France – Angleterre, une élimination amère pour les Bleus
Retour sur le dernier quart de finale de l’Euro 2017 entre la France, privée de sa capitaine Wendie Renard et l’Angleterre.
L’avant-match
Le dernier quart de finale met face-à-face deux équipes aux trajectoires différentes dans cet Euro. L’équipe de France, régulièrement placée à ce niveau de la compétition (en 2009 et 2013), mais n’ayant jamais pu atteindre les demi-finales, qui a eu toutes les peines du monde pour sortir d’une poule à la portée de la 3ème nation mondiale au classement de la FIFA, se retrouve opposée à l’équipe d’Angleterre, première de sa poule avec trois victoires à son compteur, dix buts marqués pour un seul encaissé et une victoire 6-0 face à l’Ecosse. L’absence de la capitaine tricolore Wendie Renard, suspendue, allait mettre en péril l’avenir bleu dans ce tournoi. Quel impact la guerre verbale entamée par le sélectionneur français Olivier Echouafni allait-elle avoir sur ses joueuses et sur celles de son homologue Mark Sampson ?
La première mi-temps
Dès le coup d’envoi, on peut ressentir la tension qui règne sur le terrain de Deventer. La première mi-temps démarre et les occasions ne sont pas au rendez-vous. Clairement, ce match est équilibré, les deux équipes se valent et personne ne parvient à prendre l’ascendant. Mis à part le tacle très appuyé de l’anglaise Jill Scott sur Amandine Henry, au milieu du terrain, les deux pieds décollés. Les bookmakers prédisaient un match serré, étriqué, ils ne s’étaient pas trompés.
La deuxième mi-temps
La pause ne semble pas avoir libéré les vingt-deux actrices. On approche de l’heure de jeu et sur leur premier tir cadré, les britanniques ouvrent le score. Une anticipation au milieu du terrain, un contre rondement mené, il n’en fallait pas plus à cette diablesse de Jodie Taylor pour tromper Sarah Bouhaddi la portière française, d’une frappe croisée. Il s’agit là de son cinquième but depuis le début de la compétition. Ce malheureux contre-temps lance véritablement la partie des Bleues. Sentant que leur destin ne leur appartient plus à ce moment-là, elles lâchent les chevaux. Cependant, ce soir, le réalisme est anglais. Que ce soit Kadi Diani, d’une frappée sauvée à quelques mètres de la ligne de but, un cafouillage qui permet à Marie-Laure Délie de frapper dans un angle fermé, ou encore l’attaquante française sur un débordement d’Elodie Thomis qui venait de rentrer, le sort est cruel. Le manque de confiance après une phase de poule médiocre semble trotter dans les têtes. La réussite est restée en France et l’histoire semble se répéter. Les situations dangereuses s’intensifient, les tirs contrés par la défense anglaise s’enchaînent, une main n’est pas sifflée à l’entrée de la surface. Claire Lavogez, nouvelle entrante, tente tant bien que mal d’apporter du sang neuf, tout comme Elodie Thomis. Le dernier geste est maladroit, la précision fait défaut. On commence à comprendre que Camille Abily vient de jouer son dernier match international. La blessure de la gardienne britannique Bardsley casse le rythme du match que les françaises tentent d’imposer. Un dernier frisson parcourt le peuple tricolore, qui espère un nouvel exploit, lorsque, après cinq minutes de temps additionnel, la jeune Clarisse Le Bihan reprend péniblement de la tête un centre venu de la droite.
C’en est terminé, la bande à Olivier Echouafni ne fera pas mieux que ses aînées et la France est éliminée de la compétition. La défaite est amère pour les joueuses, coupables d’avoir ratés leur Euro, mais qui pourront se satisfaire d’avoir mouillé le maillot alors que le niveau de jeu n’était clairement pas bon. Au pied du mur, à plusieurs reprises, on aura vu des jeunes filles se dépasser pour sauver les meubles et ne rien lâcher.


