Non, Bruno Genesio n’est pas le maillon faible de l’OL
Pointé du doigt et traîné dans la boue par les supporters et certains observateurs, Bruno Genesio a prouvé qu’à Lyon, le maillon faible, ce n’était pas lui et qu’au contraire, il était capable de mettre à mal tactiquement l’un des meilleurs entraîneurs du monde.
Une leçon en première période
L’Olympique Lyonnais a réalisé une première mi-temps au presque parfait contre Manchester City et c’est en bonne partie grâce à son entraîneur. Le choix du système, le 4-4-1-1 pour contrer les couloirs des Citizens et leur organisation défensive globale dans laquelle il a demandé à ses joueurs d’alterner entre un pressing haut amenant les deux buts du soir et un bloc plus bas et regroupé dans les temps faibles, a déstabilisé l’adversaire. Avant le match, ses choix au niveau des joueurs étaient déjà moqués, Diop et Cornet à la place de Tousart et Traoré, le premier a été excellent dans le combat en apportant son impact physique, l’autre a été buteur et n’a cessé de défendre jusqu’à sa sortie.
Ce n’est qu’un match…
On les entend déjà les mauvaises langues dire que ce n’est qu’un match, que cela ne veut rien dire et que Bruno Genesio est toujours un entraîneur qui n’est pas au niveau. Deux choses à redire à cela. Ce n’est qu’un match mais pas n’importe lequel : face au champion d’Angleterre et à celui qui est considéré comme l’un des meilleurs coachs au monde. La deuxième chose et la plus importante, c’est que pour beaucoup, les choix de Genesio étaient encore plus mauvais que d’habitude pour ce match. Oui, tout le monde craignait le pire et pourtant… La grosse différence avec la rencontre à Caen, outre les choix de l’entraîneur, c’est l’envie des joueurs présents sur le terrain. Quand l’état d’esprit est celui qu’il a été mercredi, les choix peuvent être payants et l’OL sera alors une équipe redoutable. Quand c’est celui de Caen, peu importe le système et les joueurs choisis, les Gones ne feront pas rêver.
Fekir et Aouar, ça change tout
Les performances de Nabil Fekir et d’Houssem Aouar ne sont pas étrangères à l’exploit de l’OL en Angleterre. D’abord, le capitaine, passeur décisif et buteur, de retour à son meilleur niveau après une préparation tronquée par la Coupe du monde. Sur les deux buts, c’est lui qui récupère le ballon grâce à son pressing avant d’être décisif. Quand Lyon peut compter sur un Nabil Fekir à ce niveau, offensif et avec cette intensité dans le replacement, cela change beaucoup de choses. Pour Houssem Aouar, c’est un peu différent. Écarté en début de saison, il a prouvé en première mi-temps que sa place était sur le terrain et qu’il était un joueur de grande classe. Sa qualité technique, de conservation du ballon ou de passe en font un joueur indispensable dans les grands matchs. En manque de temps de jeu, il a décliné dans le deuxième acte.
Comme pour beaucoup d’entraîneurs, les choix sont toujours discutables, comme lorsque Tuchel titularise Marquinhos au milieu contre Liverpool par exemple. Mais Bruno Genesio n’est pas le point faible de l’OL cette saison. Quand on regarde les deux derniers matchs, la différence entre Caen et Man City est l’apport d’une ou deux individualités, mais surtout un état d’esprit global de l’équipe qui fait que l’OL a eu deux visages complètement opposés. Et sur ce point, l’état d’esprit, l’entraîneur a un vrai rôle à jouer. Au technicien lyonnais de prouver qu’il peut être un meneur d’hommes et que cet exploit n’en était en fait pas un.

