Milan-San Remo 2023 : Favoris et outsiders
MILAN-SAN REMO 2023 – Après Paris-Nice et Tirreno-Adriatico, place au premier des cinq Monuments de la saison 2023 avec la Primavera. Avec 294 kilomètres et ses habituels Capi, ils seront nombreux à avoir des ambitions. Favoris et outsiders, et tour d’horizon des équipes.
Alpecin-Deceuninck ⭐⭐⭐⭐⭐
Alpecin-Deceuninck a connu un début de saison difficile. Mais, depuis quelques jours, elle a retrouvé le chemin du succès. Cette structure est arrivée en World Tour cette saison, après avoir dominé les ProTeam pendant deux ans. Axée sur les courses d’un jour, la formation belge aura trois atouts dans son jeu. La figure emblématique de l’équipe, Mathieu van der Poel, est montée sur le podium l’an dernier et voudra faire mieux demain. Le petit-fils de Poupou veut succéder à son défunt papy au palmarès grâce à son punch, à sa capacité de porter plusieurs attaques et à être rapide au sprint.
Cependant, le Néerlandais n’a pas survolé les débats sur les Strade Bianche, mais sa forme va crescendo. Le deuxième atout est le Danois Søren Kragh Andersen (7e en 2022). Son plan ? Faire une Stuyven en bas du Poggio pour tenter de viser la gagne. Enfin, le troisième atout sera le sprinteur Jasper Philipsen, vainqueur de deux étapes sur Tirreno-Adriatico. Le Belge peut s’accrocher dans le Poggio et bénéficier d’un travail de MVDP et de SKA pour lever les bras sur la Via Roma.
Soudal Quick-Step ⭐⭐⭐⭐⭐
Les hommes de Patrick Lefevere seront attendus au tournant par leur boss. Après une saison noire, Julian Alaphilippe a retrouvé des couleurs avec son succès sur l’Ardèche Classic. L’ancien double champion du monde adore la Primavera (1er en 2019, 2e en 2020, 3e en 2017). Au top de sa forme, il monte sur la boîte en faisant exploser la course dans le Poggio et en jouant des coudes dans les 100 derniers mètres. Malheureusement, on n’est pas à l’abri d’une déception. Néanmoins, le Wolfpack aura d’autres cartes avec Davide Ballerini (sixième du Omloop Het Nieuwsblad) et Florian Sénéchal (14e l’an dernier) avec des solides gregario comme Asgreen, Devenyns et Declercq.

Jumbo-Visma ⭐⭐⭐⭐⭐
Bien sûr, les abeilles néerlandaises seront très dangereuses sur la Primavera. Troisième en 2021 et vainqueur en 2020, Wout Van Aert est un véritable poison. Un puncheur attaque dans le Poggio ? Il sera dans sa roue. Un sprint en peloton sur la Via Roma ? Il sera là. Même à 90 %, le Belge peut être sacré une seconde fois. De plus, il aura une armada autour de lui avec Affini, van Hooijdonck, Tratnik (9e l’an dernier) et Valter. En cas d’improbable défaillance de Van Aert, Christophe Laporte a clairement les épaules pour monter sur le podium, et pourquoi pas mieux ? Deuxième des Mondiaux et vainqueur d’étape sur le Tour, le Français a passé un cap l’an dernier. De plus, après un week-end d’ouverture en Belgique plus que parfait, l’équipe est en pleine confiance pour ce premier grand rendez-vous de la saison.
UAE Team Emirates ⭐⭐⭐⭐
Offensif l’an dernier sur le Poggio, Tadej Pogacar sera encore attendu pour tenter sa chance dans l’ultime capi, même s’il ne présente pas des pourcentages suffisants. Néanmoins, avec une équipe aussi forte, UAE Team Emirates doit préparer en amont le terrain avec un rythme très élevé dans la Cipressa pour user les organismes avec Diego Ulissi ou Alessandro Covi. La Cipressa est la montée la plus dure et la plus longue de la Primavera. En cas d’arrivée en petit comité, Pogacar peut laisser parler sa pointe de vitesse pour faire mieux que sa cinquième place de 2022. Dixième en 2016 et en 2019, Matteo Trentin restera au chaud dans le peloton pour jouer sa carte dans les rues de San Remo.
Bahrain Victorious ⭐⭐⭐⭐
La Bahrain Victorious est la tenante du titre grâce à Matej Mohoric. Le Slovène avait réalisé une descente de dingue pour foncer vers la victoire à San Remo. Troisième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne et absent des courses par étapes de préparation, il semble retrouver une condition optimale pour le Jour-J. Cependant, il sera difficile pour lui de rejouer une seconde fois le même coup. Mais, il peut porter son ultime attaque dans les rues de San Remo ou jouer placé au sprint. Malgré un physique imposant, Jonathan Milan a les jambes pour tenir le choc dans des montées. L’inconvénient du sprinteur italien sera la durée de la course ainsi que son tempo. Décevant depuis la reprise, Fred Wright (7e du Ronde 2022) est typiquement le type de coureur taillé pour la Primavera : rapide et à l’aise dans les reliefs.

Trek Segafredo ⭐⭐⭐⭐
Dixième à Kuurne, Jasper Stuyven semble sur la bonne voie pour jouer sa carte sur la Primavera. Néanmoins, le vainqueur de l’édition 2021 ne sera pas le leader numéro un, puisque ce statut sera destiné à Mads Pedersen (6e l’an dernier). Le Danois a passé un gros cap l’an dernier. Solide sprinteur, il passe à merveille les bosses et n’est plus qu’un coureur d’un coup sous la pluie. Avec des équipiers comme Alex Kirsch, Pedersen et Stuyven auront de bons équipiers autour d’eux. Il ne restera plus qu’à s’entendre dans San Remo pour le bien de l’équipe. Stuyven en suivant les coups avant le sprint final de Pedersen.
EF Education-EasyPost ⭐⭐⭐
Avec 10 succès cette année, l’équipe américaine EF Education-EasyPosty connaît un début de saison tonitruant. Elle possède des outsiders capables de contrecarrer les plans des favoris. Magnus Cort Nielsen a déjà fini dans les 10 en 2018, à la huitième place. Vainqueur de deux étapes en Algarve, le Danois sera à surveiller s’il est parmi les meilleurs dans San Remo. Rapide au sprint, un podium est largement à sa portée s’il frotte suffisamment bien. Neilson Powless est à l’image de son équipe : solide depuis deux mois avec ses victoires à Bessèges et sur La Marseillaise. Sixième de Paris-Nice, l’Américain peut être l’initiateur d’une attaque dans la Cipressa et le Poggio. Enfin, Alberto Bettiol n’a jamais brillé sur la Primavera. Cependant, il a les aptitudes pour se distinguer : solide rouleur, sprinteur correct et un punch également intéressant. L’année ou jamais pour un ancien vainqueur du Tour des Flandres ?
INEOS Grenadiers ⭐⭐⭐
Avec l’absence de Thomas Pidcock, l’équipe britannique a clairement perdu son meilleur atout. Cependant, il reste quand même des coureurs complets dans l’effectif pour troubler le jeu des différentes équipes. Premier en 2017 et troisième en 2019, Michal Kwiatkowski sait axer sa préparation pour être là afin de suivre les meilleurs dès que la course se décantera sur le Poggio. Magnus Sheffield sera une curiosité sur ce type de course difficile avec des montées qui ne seront pas insurmontables au sein d’un effectif plus que solide. Et si Ben Swift renaissait de ses cendres ? En tout cas, Filippo Ganna sera une sacrée fusée de lancement dans le Poggio.
Groupama-FDJ ⭐⭐⭐
Le slogan de l’équipe de Marc Madiot est simple : un pour tous, tous pour Démare. Vainqueur surprise en 2016 et troisième en 2018, Arnaud Démare a peiné dans les sprints en ce début de saison. Son expérience sur cette course sera primordiale et il aura tout le monde à son service pour le protéger dans les longues portions plates du bord de mer avant les capis. Le Picard va devoir rester dans les 20 premiers au sommet du Poggio pour espérer un possible second succès sur la Primavera. En tout cas, on a vu un Démare en progression physique sur Paris-Nice, en jouant même les équipiers pour David Gaudu sur un sprint de bonification en côte. Enfin, la Groupama-FDJ a prouvé à plusieurs reprises sa solidité sur ce type de course depuis plusieurs saisons.
Lotto Dstny ⭐⭐⭐
Caleb Ewan (2e en 2018 et en 2019) et Arnaud De Lie devront pour la première fois cohabiter pour le bien de l’équipe belge. Le phénomène belge ne cesse de surprendre les suiveurs avec un sensationnel week-end d’ouverture en Belgique. Le Wallon est un solide gaillard loin d’être mal à l’aise quand ça monte. Maintenant, il participe pour la première fois à ce Monument. Heureusement pour lui, les sprints sur la Via Roma sont loin d’être massifs et son petit défaut de placement peut être moins problématique. Enfin, Ewan n’a pas réussi à faire le plein de confiance en étant battu d’un cheveu sur le Grand Prix Monseré et sur une étape du UAE Tour. Le problème pour ses deux leaders, de taille, réside dans la qualité des équipiers au moment d’aborder le final.
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The first Monument of the season is almost here, who’s excited for #MilanoSanremo this Saturday 😃 pic.twitter.com/VH5EEhYhtc
— Lotto Dstny (@lotto_dstny) March 16, 2023
Intermarché-Circus-Wanty ⭐⭐⭐
Après un début de saison canon, l’équipe belge semble être entrée dans le rang depuis plusieurs jours. Elle aura deux coureurs protégés pour cette Primavera : Biniam Girmay et Mike Teunissen. L’Érythréen a une belle pointe de vitesse sur un sprint long mais va devoir résister au rythme effréné du Poggio. Teunissen va devoir assumer pour la première fois de sa carrière ce statut de co-leader.
Bora-Hansgrohe ⭐⭐
Depuis le départ de Peter Sagan, la Bora-Hansgrohe est devenue une équipe de courses par étapes. Cependant, elle possède en son sein des coureurs rapides capables de s’accrocher dans les derniers capis. Certes, ils ne devraient pas jouer la gagne, mais Sam Bennett, Marco Haller (17e en 2019) et Danny van Poppel peuvent jouer une place dans le Top 10 si les puncheurs s’observent trop.
Movistar ⭐⭐
L’équipe espagnole n’est pas habituée à briller sur le premier Monument de la saison. Mais, Alex Aranburu semble en excellente condition physique avec sa neuvième place sur le Tour de Valence, et après avoir joué les équipiers pour Enric Mas sur Tirreno sur les étapes accidentées. Septième en 2021 et en 2020, il peut viser un Top 5. Cinquième en 2017, Fernando Gaviria ne semble plus assez fort pour tenir la distance, surtout si la course est mouvementée dès la Cipressa.
TotalEnergies ⭐⭐
Quand on voit les noms des leaders, on pourrait se dire que l’équipe vendéenne peut légitimement avoir quatre étoiles. Certes, l’expérience est là, mais les cadres sont en plein doute. Peter Sagan est un habitué des lieux et a très souvent brillé. Mais, le Slovaque n’a pas la forme la plus optimale en ce début d’année. Anthony Turgis a surpris tout le monde avec sa deuxième place l’an dernier. Il sera surveillé cette année et sa préparation n’a pas été exceptionnelle.
AG2R Citroën ⭐⭐
Contrairement à TotalEnergies, l’équipe savoyarde a un peu plus de raison d’être optimiste. Andrea Vendrame a terminé deuxième du Trofeo Laigueglia et l’Italien tentera d’entrer dans les 10 pour la première fois de sa carrière. Benoît Cosnefroy a clairement le profil pour animer la course dans le final et Oliver Naesen doit une revanche à ses dirigeants. Malheureusement, Greg Van Avermaet sera absent.
Cofidis ⭐
Davide Cimolai (8e en 2015) sera le capitaine de route des hommes de Cédric Vasseur. Le transalpin aidera Bryan Coquard ou Simone Consonni à rester dans les meilleures positions avant d’entamer le Poggio. Le Coq et le vainqueur de Paris-Chauny devront se battre pour ne pas trop reculer dans le Poggio, sinon tous les espoirs de Top 10 se seront envolés.
Jayco AlUla ⭐
L’équipe australienne a perdu au moins deux étoiles avec l’absence pour COVID de Michael Matthews. Il restera à espérer que Mezgec (6e en 2017) ou Štybar (7e en 2014) sortent une grande course ce samedi.
Testé positif au Covid, Michael Matthews (Jayco-AlUla) ne participera pas samedi à #MilanoSanremo. L’Australien a l’habitude de briller sur le premier monument de la saison, à l’image de sa 4e place l’an passé. Il avait terminé 3e en 2015 et 2020.
— Le Gruppetto (@LeGruppetto) March 14, 2023
Astana Qazaqstan ⭐
À la peine depuis plusieurs années, Astana tentera de survivre pendant les 300 kilomètres. Ces deux leaders ont une belle pointe de vitesse mais devraient grimacer dans les 20 derniers kilomètres. Lauréat en 2009, Mark Cavendish n’a plus les jambes de ses 20 ans et sera logiquement dans le dur dès les premières accélérations dans la Cipressa. Ensuite, Cees Bol a plus d’armes dans ces montées, mais la longueur de la course sera un véritable obstacle. Dans un grand jour, un top 20 est possible pour le Néerlandais.
Israel Premier Tech ⭐
À 22 ans, Corbin Strong peut un jour briller sur Milano-San Remo. Cinquième de la Cadel Evans Road Race, l’Australien sera en quête de repères samedi pour l’avenir. Krists Neilands jouera sa carte dans les capis. Un top 20 serait une bonne performance pour cette équipe.
DSM ⭐
Comme l’équipe israélienne, le Team DSM misera sur l’avenir avec Marius Mayrhofer. Le lauréat de la Cadel Evans Road Race n’a pas encore l’expérience et la caisse pour ce type de rendez-vous. De plus, John Degenkolb n’est plus que l’ombre de lui-même depuis son retour au sein de la structure DSM.
Arkéa-Samsic ⭐
Luca Mozzato peut-il tenir 300 kilomètres ? Warren Barguil a-t-il les jambes pour être parmi les meilleurs au sommet du Poggio ? Quid de Matis Louvel ? Beaucoup d’interrogations chez les Bretons.
Finalement, aucune étoile sera donnée à Eolo Kometa, Green Project Bardiani, Tudor Pro Cycling et Q36.5 puisque ces équipes voudront montrer le maillot dans l’échappée matinale.


