Bleu, Blanc, Rouge #14 : à Rio, l’équitation française se relève après la chute
Votre blog dicodusport.fr revient pour vous sur un moment de légende réalisé par des sportifs français. Episode 14, cette semaine nous retrouvons les exploits de nos cavaliers à Rio, il y a un peu moins d’un an. Trois médailles dont deux en or par équipes, le bilan est magnifique pour une fédération qui était revenue bredouille de Londres, quatre ans auparavant.
L’équitation française est rentrée des Jeux Olympiques de Londres, en 2012, avec un gros mal de tête. Passés à côté de la compétition, les cavaliers se devaient de remettre leur sport sur de bons rails en prouvant que cet échec était sans lendemain et qu’ils appartenaient toujours à l’élite. Probablement un peu tendres quatre ans plus tôt, ils sont prêts à en découdre outre-Atlantique. Les premiers jours d’épreuves ne sont pas brillants pour la délégation française. Il faut un déclic, c’est l’équitation qui va l’apporter.
Le 9 août, à l’issu d’un final haletant, la France remporte la médaille d’or du concours complet par équipes. En embuscade après le dressage et le cross, les français vont réaliser une épreuve de saut d’obstacles remarquable. Karim Laghouag, puis Thibaut Vallette sortent avec un sans-faute. La médaille se profile et le titre est au bout des sabots des deux derniers chevaux de l’équipe de France. Mais voilà, la perfection n’est pas de ce monde, et Mathieu Lemoine fait corps avec un animal tendu par l’enjeu. Il se crispe sur le final et se voit pénalisé par deux fois sur les deux derniers obstacles. Désormais le titre s’éloigne. Mais celui qui s’élance pour faire la décision finale, c’est un crack ! Astier Nicolas n’a que 27 ans, mais il a du sang froid qui coule dans ses veines. Il ne ressent aucune pression au moment de réaliser un nouveau parcours parfait. La médaille est assurée et lorsque, à tour de rôle, la légende néo-zélandaise Mark Todd et l’australien Christopher Burton, font des fautes, c’est carrément la Marseillaise que l’on s’apprête à entendre raisonner à Deodoro. Voici le premier titre olympique de la délégation française à Rio et c’est l’équitation qui le ramène.
Parmi les vingt-cinq meilleurs cavaliers après le concours par équipes, l’hyper-régulier Astier Nicolas se présente pour un second passage devant les obstacles pour, cette fois-ci, décrocher une médaille en individuel. Il ne commet qu’une erreur et termine à la seconde place. Deuxième médaille de la journée pour le toulousain.
Huit jours plus tard, l’équipe de France d’équitation va revivre une journée exceptionnelle. Cinquième après la première journée de compétition, l’équipe de saut d’obstacles va réussir trois passages quasi-parfait. Alors que leur leader Simon Delestre, numéro un mondial, devait déclarer forfait pour l’ensemble des compétitions suite à la blessure de son cheval, les Bleus allaient montrer des ressources inattendues. Son remplaçant Philippe Rozier, en difficulté la veille, ne concède qu’un simple point de pénalité pour dépassement de temps. Les passages de Kevin Staut et de Roger Yves Bost se font sans fautes, bien qu’un point de pénalité est infligé à ce dernier pour dépassement de temps également. Pénélope Leprevost peut fêter la deuxième médaille d’or du clan français sans même avoir à sauter, étant donné que sa chute lors des qualifications ne lui donne aucune chance de bien figurer dans le concours individuel. L’équipe de France olympique décroche là sa trentième médaille et la huitième en or, quarante ans après le dernier titre olympique dans cette épreuve, c’était à Montréal en 1976, où figurait notamment Marcel Rozier, le père de Philippe Rozier, fraîchement couronné.
À la fin de cette quinzaine historique, l’équitation française peut se targuer d’avoir retrouvé sa place parmi les toutes meilleurs nations de son sport et peut se féliciter de ses décisions prises à la suite de l’olympiade calamiteuse de Londres. La formation française est un exemple connu et reconnu et l’implication de Nicolas Touzaint, champion olympique par équipes à Athènes en 2004, dans un rôle de réserviste de luxe aura portée ses fruits.



