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Tennis

Clap de fin pour Sania Mirza

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TENNIS – Après 22 ans de carrière, Sania Mirza a joué son dernier match professionnel. Retour sur sa carrière.

Avant l’Open d’Australie, Sania Mirza avait indiqué qu’elle allait prendre sa retraite professionnelle après le tournoi de Dubaï. Initialement, elle devait arrêter à la fin de la saison 2022 après les Finales WTA. Mais une blessure au coude l’avait contrainte à déclarer forfait pour l’US Open et arrêter sa saison au mois d’août. Établie à Dubaï, elle a donc décidé de tout arrêter là-bas, à 36 ans. Reportée depuis 2 jours, son entrée en lice face à la paire Kudermetova/Samsonova s’est soldée par une défaite 4-6 0-6 (associée à Madison Keys) sur le court 3 au lieu du court 1.

Je suis heureuse car je préfère arrêter quand les gens me demandent “pourquoi” plutôt que “quand”. Je veux me dire que je quitte le tennis au sommet, en sachant que je pars selon mes propres conditions. Ce sont les décisions les plus difficiles à prendre. C’est plus facile de dire qu’on ne veut plus jouer quand on ne joue pas bien. Les priorités changent, et maintenant, ma priorité n’est plus de repousser les limites de mon corps chaque jour.

Voilà ce que répondait l’Indienne il y a quelques semaines quand on lui demandait pourquoi elle décide de prendre sa retraite sportive alors qu’elle est toujours compétitive et qu’elle a notamment atteint la finale de l’Open d’Australie en double mixte. Elle veut faire les choses « à sa manière » comme elle a « toujours vécu sa vie, que ce soit sur ou en dehors des courts ». Elle n’a plus la motivation de s’entrainer pendant des heures pour 2h de match.

Sania Mirza, pionnière en son pays

Sania Mirza, c’est la première Indienne à avoir atteint le top mondial avec une 27e place pour meilleur classement en simple. En double dames, elle a été numéro une mondiale pendant 91 semaines.

Son coup droit ravageur, son agressivité au retour, ses coups gagnants et ses angles trouvés sont ses atouts principaux. Qui ont fait d’elle une  menace encore plus grande en doubles, où elle a obtenu ses meilleurs résultats.

Déjà prospère en junior, elle joue son premier tournoi professionnel sur le circuit ITF en 2001. A New-Dehli, elle ira jusqu’en demi-finale. Elle remporte plusieurs tournois à ce niveau en simple et en doubles ainsi qu’une médaille de bronze au double mixte des Jeux Asiatiques avec Leander Paes, à 15 ans. L’année suivante, elle remporte Wimbledon, associée à Alisa Kleybanova. Un an plus tard, c’est son premier titre en double dames sur le circuit WTA avec Liezel Huber à Hyderabad. Elle remportera deux autres titres avec la Sud-Africaine en 2006. En 2005, elle remporte cette fois son premier (et seul) titre en simple à Hyderabad, en battant plusieurs têtes de série. Elle est alors la première joueuse indienne à remporter un titre sur le circuit WTA. La même année, elle est la première Indienne à atteindre les huitièmes de finale d’un tournoi du Grand Chelem. A l’US Open, elle tombera face à la numéro 1 mondiale : Maria Sharapova après avoir éliminé notamment Marion Bartoli. Après une demi-finale au tournoi du Japon, elle termine la saison à la 31e place mondiale. Elle est alors récompensée par la WTA comme étant la révélation de l’année. La première Indienne à recevoir cet award.

L’Open d’Australie, une place à part

Une place à part car c’est là que la jeune joueuse de 18 ans joue son premier tournoi du Grand Chelem, après avoir reçu une invitation. Et elle ira jusqu’au troisième tour où elle tombera face à Serena Williams. C’est aussi à l’Open d’Australie qu’elle va remporter son premier tournoi du Grand Chelem. En double mixte avec Mahesh Bhupathi, alors qu’ils avaient eu une invitation, ils vont remporter le tournoi face à Nathalie Dechy et Andy Ram en 2009. Victoire, 1 an après avoir atteint la finale toujours avec Bhupathi, cette fois perdue face à Sun Tiantian et Nenad Zimonjic.





Mirza/Hingis : duo de choc

Sa carrière en simple a été freinée par des blessures et en 2013, elle décide de ne s’aligner qu’en double. Après leur victoire en 2009 en Australie, Mirza et Bhupathi vont s’imposer à Roland-Garros en 2012. Et en 2014, elle remportera l’US Open avec Bruno Soares.

En mars 2015 débutera son association la plus fructueuse avec la grande Martina Hingis. Cette association va durer 1 an et demi. Et l’Indienne va rester 91 semaines en haut du classement de double du 13 avril 2015 au 8 janvier 2017, détrônée par une autre figure du double : Bethanie Mattek-Sands.

Revenons à Santina, le surnom du duo Hingis/Mirza. En 2015, elles ont remporté 55 matchs pour 7 victoires et glané 9 titres. Les plus beaux : Wimbledon, l’US Open et les Finales WTA. Le plus marquant : assurément Wimbledon. Lors de leur parcours victorieux, les deux joueuses n’ont perdu qu’un set, en finale face à Ekaterina Makarova et Elena Vesnina.

Si on pouvait s’attendre à de bons résultats suite à leur association, que cela aille aussi vite était inattendu. Lors de la tournée américaine, les têtes de série n°1 ont déjà marqué les esprits en remportant coup sur coup Indian Wells et Miami face aux têtes de série n°2 Makarova et Vesnina puis Charleston. Arrivées à Wimbledon avec 4 titres et 2 finales dont une au Masters 1000 de Rome face à Timea Babos et Kristina Mladenovic, elles vont survoler le tournoi londonien.

Après n’avoir perdu aucun set, elles affrontent Makarova et Vesnina dans une finale d’anthologie. Cependant, elles perdent le premier set 5-7. Mais au deuxième set, elles vont aller au tie-break, qu’elles remportent 7-4. Pourtant, elles vont perdre leur engagement en début de dernière manche (1-3) et se retrouver menées 2-5. Mais elles parviennent à inverser la tendance et débreaker une première fois. Puis une deuxième pour servir pour le match et finalement s’imposer 5-7 7-6[4] 7-5.

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Martina Hingis, 34 ans qui était toujours en quête d’une victoire en Grand Chelem depuis sa sortie de retraite en 2013 touchait enfin au Graal. Et le lendemain, elle doublait la mise avec Leander Paes en double mixte. De son côté, Sania Mirza devenait pour la énième fois « la première Indienne à ». Cette fois-ci, à remporter un tournoi du Grand Chelem en double dames.

Quelques mois plus tard à l’US Open, elles n’ont cette fois pas perdu un seul set pour remporter leur deuxième tournoi du Grand Chelem face à Casey Dellacqua et Yaroslava Shvedova. En fin d’année, Santina a remporté 5 tournois d’affilée : l’US Open, Guangzhou, Wuhan, Pékin et les Finales WTA. Soit un total de 25 victoires d’affilée. Et elles ont enchaîné avec un 3e tournoi du Grand Chelem en Australie face à Andrea Hlavackova et Lucie Hradecka. A partir du mois de mai, les deux joueuses ont joué des tournois avec des partenaires différentes et ont officialisé leur séparation au mois d’août. On les a retrouvées pour les Finales WTA où elles ont été éliminées en demi-finales.

Martina Hingis et Sania Mirza à l’Open d’Australie 2016 – Photo Icon Sport

Retour gagnant

En octobre 2018, Sania Mirza donne naissance à son fils Izhaan. Elle fait son retour à la compétition en 2020. Et de quelle manière ! A Hobart, elle s’associe à Nadiia Kichenock avec qui elle remporte le tournoi face aux têtes de série n°2 Peng Shuai et Zhang Shuai. L’Australie est décidément spéciale pour elle. C’est à Brisbane qu’elle avait remporté son dernier titre avec Mattek-Sands.

Une reconversion déjà préparée

Elle ne quitte pas totalement le monde du tennis puisqu’elle a lancé son académie de tennis à Dubaï en septembre 2022 avec pour but de « répandre et apporter le tennis aux gens ».

Je me suis dit : pourquoi il n’y a pas de joueurs qui sortent des Émirats arabes unis alors qu’il y a l’argent, les infrastructures et tout ce qu’il faut. Il y a un problème quelque part et nous devons mettre le doigt dessus et essayer d’apporter une solution. Pour moi c’est important de partager mon expérience là où je vis et c’est pour cela que j’ai une académie à Hyderabad [depuis mars 2013, NDLR] et une à Dubaï.

De plus, on la retrouvera également du côté du cricket, sport roi en Inde. Elle a en effet accepté le rôle de mentor pour les Bangalore Royal Challengers. La franchise participera à la première édition de la nouvelle compétition « Women’s Premier League » qui regroupera 5 équipes féminines indiennes du 4 au 26 mars. Son apport sera surtout dans le domaine du mental. Elle veut que les jeunes filles puissent croire que le sport peut être un choix de carrière. Et les aider à surmonter la pression en partageant son expérience.

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