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Endurance

WEC : Ce qu’il faut retenir de la saison 2022

Antoine Ancien

Publié le

WEC Ce qu'il faut retenir de la saison 2022
Photo Icon Sport

WEC – Le Championnat du monde d’endurance a rendu son verdict samedi avec les 8 Heures de Bahreïn. Dicodusport revient sur les faits marquants du cru 2022.

Toyota tout en contrôle

L’an passé, Toyota a raflé la couronne mondiale en s’imposant sur tous les tracés proposés par le calendrier. Cette année, on pourra au moins se dire qu’il y avait du suspense quant à l’attribution des trophées à l’amorce de la dernière manche. Avec quatre succès, Toyota a certes réaffirmé sa domination sans partage sur la discipline depuis maintenant quatre années, mais tout n’a pas été simple. D’abord, la saison avait bien mal débuté pour les hommes de Pascal Vasselon. En mars dernier, lors des 1 000 Miles de Sebring, Alpine s’était offert son premier succès de son histoire en Hypercar et mettait déjà la pression sur son adversaire.

Jamais pleinement sereines, les équipes de Toyota Gazoo Racing ont pourtant connu leur moment de gloire en s’adjugeant un doublé dans la Sarthe au mois de juin, lors des 24 Heures du Mans. Une course durant laquelle leurs concurrents, Glickenhaus mais surtout Alpine n’ont jamais été capables de peser. L’écurie française, gérée par la structure de Signatech, aura malgré tout réussi à poser des problèmes aux Japonaises. Finalement, tout s’est joué ce samedi à Bahreïn. Grâce à sa deuxième place, l’équipage de l’auto #8 composé de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa est sacré champion du monde.

Les débuts de la Peugeot 9X8 en compétition

C’était l’attraction de la deuxième partie de saison. En rejoignant le monde de l’endurance lors des 6 Heures de Monza, Peugeot attisait autant de curiosité que de doutes. Avec une auto dépourvue d’aileron arrière, les interrogations liées à la performance pure étaient légitimes. Il est vrai que les 9X8 ont connu beaucoup d’ennuis mécaniques et ne se sont pas réellement mêlées à la lutte pour la victoire. Il n’empêche, la firme frappée du lion a affiché par moment un bon rythme en course. Au final et comme meilleur résultat, nous retiendrons deux quatrièmes places obtenues lors des deux derniers meetings. Mais l’essentiel n’est pas là. Peugeot s’était donné comme objectif d’accumuler des kilomètres et de recueillir un maximum de données. Prometteur en vue de la saison prochaine.

Le team Jota plus régulier que la concurrence en LMP2

Quatre podiums, une quatrième et une sixième places. Ce sont les chiffres de l’Oreca 07 #38 du team britannique Jota. Roberto Gonzales, Will Stevens et Antonio Felix Da Costa se sont montrés les plus réguliers pour remporter le titre des pilotes LPMP2. Certes, les trois hommes n’auront remporté qu’une seule course. Mais pas n’importe laquelle puisque celle-ci comptait double. Il s’agit bien évidemment des 24 Heures du Mans, une épreuve largement dominée par Jota qui a réussi à placer sa deuxième auto sur la troisième marche du podium. Une saison plus que réussie avec le titre des équipes en prime. Championne du monde en titre, le team belge WRT échoue au second rang avec 21 points de retard à l’arrivée pour la #31.

Pour la dernière sortie des LM GTE Pro, Ferrari remporte sa bataille avec Porsche et fait coup double

Le scénario de novembre 2021 avait été fatal à Porsche. Le constructeur allemand était proche de glaner les titres pilotes et constructeurs lorsque Ferrari l’a coiffé dans les dernières minutes des 8 Heures de Bahreïn 2021. Tout comme l’an dernier, le duel pour le titre concernait les autos #51 et #92. Après la victoire inaugurale à Sebring de Kevin Estre et Michael Christensen pour Porsche, la Ferrari #51 que partagent James Calado et Alessandro Pier Guidi a répondu en s’imposant à deux reprises, en premier lieu lors des 6 Heures de Spa Francorchamps puis aux 6 Heures de Fuji. A cela s’ajoute une deuxième place aux 24 Heures du Mans derrière une autre Porsche, la #91. Avant d’arriver à Bahreïn samedi pour la finale du championnat du monde, le duo de la Ferrari AF Corse comptabilisait 11 points d’avance sur celui de Porsche.



A l’arrivée, et ce malgré sa cinquième et dernière place de la catégorie, Calado-Pier Guidi s’adjugent un deuxième titre pilotes consécutif. En face, l’équipage de la #92 n’a pu faire mieux que troisième. Insuffisant donc pour espérer meilleur dénouement. Le titre constructeur revient également aux hommes d’Amato Ferrari.



Cette saison marquait la dernière apparition des LM GTE Pro en compétition. Tandis que Porsche et Ferrari vont débarquer en Hypercar en 2023, les membres de l’ACO et de la FIA ont décidé de revoir en profondeur la catégorie dédiée aux autos Grand Tourisme. C’est ainsi que l’on observera une période de transition l’année prochaine. Seul le GTE Am persistera pour une saison supplémentaire, avant que 2024 marque l’entrée d’une toute nouvelle catégorie reprenant les codes du GT3.

Marco Sorensen et Ben Keating offrent le titre à TF Sport en LM GTE Am

Accompagnés par Henrique Chaves sur quelques courses, Marco Sorensen et Ben Keating ont réalisé une campagne presque parfaite. Avec deux succès et trois deuxièmes places glanées sur les six courses disputés, les deux hommes étaient tout simplement les plus forts à bord de leur Aston Martin Vantage #33. Seule ombre au tableau, l’abandon subi aux 6h de Monza et le crash terrible d’Henrique Chaves, fort heureusement sans conséquence.

La Balance de Performance (BoP) encore et toujours au centre des débats

Si Alpine a tenu tête à Toyota cette saison, c’est en grande partie dû à une Bop réajustée. Tant mieux pour le spectacle, le suspense a demeuré entier avons-nous envie de dire. Mais tout le monde a vite compris que le prototype français (ex-LPMP1) ne pourrait pas défendre correctement ses chances d’une course à l’autre. Après des débuts prometteurs à Sebring puis à Spa, Alpine s’est montré tout simplement impuissant aux 24 Heures du Mans. Il y a certes eu les ennuis mécaniques. Mais il y a aussi eu une Bop qui s’est révélée être inéquitable par rapport à Toyota et Glickenhaus. Samedi à Bahreïn, les Toyota ont terminé avec une avance supérieure à deux tours par rapport au prototype ex-LMP1. Il est inutile d’en dire plus.

L’arrivée des plus grandes marques en 2023 en LMH (Le Mans Hypercar) et LMDh (Le Mans Daytona Hypercar) va permettre à l’endurance de gagner en popularité et en visibilité. Ce coup de projecteur sur la discipline aura surtout lieu lors du centenaire des 24 Heures du Mans. Gageons donc que les instances dirigeantes laisseront les constructeurs présents se battre librement entre eux pour la gagne, en délaissant un peu la Bop, un système qui semble incompatible avec la course à l’innovation. Cela semble peu probable. Mais nous avons le droit d’y croire.

 

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