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Cyclisme sur route

Jonas Vingegaard est-il plus fort qu’en 2022 ?

Etienne Goursaud

Publié le

Cyclisme - Jonas Vingegaard est-il plus fort qu'en 2022 ?
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2023 – Jonas Vingegaard a impressionné en remportant la 5e étape du Dauphiné ce jeudi. Le coureur de la Jumbo-Visma a-t-il monté le curseur en 2023 ? Éléments de réponse.

Jonas Vingegaard gagne beaucoup plus en 2023

D’un point de vue comptable, le constat est sans appel. Avant même la fin du Critérium du Dauphiné, il a déjà scoré à 10 reprises en 2023 (si on compte le contre-la-montre par équipes remporté par la Jumbo-Visma en 2022, sur Paris-Nice). Jonas Vingegaard a remporté les trois étapes du O Gran Camino et le général, trois étapes et le général du Tour du Pays Basque et la 5e étape du Dauphiné, ce jeudi. Une vraie moisson en 21 jours de course. Le vainqueur du Tour de France 2022 totalise donc près de 50 % de victoires dans la saison. C’est le second ratio en World Tour derrière… Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), en prenant les coureurs qui dépassent 15 jours de course. Le Slovène ayant remporté 12 de ses 19 courses disputées. En sachant qu’il abandonne sur sa dernière course, Liège-Bastogne-Liège.

En 2022, le Danois n’avait remporté que deux courses. La Drôme Classic, pour son deuxième jour de course et la dernière étape du Dauphiné, au Plateau de Solaison, après avoir travaillé pour son leader Primoz Roglic, qui remportera le classement général final. Il n’a alors remporté aucune course à étapes avant la Grande Boucle, deuxième de Tirreno-Adriatico, derrière Tadej Pogacar, sixième du Tour du Pays Basque, dominé par Daniel Martinez (INEOS Grenadiers). Et deuxième du Dauphiné, derrière son coéquipier Primoz Roglic. Des résultats déjà très probants et le meilleur début de saison de sa carrière. Mais loin de ce qu’on peut observer cette année.

Il impressionne aussi dans la manière

Au-delà de ses victoires, c’est la manière qui impressionne. D’entrée, il rafle tout sur O Gran Camino. Évidemment, la concurrence de Jesus Herrada (Cofidis), Ruben Guerreiro (Movistar Team), qui accompagnent Jonas Vingegaard sur le podium, ne vaut pas celle d’un Tadej Pogacar, Primoz Roglic, Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step) ou même Geraint Thomas (INEOS Grenadiers). Alors oui, il subit la loi de Tadej Pogacar et même, dans une moindre mesure, de David Gaudu (Groupama-FDJ) sur Paris-Nice. Mais la Course au Soleil sera la seule course où le vainqueur de la Grande Boucle 2022 aura montré des limites.

Derrière, c’est une démonstration sur le Tour du Pays Basque. Et si Mikel Landa (Bahrain-Victorious) a pu le suivre sur une étape (le seul, avec Tadej Pogacar, quand le Danois a attaqué, à avoir suivi sa roue), il a éparpillé tout le monde lors de la dernière étape. Attaquant dans l’avant-dernière difficulté du jour et effectuant les 40 derniers kilomètres en solitaire. Dans une configuration qui ressemble à sa victoire sur le Dauphiné ce jeudi. Même s’il n’a fait « que » 16 kilomètres en solitaire et qu’il n’a attaqué « que » dans la dernière difficulté du jour. La montagne devrait encore confirmer la tendance.

Pourra-t-il tenir le rythme ?

C’est une question qui mérite d’être posée et dont – évidemment – personne n’a la réponse, pas même le principal intéressé. En effet, c’est la première fois qu’il va aborder le Tour de France avec le statut d’ogre. Il avait pour habitude de monter progressivement en puissance. Même si, lors du Dauphiné 2022, il était peut-être le plus fort, et plus fort que son leader Primoz Roglic. Mais être un ogre, c’est aussi être plus en forme que les autres années, sur des courses intermédiaires. Or parfois, dans ces cas-là, le retour de boomerang peut être fatal. On pense là-aussi à un Primoz Roglic énorme en 2020 sur toutes les courses avant le Tour de France, avant d’essuyer un revers mémorable sur les pentes de la Planche des Belles Filles.





Le Slovène avait abordé le Giro 2019, en ayant dominé l’UAE Tour, Tirreno-Adriatico et le Tour de Romandie. Il avait considérablement coincé en troisième semaine, malgré une confortable avance née des deux chronos placés les dix premiers jours. On peut citer l’exemple d’Alejandro Valverde, régulier sur l’année, mais souvent incapable de hisser son niveau d’un cran en Grand Tour. Alors oui, l’Espagnol n’était pas un ultra-spécialiste des courses de trois semaines, avec fréquemment des limites au-delà de 2 000 m d’altitude. Si on sait que Tadej Pogacar peut être monstrueux toute une saison et arriver fort pour le Tour, c’est encore une inconnue pour Jonas Vingagaard. Peut-être la seule, tant il paraît impressionnant en 2023.

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