’intégrer le top 100 du classement WTA à seulement 18 ans. Elle confirme par des qualifications en demi-finale des tournois WTA de Majorque et de Québec, en sortant des têtes de série comme Caroline Garcia et Monica Puig, mais s’incline respectivement face à Tatjana Maria et Jessica Pegula. À la fin de l’année elle se hisse même dans le top 50 du classement WTA et termine 49eme.

Les premiers titres

Elle commence parfaitement l’année suivante en remportant le premier titre WTA de sa jeune carrière en Australie à Hobart, face à la Slovaque Anna Karolína Schmiedlová en deux sets (6-3, 6-0). Et si elle s’incline en finale du tournoi d’Acapulco face à Wang Yafan, elle crée la sensation lors de l’édition 2019 de Roland-Garros. En sortant à la surprise générale Serena Williams au deuxième tour. L’Américaine élimine sa compatriote lauréate de 23 tournois du Grand Chelem. Elle va alors remporter deux autres titres cette année-là, avec le tournoi de Majorque en juin mais aussi celui de Guangzhou en septembre.

Alors 15ème mondiale, elle entame la saison suivante à l’Open d’Australie sans grand résultat avant le tournoi. Elle atteint pour la première fois les huitièmes de finale en battant des qualifiées, et se retrouve à éliminer sa très jeune compatriote Cori Gauff, âgée de 15 ans et tombeuse de Naomi Osaka, en deux heures de jeu. Elle fait tomber la surprise du tournoi au tour suivant, la Tunisienne Ons Jabeur, et retrouve la numéro une mondiale, Ashleigh Barty, qui joue à domicile, en demi-finale.

La consécration

Dans un duel âpre d’1h45, et après 4 balles de set sauvées, l’Américaine l’emporte 7-6, 7-5 et file vers la première finale de Grand Chelem de sa carrière. Face à l’expérimentée Garbiñe Muguruza, elle s’impose en trois sets et remporte à 21 ans le premier Grand Chelem de sa jeune carrière. Elle devient alors la plus jeune joueuse à s’imposer à Melbourne depuis Maria Sharapova en 2008, mais également la plus jeune Américaine à remporter un majeur depuis Serena Williams en 1999.





Après l’arrêt des compétitions à cause de la pandémie de Covid, elle confirme ses bonnes dispositions à Roland-Garros disputé en octobre, et file jusqu’en finale. Diminuée à la cuisse, elle s’incline face à la surprise du tournoi Iga Swiatek, seulement 19 ans et qui remporte le premier Grand Chelem de sa carrière. Elle termine la saison en étant élue joueuse WTA de l’année, avec notamment deux finales de majeur à son compteur.

Les montagnes russes

Mais comme dans tous les sports, encore plus avec le tennis féminin, tout peut aller très vite dans le très bon, comme dans le très mauvais, et ça, Sofia Kenin l’a bien vécu. Si elle a réalisé une saison 2020 quasi parfaite, l’Américaine a vécu une saison 2021 presque cauchemardesque. Elle a été éliminée à la surprise générale à l’Open d’Australie par Kaia Kanepi, alors qu’elle défendait son titre, au second tour. Après le match, Kenin a admis en larmes que la pression de défendre son titre était écrasante. Retirée de nombreux tournois après avoir été opérée de l’appendicite, elle est de retour quelques mois après mais enchaîne les mauvais résultats. Même à Roland-Garros elle va jusqu’en huitièmes de finale où elle s’incline face à la Grecque Maria Sakkari. C’est alors qu’elle décide de se séparer de son entraîneur de toujours, son père, qui l’a amené vers ses plus grands succès.

Finalement elle reprend son paternel comme entraîneur quelques mois plus tard. Elle pensait alors repartir en 2022 sur des nouvelles bases, mais depuis son élimination au premier tour de l’Open d’Australie, elle s’est lourdement blessée à la cheville et a dû porter une attelle et une botte de protection pendant un total de six semaines. Elle a ainsi dû être absente des courts de tennis entre le mois de mars et celui d’août. Elle est revenue la semaine dernière en compétition lors du tournoi WTA 250 de Washington D.C.

En s’inclinant face à Camila Osario au premier tour, la désormais 416ème mondiale a néanmoins pu retrouver la compétition. Inscrite au Masters 1000 de Toronto (à l’aide d’un classement protégé), l’Américaine va pouvoir se frotter cette semaine au très haut niveau. Opposée à sa compatriote Sloane Stephens au premier tour, elle va devoir lutter pour espérer décrocher une première victoire sur le circuit depuis début janvier. C’était lors de sa rencontre au deuxième tour face à Ajla Tomljanovic, au tournoi d’Adélaïde.

« J’ai senti plus de pression de l’extérieur. J’ai essayé de faire de mon mieux, mais de toute évidence, certains nerfs ont pris le dessus. On devrait s’y attendre, quelques personnes m’ont dit que c’est normal après un Grand Chelem, une finale, tu as plus de pression. J’ai mis plus de pression sur moi-même parce que j’avais l’impression qu’on s’attendait à ce que je le fasse chaque fois. C’est irréaliste à moins d’être comme Novak (Djokovic) ou comme Rafa (Nadal) ou Serena (Williams) » a expliqué Sofia Kenin après sa défaite au tournoi de Washington, déclarant même qu’elle ne perd pas son objectif de remporter à nouveau un Grand Chelem. « Absolument. J’y crois. Cela n’a jamais changé. En ce moment, tout est à 100%. Je fais ce que je peux de mon côté. Ça devrait venir. »

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