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Coupe du monde de ski alpin

Ski alpin : Comment Marco Odermatt a remporté le géant de Sölden ?

Pierre Gorce

Publié le

Ski alpin Comment Marco Odermatt a remporté le géant de Sölden
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE DE SKI ALPIN 2022-2023 – Hier, sur le glacier du Rettenbach à Sölden, le Suisse Marco Odermatt a survolé la première course de la saison en s’imposant sur le géant. Mais comment a-t-il conservé 76 centièmes à l’arrivée ? Analysons minutieusement ses deux manches.

Pour la première étape de la Coupe du monde, les hommes avaient rendez-vous à Sölden, pour un slalom géant. Marco Odermatt confirme qu’il est toujours le meilleur skieur du monde. L’Helvète a déjà montré sa grande forme en gagnant avec la manière sur la neige autrichienne. Revenons sur la façon dont il a construit cette victoire.

L’orfèvre Odermatt, tailleur de mur

Lors des premières secondes de son run, Marco Odermatt a simplement voulu préparer son entrée de mur. Le Suisse prend un maximum de vitesse et va se placer très haut dans la banane pour avoir une ouverture suffisante pour la suite. Dès que la pente est plus raide, aucun temps d’adaptation. La première porte du mur est prise au bon endroit et il n’a pas à rectifier sa trajectoire. Rien que cette préparation lui fait gagner de précieux centièmes. Dans le Rettenbachjoch, son ski est fluide, sans faute, cette hauteur et ce dynamisme lui permettent de gagner 6 dixièmes sur Manuel Feller parti juste avant, avec le dossard 2. Le skieur d’Hergiswil a engrangé suffisamment de vitesse (la 5e de la première manche) et fonce vers la ligne. Le plat final n’est qu’une formalité, il sera le seul athlète sous la minute.

Ski alpin Sölden Marco Odermatt remporte le géant d’ouverture

Marco Odermatt, impérial à Sölden – Photo Icon Sport

Tout s’est joué dans le mur lors de cette première manche. Lucas Braathen, 2ème, a fait jeu égal avec Odermatt sur toutes les autres portions. Nous avons pu constater que le ski du jeune norvégien était plus agressif, moins bouclé mais avec beaucoup de dérives, à la manière d’un Ted Ligety. Quatre dixièmes envolés dans la pente, c’est l’écart à l’arrivée. Constat à peu près similaire pour Zan Kranjec, 3e. Le Slovène ne va pas perdre de temps dans le mur mais c’est sa manière de skier qui va le reléguer à près de 7 dixièmes de la tête. Par exemple, il a trop jeté les skis sur certaines boucles. Quelques passages ont manqué de propreté même s’il y a eu de l’efficacité. En arrivant sur la partie plane, pas assez de vitesse (la 38e des engagés) et le chrono défile.

Plusieurs coups de chaud, sans conséquence

Marco Odermatt a joué à se faire peur lors de la seconde manche. En haut du tracé, juste avant le premier intermédiaire, il va faire une petite faute d’intérieur. Pas de panique, l’esthète helvète se relève vite et reprend directement la ligne avant le mur. Dans celui-ci, ce fut plus chaotique. À certains moments, le skieur de 25 ans était presque allongé sur la neige, comme s’il était la vedette d’une compétition de carving. Son intensité était moins grande que lors de son premier passage, on l’a senti faiblir, faire plus de chemin. Pourtant, sa vitesse reste suffisante avant d’entamer les derniers instants de course. Le meilleur skieur du monde conserve 76 centièmes sur son dauphin Zan Kranjec, auteur d’un très bon deuxième run. Une nouvelle démonstration pour celui qui n’a plus quitté le podium en géant depuis le 27 février 2021. C’était lors de l’épreuve de Bansko, en Bulgarie (5e).

La seconde manche d’Henrik Kristoffersen est sans doute la plus impressionnante du plateau, bien qu’elle n’ait pas mis en danger la suprématie d’Odermatt. Une grosse erreur sur la partie haute a failli le faire sortir du tracé, mais la suite fut très convaincante. Le Norvégien tente de se rattraper en proposant un ski avec engagement maximum. Son mur est plein d’envie, il fonce droit sur les portes et arrive avec une demi-seconde d’avance sur son compatriote Rasmus Windingstad avant les derniers mètres. Mais sa vitesse est beaucoup trop faible sur le plat et Kristo ne gardera que 14 centièmes de marge. Troisième place finale, il aurait pu être deuxième ce dimanche à Sölden.





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